Femmes, déesses, mères...
Le site du Musée du Quai Branly regorge d'une multitude d'informations et de propositions, parfois surprenantes.








Le site du Musée du Quai Branly regorge d'une multitude d'informations et de propositions, parfois surprenantes.

10 Mai : Journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition.
Le Musée Dapper organise des manifestations «Regards sur l'esclavage : Mémoire vive»
du 2 au 10 mai.
Quelques liens via le site du Musée du Quai Branly.
Photo : Autel commémoratif asen Fon, Bénin. Anc. Collection Ch. Ratton, Collection particulière, Archives Musée Dapper © Hugues Dubois.

Le premier objet de musée du Pitt Rivers Museum est le musée lui-même qui nous transmet une vision didactique de la fin du XIXème siècle encore empreint des théories évolutionistes.
Cela tient à la personnalité du Lieutenant-Géneral Augustus Henry Lane Fox (ne s'appelant pas Pitt Rivers à l'époque), intéressé par l'archéologie et l'ethnologie, qui commença une collection vers les années 1850. En fait, il était à la base, passionné par la transmission du savoir du maniement des armes et menait une réflexion sur l'évolution de celles-ci au cours de l'histoire de l'humanité, sur le développement des principes technologiques autour de la notion de projectile.
Il commença à collectionner des armes à feu mais s'intéressa progressivement à l'évolution des techniques dans tous les domaines et collecta de nombreux objets. En 1880, il hérita d'une immense fortune de son cousin Henry Pitt, Baron Rivers. Sa demande auprès de l'université d'Oxford de créer un musée à partir de sa collection mais exposée selon ses propres vues fut alors acceptée, et les travaux financés. Il changea alors de nom (Pitt Rivers) et en 1884, le Pitt Rivers Museum vit le jour. Il y avait alors 18 000 objets exposés essentiellement selon une thématique centrée sur la technologie.

Le musée compte maintenant 500 000 objets.
À l'exception de 3 vitrines qui traitent du mode de représentation : la forme humaine dans l'art, la forme géométrique dans l'art, la forme animale dans l'art; les autres vitrines et tiroirs exposent des objets traitant des ornements de bras, des cordelettes, des objets comme monnaie, des figures religieuses, des instruments de musique, du tissage, de la navigation... incroyable inventaire.
Les vitrines offrent au regard, une juxtaposition extraordinaire d'objets, presque une bousculade, tentant de montrer comment des peuples différents avaient traité des questions technologiques les plus diverses.
À l'étage, on pourra voir des objets de la collection Forster, ramenés lors du 2ème voyage de Cook. Ci-contre le costume de deuilleur de cette collection; impressionnant par son ampleur et la richesse des matériaux utilisés : tissu d'écorce, bois, coquillage, écaille de tortue, guangue de noix de coco, plumes... Les grands coquillages de nacre ornaient le masque et le pectoral; ils constituaient des présents que s'offraient les personnes de haut rang à Tahiti.
Plus parlant que quelques photos, je vous suggère de faire une visite virtuelle du musée, il suffit de cliquer sur les bornes et de promener le curseur ou de zoomer.
Photo 1 : de l'auteur.
Photos 2, 3, 4 et 5 © J.-Y. B.

Une carte du Monde d'Henricus Martellus dans Insularium Illustratum (1489)
On pourra apprécier celle-ci en grand format... et noter, entre autres, la méconnaissance de l'Afrique australe.
En effet, les Portugais ne doublèrent qu'en 1488 le Cap de Bonne Espérance avec Barthélémy Diaz et n'explorèrent la côte orientale de l'Afrique qu'en 1497 avec Vasco de Gama.
Actuellement, une exposition : Encompassing the Globe : Portugal and the World in the 16th and 17th Centuries au Smithsonian jusqu'au 16 septembre 2007.
Photo extraite du site de l'exposition © The British Library Board.

Les premiers chasseurs-cueilleurs à peupler l'Afrique australe furent les San dont les descendants furent plus tard appelés Bushmen (ou Bochimans ou Bosjemen) par les Hollandais qui s'installèrent au niveau du Cap au XVIIème siècle.
Ces premières populations San cohabitaient avec une population d'éleveurs, les Khoekhoe. Ce n'est que dans le premier millénaire de notre ère que des populations Bantoues venues du Nord les rejoignirent.
On trouve, entre autres, comme premiers témoignages des San, des galets peints. Celui qui est représenté ci-dessus fut retrouvé sur l'épaule d'un squelette, ce qui pourrait suggérer l'usage de ces galets peints dans des rites funéraires; ce n'est qu'un hypothèse ! (Ce galet date d'une époque assez récente (probablement 2000 ans), il en existe de plus anciens).
On attribue à ces premières populations San une grande majorité des peintures et gravures rupestres de l'Afrique australe mais également des oeufs d'autruche décorés. Le dessin était réalisé avec une lame de pierre puis, plus tard, une lame de fer. Seuls, quelques fragments ont été retrouvés et l'on ignore, là encore, la fonction de ces coquilles ornées.
Les San des époques récentes fabriquèrent des oeufs de cette sorte pour le «tourisme». Ainsi, l'une des premières coquilles ornées de ce type à arriver en Europe fut ramenée en 1770 par le naturaliste suédois Sparrman.
Mais l'histoire des peuples San et Khoekhoe ne tourne pas autour d'un oeuf d'autruche; elle devient malheureusement tragique dès lors que Barthélemy Diaz franchit le cap de Bonne-Espérance en 1488, et prouve que le contournement de l'Afrique est possible. Le commerce vers les Indes devient chose réalisable.
Ainsi dès le milieu du XVIIème siècle, Jan van Riebeeck est chargé d'établir pour la Compagnie néerlandaise des Indes orientales la première implantation européenne proche du Cap de Bonne-Espérance. Celle-ci deviendra la colonie du Cap en 1791.
Mais les relations entre San, Khoekhoe et les Hollandais ne cesseront de s'envenimer.
En effet, le mode de vie sédentaire des colons se heurta très vite aux modes de vie de ces populations. Les San étaient nomades et ne respectaient pas les territoires,
les Khoekhoe pratiquaient la communauté de biens; les uns et les autres furent vite accusés de voleurs, ne comprenant pas la notion de propriété privée ! De plus, la langue khoisan des deux peuples faite de «clics» les firent considérer plus proches des animaux que des hommes puisqu'ils ne semblaient pouvoir émettre qu'une sorte de caquetage.
Ces populations furent victimes de maladies apportées par les Européens. Puis, de véritables chasses à l'homme furent organisées puisque San et Khoekhoe étaient pratiquement considérés comme du gibier car difficilement «intégrables» comme travailleurs dans les fermes.
La colonie du Cap s'agrandissant, les frontières des territoires San et Khoekhoe reculèrent. Il leur fut impossible de maintenir une vie de pasteurs nomades.
Tous ces facteurs conduisirent à l'extinction de ces peuples. Mais malheureusement dans l'extermination de ces populations, nous n'avions peut-être pas encore atteint le comble de l'abject. Il le fut au travers du cas tristement célèbre de Saartje Baartman... du temps où les Occidentaux se repaissaient des spectacles des zoos humains et de l'exhibition de «spécimens».
Photo 1 : South African Museum, Cape Town.
Photos 2 et 3 : The Trustees of the British Museum, London et Staatliche Museen zu Berlin, Preussischer Kulturbesitz, Museum für Völkerkunde © Heini Schneebeli.
Dessin : Anonyme, fin du XVIIème siècle, Groupe de Khoekhoe, Le Cap, National Library of South Africa.
Gravure : Portrait d'un Houzouana (San) d'après le récit de François Le Vaillant (fin XVIIIème siècle) in Ego R., 2000, San, Paris, Ed. A.Biro.
Estampe : P. Seuin, F.C Vermeulen sc, 2ème moitié du XVIIème siècle, Hottentots habitants du Cap de Bonne-Espérance, Paris, BNF.
Pigments, Leon Gontran Damas, 1939.
10 Mai : Journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition.
Photo : Vente d'esclaves, Rio de Janeiro, 1859, Gravure d'Ausmand, Ecole française XIXè siècle, Bibliothèque des Arts décoratifs, Paris, © Bridgeman Giraudon Charmet.
Ce grand empire, bien constitué économiquement et politiquement à la fin du XVème siècle, couvrait un vaste territoire s'étendant sur une partie sud du Gabon, le sud-ouest de la République du Congo, une grande partie sud-ouest de la République Démocratique du Congo et le nord de l'Angola. (cf. carte).
Le royaume comportait six provinces lorsque les
Portugais arrivèrent à l'embouchure du fleuve Congo, dans les années 1480-1490. La capitale Sao Salvador (ci-contre une peinture), à l'image du royaume, était florissante.
C'est l'époque où les premiers missionnaires catholiques arrivèrent 1491 marque la date du premier baptême d'un roi Kongo.
Le christianisme devint dès lors religion d'état malgré la réticence de tout un peuple. En dépit de réelles oppositions de rois Kongo qui payèrent de leur vie, le commerce de la traite des esclaves s'installa dans le royaume au début du XVIème siècle.
Les relations avec le Portugal s'envenimèrent.
Le royaume affaibli par les attaques de leurs voisins, entre autres les Yaka, commença à se disloquer et, à la fin du XVIIème siècle, l'unité Kongo n'existait plus.
Au XVIème et XVIIème siècle, malgré le processus de christianisation, les «idoles» ne disparurent pas.
Pour preuve ce très beau couple «Idole de Chine appelée Mocorri» d'après l'inscription figurant à la base et qui est parvenu en Europe à la fin du XVIIème siècle.
Leur provenance n'était pas la Chine, mais «Quina», une province du sud du royaume de Kongo située dans l'actuel nord de Angola.
Photo 1 : Gravure extraite de Breve e succinta relatione del viaggio nel regno di Congo nell'Africa meridionale, G. Merolla da Sorrento, Naples, F. Mollo, 1692 © Archives Musée Dapper.
Photo 2 : Vue de Sao Salvador, peinture Ecole hollandaise de la fin du XVIIème siècle, photo © Hugues Dubois.
Photo 3 : Museo Nazionale Preistorico ed Etnografico L. Pigorini, ROA-EUR-su concessione del Ministero per i Beni e le Attivita.
Nul besoin de pénétrer à pas feutrés dans la galerie ou de sonner comme cela se fait dans les boutiques huppées de Saint Germain des Prés; les couleurs chaudes de l'espace, la porte ouverte se repéraient et constituaient déjà une invitation.

C'est Jacques-Michel qui me l'a fait remarquer
(cf. aussi Cri d'Afrique)... la phrase d'Aminata Traoré qui nous interpelle forcément :
«Nos oeuvres ont droit de cité là où nous sommes, dans l’ensemble, interdits de séjour».

L'ouverture du Musée du Quai Branly fut et demeure le sujet de nombreuses polémiques (entre autres, sa vision esthétisante, la pertinence de son message «regard sur l'Autre», la question de la restitution des oeuvres aux pays concernées...).
J'ai beaucoup parlé de ce Musée lors de précédents billets, donnant plutôt parole à la «curieuse» que je suis, découvrant des oeuvres et qui cherche à comprendre. Ce n'est pas pour autant que ce blog ne doit pas être le lieu de la parole «politique».
À mes yeux, les objets collectés voire pillés qui se trouvent dans nos musées occidentaux me semblent pouvoir être ambassadeurs des peuples que le grand public ne connaît pas nécessairement.
Dans cette perspective, la place des oeuvres dans un tel musée prend un sens vis-à-vis des peuples concernés (cela n'est-il pas préférable à une petite place dans un bureau d'un ministre ou dans une collection privée ?)... à voir sur le sujet la vidéo Qui possède les objets ? (dans le contexte d'une table ronde au Musée du Quai Branly !)
Mais ce n'est pas suffisant.
Un musée tel le Musée du Quai Branly a une responsabilité.
Il doit être capable de fournir des réponses rigoureuses et claires aux questions :
Comment un objet est-il arrivé là ?
À quoi servaient ces objets ?
Quelle est la nature des sociétés dont sont issues ces oeuvres?
Pourquoi cette note ?
Evidemment pas simplement pour relancer cette polémique «muséologique». Mais parce que je voulais vous faire entendre le cri d'Aminata Traoré, ancienne Ministre de la culture du Mali, dans sa lettre du 21 juin dernier lors de l'inauguration du Musée du Quai Branly...
Voici la fin de sa lettre :
...je voudrais m’adresser, encore une fois, à ces oeuvres de l’esprit qui sauront intercéder auprès des opinions publiques pour nous. « Vous nous manquez terriblement. Notre pays, le Mali et l’Afrique tout entière continuent de subir bien des bouleversements. Aux Dieux des Chrétiens et des Musulmans qui vous ont contesté votre place dans nos coeurs et vos fonctions dans nos sociétés s’est ajouté le Dieu argent. Vous devez en savoir quelque chose au regard des transactions dont certaines nouvelles acquisitions de ce musée ont été l’objet. Il est le moteur du marché dit «libre» et «concurrentiel» qui est supposé être le paradis sur Terre alors qu’il n’est que gouffre pour l’Afrique. Appauvris, désemparés et manipulés par des dirigeants convertis au dogme du marché, vos peuples s’en prennent les uns aux autres, s’entretuent ou fuient. Parfois, ils viennent buter contre le long mur de l’indifférence, dont Schengen. N’entendez-vous pas, de plus en plus, les lamentations de ceux et celles qui empruntent la voie terrestre, se perdre dans le Sahara ou se noyer dans les eaux de la Méditerranée ? N’entendez-vous point les cris de ces centaines de naufragés dont des femmes enceintes et des enfants en bas âge ? Si oui, ne restez pas muettes, ne vous sentez pas impuissantes. Soyez la voix de vos peuples et témoignez pour eux. Rappelez à ceux qui vous veulent tant ici dans leurs musées et aux citoyens français et européens qui les visitent que l’annulation totale et immédiate de la dette extérieure de l’Afrique est primordiale.
Dites-leur surtout que libéré de ce fardeau, du dogme du tout marché qui justifie la tutelle du FMI et de la Banque mondiale, le continent noir redressera la tête et l’échine. »
Nb : Ceci n'est que la fin de la lettre, et comme tout extrait tiré de son contexte, il faut lire son intégralité. (Fortement d'actualité avec les déclarations gouvernementales de ces derniers jours !). Elle est largement diffusée sur internet.
Photos de l'auteur
L'expédition américaine que j'évoquais dans la note Les danseurs de Dieu fut menée par James Chapin et Herbert Lang pour le compte de l'American Museum of Natural History.
Partis en 1909 de New York pour plus de 5 années, les deux hommes collectèrent essentiellement des espèces animales : des okapis, des milliers de fourmis et des rhinocéros blancs (un peu moins)... Chapin devint l'expert incontesté en ornithologie congolaise! Mais ils écrivirent aussi de nombreux rapports sur les populations rencontrées.
Leur voyage nous est conté par un bref et intéressant diaporama (sous-titré en français)
Le site réalisé par l'American Museum sur cette expédition est remarquable : Vous trouverez à la page Galleries, des photos et des explications sur... tout :
L'itinéraire (précieux dans l'optique de mes billets, puisqu'il correspond aux régions où nous voilà arrivés (chez les Mangbetu, Zande, Pygmée Mbuti), à la frontière Nord Est de la R.D.C); la musique avec des extraits de chants Babira, Mangbetu, Pygmée... de très belles photos de l'époque... en 3D... on vous propose même de vous adresser les lunettes spéciales pour les visionner... et bien d'autres ressources encore.
Photos : ©2002 American Museum of Natural History - New York
Association de lectures, association de pensées, en «avançant» vers la région peuplée par les Lega, j'ai revu les images de Marlow remontant le fleuve Congo à la recherche de Kurtz, dans le roman de Joseph Conrad.
Publié en 1902, Heart of Darkness, comme d'autres romans de cette époque, insiste sur les terreurs dont les «primitifs» sont la proie.
La maîtresse noire de Kurtz, créature vitale et porteuse de mort, devient la métaphore du coeur de l'Afrique tel qu'on pouvait se l'imaginer alors.
Conrad écrit :
«Nous nous sommes encore arrêtés dans des endroits aux noms grotesques où la joyeuse ronde de la mort et du commerce se poursuit dans une atmosphère torride et terreuse comme celle d'une catacombe surchauffée, et toujours cette côte informe et son ressac dangereux comme si la nature elle-même avait tenté de repousser les intrus; et ces fleuves que nous avons pris et quittés : courant de mort dans la vie dont les berges tombaient en boue, dont les eaux alourdies de vase envahissaient les palétuviers tourmentés qui semblaient se tordre vers nous sous l'emprise d'un désespoir extrême et impuissant...
Remonter ce fleuve, ce fut comme remonter jusqu'aux tous débuts du monde, à l'époque où la végétation envahissait toute la terre et où les grands arbres étaient rois. Nous pénétrâmes toujours plus avant dans le coeur des ténèbres. Un grand calme y régnait. Parfois, la nuit, un roulement de tam-tams derrière le rideau des arbres remontait le fleuve et l'écho assourdi continuait à planer très loin au-dessus de nos têtes, jusqu'aux premières lueurs du jour...
La terre n'était plus la terre. Elle nous offre habituellement le spectacle d'un monstre entravé et vaincu, mais là-bas elle restait monstrueuse et libre. Ce n'était plus la terre et les hommes... Non, ils n'étaient pas inhumains. Eh bien, c'était ça le pire, finalement : qu'ils ne soient pas, en fait, inhumains... ce qui vous faisait frémir c'était justement l'idée de leur humanité, semblable à la vôtre, l'idée de votre parenté, même lointaine...»
Trad : Cath. Pappo-Musard.
Photo 1 : © Smithsonian Archives.
Photos 2, 4 : © E. Elisofon; Smithsonian.
Photo 3 : © Daniel P. Biebuyck.
Germaine Dieterlen, grande figure de l'ethnographie française, connue du grand public notamment pour ses recherches sur le Dogon et les Bamana, est le sujet d'une série d'émissions...
sur France Culture...
Elève de Marcel Mauss (tout comme Denise Paulme, Germaine Tillon), elle rejoint Marcel Griaule en 1938 lors de la mission Niger-Lac Iro, puis en 1946 afin d'étudier les Bamana.
Elle écrit avec lui le célèbre Renard pâle en 1965 et co-réalise avec le cinéaste Jean Rouch plusieurs films sur le Sigui en pays Dogon.
On peut voir un court extrait du Dama d'Ambara filmé par J. Rouch
et Germaine Dieterlen en 1974, au Musée Dapper dans le cadre de
l'exposition Masques
juqu'au 13 juillet.
On lira avec intérêt le témoignage de Marc Henri Piault sur Germaine Dieterlen :
La yasigui et le renard pâle paru dans Cahiers d'études africaines.
La semaine prochaine, sous forme de conversations enregistrées en 1988, on pourra la retrouver tous les jours à 20h30, dans l'émission Mémorables.
Vous pourrez cliquer sur le titre souligné (une fois l'émission passée) et ainsi l'écouter sur le site de France Culture.
Son enfance, ses racines cévenole et genevoise, ses études.
Les horizons ouverts par Marcel Mauss.
L'arrivée chez les Dogons.
Le Mandé, pays de passage des Dogon.
Le sanctuaire de Kangaba.
La mort de Marcel Griaule et la reconnaissance des Dogon à son égard.
Le rite Sigui de 1967. L'aide de Jean Rouch qui en filma l'intégralité.
J'écris sur l'art africain.
Petite bulle à part du monde actuel, à mi-chemin entre le propos esthétique et le propos ethnologique, mais passionnée de vous faire découvrir ce que vous êtes venu chercher.
Je ne suis pas dupe, cependant.
Je n'ignore ni l'actualité, ni la politique, ni la «réalité»... Je connais la poussière de la piste, l'exaspération des mouches et de la chaleur collées à la peau; j'ai aperçu les enfants des rues, le sourire des femmes et la cruauté d'une vie devinée dans l'ombre des grandes villes.
J'entrevois les significations des mots «immigration choisie», «développement durable», «tourisme équitable»...

Jacques Michel, écrivain, travaille, entre autres, sur le thème de l'Afrique et la notion de territoire.
Lisez son texte :
Rhésus et musicalité: Texte A3 ! .
Il ne laisse pas indemne.
Photos de l'auteur

Le 10 mai 2001, le Parlement français votait une loi dont l'article 1 déclarait :
«La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique et l'esclavage perpétrés à partir du XVe siècle contre les populations africaines déportées en Europe, aux Amériques et dans l'océan Indien, constituent un crime contre l'humanité».
Aujourd'hui, il s'agit de la première journée annuelle de la mémoire de l'esclavage.
Copenhague National Museum.
À plusieurs reprises, j'ai évoqué des migrations de populations.
Quelques éléments déterminants dans l'Histoire permettent d'appréhender de manière très générale ces mouvements et dans une mesure plus lointaine leurs répercussions sur les objets puisqu'ils éclairent une dynamique de l'art en tant que système culturel et élément d'un système social.
Les deux éléments les plus déterminants; de manière asynchrone, sont l'arrivée des Arabes par le Nord puis l'arrivée des Européens.
Les Arabes développent très tôt le commerce transharien.
Il s'effectue partculièrement avec l'Empire du Ghana qui est le plus ancien empire de l'Afrique de l'Ouest et qui regorge de mines d'or.
Celui-ci s'est développé à partir du IVème siècle et s'éteindra au XIème siècle sous les coups de la dynastie Berbère des Almoravides.
À la fin du XIème siècle, les deux royaumes vassaux, le royaume du Mali et le royaume du Sosso (Soso) reprennent leur indépendance.
Les peuples s'organisent afin de répondre à la demande commerciale du Nord.
Le XIIème siècle est dominé par le royaume du Sosso. Mais en 1230, le roi du Mali Soundiata Keita remporte une éclatante victoire et dès lors, l'Empire du Mali ne va cesser de croître jusqu'au XVème siècle.
Les empereurs se convertissent à l'Islam. L'islamisation ne concernant que l'élite dans un premier temps va trouver rapidement des fidèles au sein la population. Un syncrétisme ancien existe donc entre Islam et Animisme.
Des ethnies vont accepter l'islam et s'investir dans le commerce; d'autres vont résister (l'exemple le plus connu est celui des Dogons).
Le plus célèbre des empereurs du Mali est Mansa Moussa.
Célèbre, d'une part, pour son pélerinage à la Mecque en 1324, voyage au cours duquel il va distribuer des tonnes d'or. Il débarque au Caire avec 60000 personnes et 80 chameaux portant de l'or...Les largesses de l'empereur vont alimenter les fantasmes des Européens sur la richesse de l'Afrique.
Célèbre, d'autre part et surtout, parce qu'il a su faire venir au sein de l'Empire du Mali des savants, des lettrés, des architectes....
Djenné, Tombouctou deviennent des centres florissants de culture; l'architecture soudanaise se développe.
À partir du XVème siècle, les Portugais arrivent et le commerce maritime va prendre de l'importance. Les royaumes côtiers vont s'enrichir et l'empire du Mali s'effriter.
L'Empire Songhaï reprend son indépendance et domine les autres.
Il demeurera un empire florissant jusqu'à la fin du XVIème siècle.
Tombouctou est devenue la "ville blanche", foyer de l'Islam, des lettrés et Djenné, le "ville noire"; "grenier" de Tombouctou.
À partir de ces deux villes, sont redistribuées les marchandises vers le sud.
A la fin du XVIème siècle, l'empire Songhaï s'effondrera à son tour sous les coups de l'armée marocaine.
La côte voit l'émergence du pays Ashanti car les systèmes claniques s'organisent, se "fédèrent" et ce afin de répondre à la demande des européens.
Les 3 grands royaumes soudanais n'existent plus.
Une autre page de l'Histoire se tourne et ce sera essentiellement la combinaison du traffic des esclaves et des courants de Djihad Peuls qui pousseront, du XVIème au XIXème siècle des ethnies à migrer dans ces régions d'Afrique occidentale.
Ces derniers billets écrits sur la culture Baga ont été l'occasion de voyager à travers des oeuvres
(masques ou sculptures) en Guinée.
Mais l'Afrique sans musique???
Bien intéressant de décrire des tambours sans le son...
Je n'ai pourtant pas choisi ici de vous présenter un spectacle de percussions mais je vous propose plutôt de découvrir le portrait d'un grand artiste Guinéen: Papa Kouyaté grâce à une intéressante vidéo de Stephane Siramy.