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  • Alain Lecomte
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Jackson Pollock et le chamanisme

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À la Pinacothèque de Paris et jusqu'au 15 février 2009.
L'intérêt de l'exposition repose sur la thèse développée par Stephen Polcari selon laquelle l'oeuvre de Pollock doit être examinée à la lumière de son intérêt pour le chamanisme.

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On arpente ainsi un véritable labyrinthe où se mêlent les toiles de Pollock (essentiellement des années 1935 à 45), de très beaux objets amérindiens et quelques tableaux d'André Masson dont le rapprochement s'imposait.

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Les oeuvres exposées sont réellement intéressantes. Si l'on connaît bien ses dripping, cette facette de l'art de Pollock m'était jusqu'alors inconnue. Néanmoins, les thématiques des salles demeurent convenues puisqu'on y retrouve Sacrifice-Mort, Fusion Homme-Animal, Fusion Homme-Femme, Germination-Naissance... qui sont autant de thèmes universaux et propres à maintes recherches picturales plutôt que proprement investis par les chamans.
Effectivement, l'on sait que Jackson Pollock était fasciné par les arts amérindiens et avait été impressionné par l'exposition Indian Art of the United States organisée au MoMa en 1941.
Mais il était sensible aux mêmes préoccupations que les Surréalistes...et je peine à trouver dans ces imbrications d'hommes et d'animaux, d'hommes et de femmes ; des symboles chamaniques ou des rituels de fertilité.

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J'y vois tout simplement une extraordinaire palette se déployer, parlant de la vie, de la mort, à la recherche de formes pour exprimer l'indicible.
Peut-on pousser l'hypothèse plus loin, en voyant dans les dripping de Pollock, non pas un simple accès à l'invisible grâce au recours à l'abstraction (tant bien même peut-on parler de rituel dans le processus), mais un monde peuplé de références chamaniques ?

Photo 1 : Birth (détail), 1941, Jackson Pollock, © Tate Gallery.
Photo 2 : Soul catcher Tlingit, collection Steven Michaan.
Photo 3 : Untitled (Number 25), 1939-40, Jackson Pollock, © Collection Mandy and Jonathan O'Hara, New York.
Photo 4 : Man, Bull, Bird (détail), 1934-38, Jackson Pollock, © Berry-Hill Galleries, New York.
Crédits Photos 1, 3, 4 : ADAGP2008

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