L'association Détours des Mondes propose la semaine du 6 février une conférence en lien avec l'exposition actuellement présentée au musée Dapper : Mascarades et carnavals. Celle-ci constituera un prétexte pour un voyage à travers des masques d'Afrique de l'Ouest et Afrique centrale.
Nous nous arrêterons particulièrement sur le très intéressant travail de Jean-Pierre Warnier (co-auteur du catalogue) et auteur de l'ouvrage Régner au Cameroun. Le roi Pot.
Photo 1 : Masque Woyo, au Rotterdam Museum.
Photo 2 : Masque Bangwa, au musée Dapper.
Le soir, lors des nocturnes du musée du quai Branly, il est des endroits magiques qui se retirent de la vie parisienne l'espace d'un instant. L'esprit vagabonde au coeur des veillées du grand Nord, à la lueur de la lampe à huile, feignant d'être encore ivre des litanies du shaman.
Alors, s'offrent à nous des visages interrogateurs, difformes, encore étonnés d'être revenus d'un voyage extatique. Devenu animal dans un autre monde, l'homme garde en ces masques la trace de sa capacité à avoir franchi les limites.
Poussez la porte du 66 rue du Cherche Midi à Paris. Une armée de petits bonhommes et bonnes femmes, tous au garde à vous, les yeux écarquillés, vous salue bien bas.
On se frotte les yeux pour savoir si on ne vient pas de traverser le miroir. Mais non, "pour de vrai" selon le mot des enfants ; le petit monde des choses vous attendait... Bien décidé à vous faire passer un quart d'heure jouissif et à vous démontrer qu'il ne faut pas trop se prendre au sérieux.
Ces petits monstres sont le fait de Jean-Michel Tible qui expose sous l'humble titre "Essais..." jusqu'au 4 février. Vernissage ce soir !
L'association Détours des Mondes propose la semaine du 30 janvier une conférence-atelier sur la question bien épineuse des vrais, des faux, des vrais-faux dans la sculpture africaine.
Georges Harter, membre de l'association et collectionneur, nous expliquera son point de vue sur ces questions, étayées par de nombreux exemples. Un passionnant moment en perspective sur un sujet ô combien difficile !
L'association Détours des Mondes propose la semaine du 22 janvier une conférence sur les boliw et vodun.
Ces "fétiches" examinés sous l'angle d'objets sacrés en train de se faire, à la fois supports de présentification et de potentialité, nous conduiront à interroger des formes d'art moderne et contemporain.
Deux axes seront ainsi privilégiés : une pensée qu'on pourrait qualifier de "rituelle" et un travail sur l'informe.
Rappelons ce qu'écrit Georges Bataille in Documents 7 , 1929 :
". . . Ainsi informe n'est pas seulement un adjectif ayant tel sens mais un terme servant à déclasser, exigeant généralement que chaque chose ait sa forme. Ce qu'il désigne n'a ses droits dans aucun sens et se fait écraser partout comme une araignée ou un ver de terre. Il faudrait en effet, pour que les hommes académiques soient contents, que l'univers prenne forme. La philosophie entière n'a pas d'autre but: il s'agit de donner un redingote à ce qui est, une redingote mathématique. Par contre affirmer que l'univers ne ressemble à rien et n'est qu'informe revient à dire que l'univers est quelque chose comme une araignée ou un crachat."
Combien la performance d'Olivier de Sagazan me semble illustrer nos axes de réflexions menés depuis 3 séances ! Ceux-ci nous ont, en effet, conduit des notions de corps et de personne en Mélanésie ; puis, passant par des objets sacrés d'Océanie et d'Afrique, nous ont fait dévoiler des "corps de dieux" au travers de rites. L'instabilité de "formes" alors découvertes semble conférer toute leur puissance aux objets (au sens large) inachevés.
"Compagne fidèle du tisserand, qu'elle soit Gouro, Baoule ou Sénoufo, elle le regarde travailler, dansant au rythme des passages de la navette"...
Akwaba-Africa propose le mardi 17 janvier, dans le cadre de l'association Détours des Mondes, un atelier-conférence sur les poulies de métier à tisser d'Afrique de l'Ouest.
De petits objets de très belle facture à découvrir ou redécouvrir.