Voyage visuel, cérébral auquel nous convie Antoine de Galbert avec la présentation de ses coiffes glanées de par le monde.
Pas d'ordonnancement précis ni de discours scientifique ; les tables sont parées comme des tableaux composés au gré de l'inspiration insufflée par la richesse des matériaux, des couleurs ; parfois des fonctions.
Je me désole encore une fois de ne pouvoir vous faire partager cet étonnement devant le spectacle de la grande salle ; juste 2 photos volées sans flash !
Quelques photographies sur le site ami Akwaba Africa aide à rendre compte de cet extraordinaire effet d'ensemble qui, lui seul, nous permet d'accomplir le voyage et de nous émerveiller d'appartenir à un monde si riche. De croire en l'ingéniosité des peuples à se parer, à la beauté des mariées, à la puissance animale des chamanes, au prestige des rois, au savoir des initiés ou à quelque rencontre encore possible au bord du chemin.
Photos de l'auteur :
Photos 1 et 2 : dans l'exposition.
Photo 3 : Nord Vietnam, avril 2004.
Avec le salon, s'ouvrira, cette année, à la Monnaie de Paris, une exposition intitulée
« Ode au grand art africain : Les statues meurent aussi. ».
Autour du court-métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, sera exposée une sélection d'oeuvres présentées dans le film.
À suivre à la rentrée...
Je ne peux malheureusement me rendre à Sarran, mais j'ai lu avec beaucoup d'intérêt le catalogue de l'exposition consacrée à la vie d'Edmond Dartevelle et organisée autour d'objets africains qu'il a collectés pour les Musées royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles.
À l'origine Docteur en géologie et paléontologie, il débarque encore tout jeune à l'embouchure du fleuve Congo en 1933. Les pages que consacrent André Dartevelle sur les traces de son père nous plongent dans des périodes tourmentées de l'Histoire sur fond de guerre, résistance, colonisation mais aussi dans une histoire à dimension humaine avec ses zones d'ombres et de lumières, d'ennuis, de tracas, de joies... Et l'épaisseur d'une vie même se bâtit devant nous. Bel hommage de ce fils qui regrette un père tant absent !
Les objets qui sont présentés prennent une autre dimension, on peut lire quelques notes de collecte...
Les dossiers sont remarquables de précisions ; ainsi, Julien Volper sait-il nous tenir en haleine, maniant habilement diverses hypothèses sur les objets Zombo : parturiente ou esclave pour cette dernière, ou encore sur le sujet des maternités ou des sculptures-tambour et le rapport aux populations Yaka.
Et ce sommet de canne en ivoire, si célèbre... Comment le dissocier de cette photographie du chef Pedro Diamante qui en fut le propriétaire ? Combien de sentiments mêlés peut-elle faire naître ?
C'est bien de cela dont il semble s'agir dans cette exposition : Nous rappeler qu'il n'y a pas d'objets sans âme, que l'homme du quotidien peut côtoyer le héros tragique, que l'être a bien une épaisseur irréductible acquise dans sa complexité à exister.
D'un lointain atoll de Micronésie, habité depuis longtemps par des Polynésiens, surgissent ces curieuses figures aux lignes simples. Il nous est difficile d'imaginer pourquoi furent réalisées dans cet environnement hostile à une vie sédentaire, il y a déjà deux siècles, de telles représentations anthropomorphes. La puissance de leur torse se mêle harmonieusement aux courbes des épaules et à l'arrondi du visage. La tentation est grande, et bien souvent opérée, de rapprocher ces sculptures d'idoles cycladiques ou de certains travaux de Brancusi...
Appelées tino, ces sculptures étaient probablement des représentations d'ancêtres déifiés (aitu tanata) ou êtres mythiques (tupua). Conservées dans des maisons des esprits ou sur des sanctuaires appartenant aux chefs de clans, ces figures féminines et masculines, devaient être vêtues, décorées de fleurs et honorées.
Cette forme si caractéristique est singulière dans l'art du Pacifique Sud. À lire l'article Figure of a divinity de Douglas Newton.
Photo 1 : de l'auteur au musée de Berlin. Photo 2 : Musée Barbier-Mueller. Photo 3 : Musée du Quai Branly - Pavillon des Sessions.