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  • Alain Lecomte
    Membre de l'Organisation Internationale des Experts - ORDINEX

CC

Forums Art africain

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J'avais déjà annoncé l'existence de forums concernant les arts africains.
En voici un nouveau, lancé par un passionné d'art africain.
Cela ne me semble pas simple de démarrer un forum puis de le faire vivre avec de nombreuses rubriques touchant à différentes facettes et questionnements sur les arts d'Afrique...
Bref, beaucoup de courage mais aussi de joies à ce nouvel administrateur !

Art nègre, Arts primitifs - Bibliographie

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Une bibliographie sommaire : quelques ouvrages consultés en omettant volontairement les articles, étant donné la densité de la production sur le sujet.
Chaque ouvrage proposant en outre une bibliographie très détaillée.

Afrique, aux origines de l’art moderne. Commissaire exposition : Ezio Bassani. Turin : Ed. ArtificioSkira. 2004.
D’un regard l’autre. Histoire des regards européens sur l’Afrique, l’Amérique et l’Océanie. Catalogue d’exposition Musée du Quai Branly. Paris : RMN. 2006.
La Création du Monde. Fernand Léger et l’art africain dans les collections Barbier-Mueller. Paris: Ed. Biro, Genève : Musée Barbier Mueller. 2000.

BAROU, Jean-Pierre. L'Oeil pense : essai sur les arts primitifs contemporains. Paris : Balland. 1993.
BONNAIN, Rolande. L’empire des masques. Les collectionneurs d’arts premiers aujourd’hui. Paris : Ed. Stock. 2001.
DEGLI, Marine & MAUZE M. Arts premiers. Paris : Ed. Gallimard, collection La Découverte. 2001.
De l’ESTOILE, BENOIT. Le goût des Autres. De l’Exposition coloniale aux arts premiers. Paris : Ed. Flammarion. 2007.
GIRAUDON Colette. Paul Guillaume et les peintres du XXe siècle : de l'art nègre à l'avant-garde. Paris : La Bibliothèque des arts. 1993.
GOLDWATER, Robert. Le primitivisme dans l'art moderne. Paris : Ed. Presses Universitaires de France, collection Sociologie d’aujourd’hui. 1988.(1ère Ed. 1938).
GUILLAUME, Paul. Les écrits de Paul Guillaume. Neuchâtel : Ides et calendes. 1993.
LAUDE, Jean. La Peinture française et "l'art nègre", 1905-1914: Contribution à l'étude des sources du fauvisme et du cubisme. Paris : Ed. Klincksieck. 2006(1ère éd. 1968).
PRICE, Sally. Arts primitifs : regards civilisés. Paris : ENSBA. 2006 (1ère éd. 1989).
RICHARD, Lionel. Arts premiers. L’évolution d’un regard. Paris : Ed. du Chêne. 2005.
RUBIN, William. Le primitivisme dans l'art du XXe siècle. Paris : Ed. Flammarion. 1984.
TZARA, Tristan. Découverte des arts dits primitifs suivi de Poèmes nègres. Paris : Ed. Hazan. 2006.
WARIN, François. La passion de l’origine. Essai sur la généalogie des arts premiers. Paris : Ed. Ellipses.2006.

Photo : Fernand Léger. Projet pour le rideau de scène pour "La Création du Monde", 1923. Au centre, une figure de reliquaire Kota et de chaque côté, une statuette Senoufo.

À Paris, une première génération de marchands d'«art nègre»

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À Paris, au début du XXème siècle plusieurs adresses étaient connues.
Il y avait, depuis la fin du XIXème, Antony Innocent Moris, celui qu'on appelait le Père Moris. Après une carrière militaire aux Indes et Tonkin, il loua en 1913 une boutique rue Victor Massé dans le 9ème ; son amie Marie y vendait de la brocante. Il se mit, quant à lui, à vendre des tissus persans. Cette année-là, semble-t-il, il acheta son premier masque africain.
Moris_300
La boutique était une vraie caverne d'Ali BaBa, Moris aimait accumuler les pièces les plus variées.
Lorsqu'il dispersa sa collection, Charles Ratton acheta quelques œuvres mais ce fut Pierre Vérité qui en acquit une grande partie.
C’est au Père Moris que Paul Guillaume acheta ses « premiers nègres ».
Emile Heymann (un nom peut être resté plus célèbre de nos jours), tenait une boutique « Au vieux Rouet ». Dès 1890, celui que Matisse appelait « le négrier de la rue de Rennes » vendait des objets africains parmi ses objets de curiosités (cf . affiche ci-dessous, « Armes de sauvages »).
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Durant la période 1908-1914, un sculpteur d’origine hongroise, Joseph Brummer, joua un rôle important sur la scène parisienne en tant que marchand d’art. Grâce à des débuts de revente d’estampes japonaises, il put acheter à des brocanteurs des « objets nègres » et acquit vers 1909, une galerie au 6 boulevard Raspail.
Max Weber permit à Brummer de rencontrer Le Douanier Rousseau dans l’année 1908 et vers cette même époque, il se lia avec le peintre Frank Burty-Haviland qui lui permit d’acquérir des nombreux objets africains et océaniens. Il entra également en contact avec un écrivain allemand : Carl Einstein, celui-là même qui publia le premier essai esthétique des arts africains NegerPlastik.
D'autres marchands-collectionneurs existaient sur la place de Paris à l'époque; les noms cités ici sont restés peut-être un peu plus marquants pour différentes raisons (les deux premiers par leur caractère pionnier et les noms de leurs acheteurs - artistes d'Avant-garde, le second par ses influences multiples).
Leur succèdera une « deuxième » génération de marchands-collectionneurs dont les noms figurent toujours sur ce qu'on appelle dans le circuit du marché de l'« art primitif » : « le pedigree » des oeuvres, mention des Occidentaux entre les mains desquels l'objet est passé !

À lire un article très documenté d'Art Tribal 04, Hiver 2003 : À la rencontre des collectionneurs. Des photographies de la boutique du Père Moris sont reproduites dans l'article « Le complexe du chat botté ».

Photos 1 et 2 : in Arts d'Afrique Noire 46. 1983. © Charles Ratton.
Photo 3 : in Rubin, W. 1984. Le Primitivisme dans l'art du 20° siècle.p. 139.

Matisse et l'«art nègre»

Matisse_shira_punuDéjà évoqué à plusieurs reprises, le début du XXème siècle vit la découverte puis l'étude de l'«art nègre». Sous ce terme, il faut entendre art africain mais aussi océanien voire malgache... Cette dénomination s'inscrit d'une part dans un contexte colonial, d'autre part, on peut y voir, comme Benoît de l'Estoile, le reflet d’une lecture associant « race
Matisse_160nègre » et origine de l’art.
Dans un contexte du début de siècle où les théories évolutionistes ne sont guère remises en cause (y compris parmi les artistes d'avant-garde et écrivains), cette association remonterait aux affirmations racistes de Gobineau : «la source d’où les arts ont jailli est étrangère aux instincts civilisateurs.
Vili_160Elle est cachée dans le sang des noirs».
De là, serait née cette croyance selon laquelle l’art nègre conserve des formes artistiques originelles et précède de cette façon tous les arts.
Au début du XXème siècle, on peut considérer que le sens de «art primitif» correspondait à qualifier des objets tribaux : À Paris, «art nègre» et «art primitif» devinrent des termes interchangeables.
L'année 1906 semble être une année importante pour la découverte de l'«art nègre» chez les artistes d'avant-garde.
07_mati_natmor_stane_160 (De nombreux ouvrages ont paru sur le sujet, tout et son contraire ont été dits sur la paternité de la découverte de l'«art nègre», la paternité du cubisme...).
Quoi qu'il en soit, en novembre 1906, Matisse se rend chez Emile Heymann au 87 rue de Rennes et y achète une statuette Kongo-Vili. Il peint en 1907, La Nature morte à la statuette Nègre...

Références citées : de Gobineau, A. 1853-1855. Essai sur l’inégalité des races humaines, livre 2, chp. VII cité De L’Estoile, B. 2007. p. 236.
De l’Estoile, Benoît 2007. Le goût des Autres. De l’Exposition coloniale aux arts premiers. Paris : Ed. Flammarion.

Photo 1 : Masque Shira-Punu, collection Ernst Winizki, Zurich Succession H. Matisse, in Le Primitivisme dans l'art du 20e siècle.
Photo 2 : Portrait de Madame Matisse (détail), 1913, Henri Matisse, Musée de l'Ermitage.
Photo 3 : Collection particulière, ancienne collection Henri Matisse.
Photo 4 : Nature morte à la statue nègre, 1907, Henri Matisse.

Visite chez Guillaume Apollinaire

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Guillaume Apollinaire a largement contribué à la reconnaissance de «l'art nègre» à travers des articles et des compte rendus d'expositions, parus entre 1909 et 1918. Il écrivait dès 1909 que «l'art nègre» devait rentrer au Louvre. Apollinaire fut aussi l'un des premiers à parler de « grands artistes anonymes » au sujet des créateurs de ces objets, devançant de dizaines d’années, les préoccupations actuelles.
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Le poète commença sa collection d’art africain avant 1910. On pense que ce dernier rencontra le marchand Joseph Brummer vers la fin de 1908. Tous les deux étaient des amis du Douanier Rousseau.
Jean-Louis Paudrat (in Le primitivisme dans l'art du XXe siècle, Rubbin,W.1984) affirme que c’est à la fin de 1909 qu’Apollinaire acquit ses premières sculptures africaines.
YombeAinsi, sur cette photographie de 1954, distingue-t-on, dans ce petit coin, le «fameux» fétiche à clou d'origine Yombe ou Woyo et, à l'arrière, plus petite, une statuette Teke... des objets «chargés».
On imagine aisément l'impression que devait rendre le N'konde de près d'un mètre de haut lorsqu'on le découvrait ainsi; avec sur la droite, une marionnette Kuyu dont la tête, surmontée d'un étrange animal à la gueule entrouverte, ne semblait pas nécessairement engageante.
Kuyu_apol_160Puis le regard se porte sur l'étagère, à gauche, vers la tête Kuyu, de la République du Congo, intervenant lors des danses Kyebe Kyebe. Son visage blanc porte de grandes scarifications sur les joues et le front. La bouche laisse entrevoir des dents pointues en écho à celle de la marionnette de droite.
Apol_pluriarc_160 On découvre le pluriarc Punu du Gabon. Une petite tête fine surmonte la caisse de résonance avec cette coiffe ample aux coques rembourrées, striées de nattes, que l'on retrouve sur les masques blancs. Il semble que, plus en avant sur l'étagère, se trouve un petit appuie nuque Kuba. Et au-dessus du fétiche Teke, une récade ?? et près d'elle, un personnage agenouillé enveloppé dans un grand drapé comme priant ?...
Mais peut-être connaissez-vous une description précise de cette bibliothèque ?

Photos 1 et 2 : René-Jacques, 1954.
Photo 3 : Musée National d'Art Moderne © RMN.
Photos 4 et 5 : Musée du Quai Branly.

Femme-cuiller

DanCuillers-sculptures, formes surprenantes dans les oeuvres africaines associant, notamment dans l'Afrique occidentale, la représentation féminine à ce simple ustensile. Le cuilleron devient alors le ventre enceint. Prétexte pour moi d'évoquer à nouveau Giacometti dont une superbe exposition : L'atelier d'Alberto Giacometti, vient de débuter... jusqu'au 11 février 2008 au Centre Pompidou.
Cuillerg_2Cette approche, ces «clins d'oeil» primitivistes, volontairement restreints dans le cadre de ce blog et évidemment réducteurs de l'oeuvre de Giacometti qui me touche particulièrement, laissent place libre à la lecture d'articles ici, et de billets plus fournis et pertinents, ou plus polémiques comme ici quant à la muséographie, ou à l'écoute d'une explication de Véronique Wiesinger.
Je vous invite à les lire et surtout, si vous le pouvez, à vous rendre au Centre Pompidou.
Je reviendrai bien sûr, en d'autres temps, sur les cuillers-sculptures africaines qui avaient fait l'objet d'une exposition au Musée Dapper en 1991.

Photo 1 : Cuiller Dan (Côte d'Ivoire) - Musée Dapper © Hugues Dubois.
Photo 2 : Femme-cuillère, 1927, Alberto Giacometti © Coll. Fondation Alberto et Annette Giacometti, Paris.

Peuples du Gabon

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Le Gabon est un pays grand comme la moitié de la France mais n'est peuplé que d'environ un million d'habitants. Il est essentiellement irrigué par deux fleuves : l'Ogooué et le Nyanga.
Le bassin du premier se déploie dans une large partie du pays et l'on comprend pourquoi les Gabonais ont été longtemps désignés sous le nom de Peuple du bassin de l'Ogooué.
Il existe 48 ethnies dont les plus importantes en nombre sont le peuple Fang, puis les peuples Aduma et Kota (ou Bakota).
Fang_dapperSi les côtes sont connues des Occidentaux depuis la fin du XVème siècle, il faudra attendre le premier voyage de Paul Belloni du Chaillu en 1851 pour connaître l'arrière-pays de l'estuaire du Gabon, puis ses trois voyages qu'il effectua jusqu'en 1865 puisqu'il en fit le récit. À la base, chasseur de gorilles et commerçant d'ivoire, ses écrits ont été reçus avec beaucoup de réserves mais ils figurent néanmoins parmi les premiers témoignages sur des peuples alors inconnus.
Okukwe_cinfo_mission160En 1874, le marquis Victor de Compiègne et Alfred Marche continuèrent la progression dans les terres. À la fin du XIXème siècle, plusieurs expéditions furent menées dans l'intérieur du Gabon; des objets furent collectés de manière plus systématique. Un nom est resté célèbre : Pierre Savorgnan de Brazza qui découvrit les sources de l'Ogooué en 1878...
Le début du siècle passé, l'histoire du Gabon semble alors se dérouler sur fond de successions d'accords entre «grandes puissances» :
Gabon_masks_180Quelques dates jalonnent ce résumé d'histoire.
1888 - 1904 : Libreville devient la capitale du Congo français.
1910 : Création de la fédération de l'Afrique Equatoriale Française.
1913 : Le Dr. Albert Schweitzer fonde l'hôpital de Lambaréné.
17 Août 1960 est la date de l'indépendance du Gabon.

Masques et figures de reliquaires seront les principaux jalons de notre parcours dans les arts du Gabon.

Carte : réalisée grâce à la carte reproduite in Gabon, présence des esprits (2006, Ed. Dapper) dûe à Anne-Cécile Bobin.
Photo 1 : Fang portant de nombreuses parures, archives Musée Dapper.
Photo 2 : Danseur d'Okukwe, Moyen-Ogooué - Archives du centre d'information missionnaire, Paris, in Art ancestral du Gabon, 1985, Louis Perrois.
Illustration réalisée par le Laboratoire Universitaire de la Tradition Orale, 2001, Libreville.

African Forms

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Le mois dernier s'est déroulée à Paris la vente de la collection Marc et Denize Ginsberg.
Précisément, L'art des formes, titre de l'ouvrage publié il y a sept ans, présentait une partie des objets africains qu'ils avaient acquis.
Namibie_boucle_180Or ce titre porte en lui toute la signification de cette collection.
À côté du trouble que l'on peut éprouver devant un masque, de l'émotion face à une statuette; et peut-être à partir de là, la démarche d'en savoir plus sur les peuples qui les ont fabriqués, pour quel usage... démarche que je suis bien souvent sur ce blog; il y a ces oeuvres que j'aime pour la simple pureté de leurs formes sans forcément me poser de question.
Sudan_rings_180Ainsi en est-il de ces petits objets en ivoire, cuiller Lega, omakipa (ornements de ceinture) Cuanhamma de Namibie ou bagues Dinka du Soudan... Mais ces objets que Marc et Denyse Ginzberg avaient collectionnés ne se limitaient pas à ces oeuvres de petites tailles, c'étaient aussi des armes, des boucliers, des instruments de musique, des textiles, des réceptacles, des appui-tête...
Un inventaire extraordinaire dont la pièce maîtresse fut, en termes de vente, le tambour à fente Mangbetu représenté ci-dessous.
Mangbetu_tambour_260

Photos : Anc. Coll. Ginzberg in African Forms, 2000, Milan, Ed. Skira © Lynton Gardiner.
Photo Tambour : Site de Sotheby's.

Poupées africaines

African_dolls_400Au-delà des poupées d'Afrique du Sud mentionnées dans le dernier billet, les poupées constituent à elles seules toute une catégorie de symboles de fertilité dans la sculpture africaine.
On pourra lire avec intérêt : Sur internet, l'article d'Akwaba-Africa : Les poupées en Afrique

Africzan_dolls_400biset les ouvrages :
Isn't S/He a doll? : play and ritual in African sculpture, 1996, Cameron L. Elisabeth, Los Angeles, UCLA Fowler Museum of Cultural History.
African dolls for play and magic, Dagan A. Esther, 1990, Montreal:Galerie Amrad african arts.

Photo (tronquée) : © Denis J. Nervig in Isn't S/He a doll ?.
Cliquer pour agrandir.

Les arts d'Afrique du Sud

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Les arts d'Afrique du Sud sont peut-être moins connus en France que les arts de l'Afrique centrale et occidentale probablement parce que les Français n'ont pas été présents dans cette région mais aussi, peut-être, parce qu'il n'y ni masque ni statuaire (ou très peu); la production artistique s'exprime le plus souvent au travers de la culture matérielle.
En outre, l'histoire des peuples qui composent ce vaste territoire de l'Afrique est complexe; il est parfois difficile pour l'historien d'art d'attribuer telle ou telle oeuvre à un peuple précis et il semble que l'on revienne actuellement sur de nombreuses identifications.
Poterie_241_tsongaDu point de vue stylistique, l'on peut être frappé par l'importance de la forme géométrique de nombreuses pièces; symétrie, équilibre semblent être des facteurs essentiels. C'est souvent le traitement de la surface de l'objet qui permet une attribution
Zulu_pot_branlyrégionale. Ainsi, le bois peut-il être lisse et poli ou au contraire strié. De ces trois poteries; la première est attribuée au Tsonga à la limite du Mozambique et du Zimbabwe; le décor est bichrome, une poudre grise est appliquée afin d'obtenir cet effet argenté. La seconde a été réalisée par le peuple Zulu; il s'agit d'une poterie Ukhamba servant à conserver la bière. Comme de nombreuses poteries Zulu, son décor est constitué de motifs en relief formant des rectangles ou plus généralement des cercles, des ovales...
Venda_poterieEnfin, cette dernière poterie est attribuée aux Venda, peuple du nord de l'Afrique du Sud et du sud Zimbabwe. Proche des décors des poteries Tsonga, elle sert également à conserver de la bière.
On trouve très souvent dans les collections des oeuvres Nguni.
Cette appellation est très large; il s'agit d'un terme employé par les linguistes. Le groupe de langue nguni regroupe le zulu et le xhosa en Afrique du Sud, le ndébélé zimbabwéen et le swazi.
Poterie_243_basothoAinsi, dans les collections, des objets pourront être attribués aux Nguni du Nord (essentiellement les Zulu et les Swazi) ou aux Nguni du Sud (essentiellement Xhosa, Thembu, Mfengu, Mondomise). Il existe, certes, des traits culturels communs à ces populations mais il faudrait pouvoir attribuer les objets de manière plus précise; ce qui n'est pas toujours le cas.
Outre la poterie, il nous reste à découvrir un corpus conséquent, varié, parfois surprenant, d'oeuvres réalisées par les différents peuples d'Afrique du Sud.

Carte réalisée à partir d'une carte publiée dans Art de l'Afrique du Sud-est, 2002, Ed. 5 Continents.
Photo 1 : Joannesburg Art gallery.
Photo 2 : Musée du Quai Branly.
Photos 3 et 4 : Le Cap, South African Museum © Herschel Mair. La dernière photo que je me permets d'intituler "Vase aux chaussures à l'occidentale" est un vase Sotho.

Les arts du Zimbabwe

Zimbabwe
Quittant à pésent la Zambie à la hauteur du lac Kariba, le Zimbabwe s'offre à nos découvertes. L'ancienne Rhodésie du sud est un pays riche de cultures diverses : Les Shona en constituent la population principale (80%) et les Tonga, Venda, Ndebele (plus présents en Afrique du Sud) et Tsonga (très présents au Mozambique) représentent les 20% restant.
Gambarimwe_186Du fleuve Zambèze jusqu'au massif du Brandberg en Namibie et jusqu'à Cape Town en Afrique du Sud, les peintures rupestres sont une tradition artistique et le Zimbabwe ne déroge pas à la règle.
Ci-dessus une «scène de campement» de la grotte de Gambarimwe.
Les sites en pierre tel Grand Zimbabwe, la capitale d’un état Shona prospère entre 1200 et 1450, offrent également de nombreux témoignages archéologiques.
Tabatiere_vienneEnfin, les différents peuples du Zimbabwe ont réalisé des oeuvres diverses liées à la culture matérielle : en bois (appuie-nuque, sièges), en perles (poupées, ceintures), des calebasses, des récipients et des objets liés à la consommation tabac. Toute une gamme d'objets «domestiques» témoignent ainsi du savoir-faire des artistes zimbabwéens.

Photo 3 : Tabatière Shona. Museum für Völkerkunde - Vienne © S. Glawischnig.

291, 5° Avenue

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New-York 1905, le photographe Alfred Stieglitz ouvre une galerie au numéro 291 de la Cinquième Avenue. Le «291» allait rapidement devenir un lieu d'exposition «pionnier», rompant avec le goût dominant de l'époque aux Etats-Unis.
Danaide_1913Personnage évoqué très rapidement dans une note consacrée à l'art nègre, au début du XXème siècle dans les milieux artistiques parisiens, Alfred Stieglitz commence à exposer l'art européen moderne dès 1907, à New-York.
Il expose Matisse, Cézanne, Picasso...
Il ne prend pas de photos de ces expositions mais il prendra quelques
Guro_hamilton
clichés de l'exposition Brancusi de 1914, du panorama africain de 1915 et de l'exposition Picasso-Braque du printemps 1915.
Lors de cette dernière exposition, deux dessins de Picasso sont posés dans le fond de la pièce, encadrant un reliquaire Kota, qu'il met en scène avec un nid de guêpes... Juxtaposition alors osée.
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Résumer le personnage à ces quelques lignes mettant en avant son choix précurseur en matière d'art moderne européen et d'art africain aux Etats-Unis est quelque peu réducteur. Une exposition lui fut consacrée au Musée d'Orsay fin 2004-début 2005, dont on peut retrouver trace dans cet article ou celui-ci.

Photo 1 : Anonyme, Alfred Stieglitz, Figure de reliquaire. Photogravure; 291, février 1916, f°12; Paris, Musée d'Orsay, ancienne collection Paul Haviland.
Photo 2 : Paris, Nusée National d'Art Moderne/Centre de Création Industrielle ©CNAC/MNAM, Distr. RMN (Adam Rzepka) - Une variante de cette oeuvre a été exposée à la Galerie 291 en 1914.
Photo 3 : Masque Guro, Anna Maria et Juan Hamilton, ancienne collection Paul Guillaume © Juan Hamilton Collection. - Exposition Galerie 291, 1914.
Photo 4 : Francis Picabia, Ici, c'est ici Stieglitz, foi et amour. Photogravure; 291, n°5-6 juillet-août 1915 ; Paris, Musée d'Orsay, ancienne collection Paul Haviland.

Ethnomusicologie - Musée royal de l'Afrique centrale

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Difficile de quitter ce grand Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren sans évoquer la richesse de ses collections.
Celles-ci devraient être consultables sur internet à partir de l'année prochaine.
Harpes_africainesUn premier pas a été franchi dans le domaine de l'ethnomusicologie.
Le projet DEKKMMA, concernant la digitalisation des archives sonores, permet déjà d'avoir en ligne des données musicologiques et quelques enregistrements.
Je ne connais pas grand chose en musique, mais du point de vue de l'«objet», je trouve particulièrement belles ces harpes Zande et Mangbetu.

Tervuren_musique

Photos : C.L

Couvre-chefs africains

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Au Musée Royal de l'Afrique Centrale, Tervuren, jusqu'au 30 septembre 2007.
Lega1Une exposition d'une thématique plutôt rare dans les arts africains, centrée sur les parures de tête et plus particulièrement les couvre-chefs traditionnels en République Démocratique du Congo.
Toujours très belles, les coiffes du Bwami chez les Lega, sont largement représentées.
La première coiffure, en plumes rouges et blanches serait
Carapaceattribuée aux Luba.
Cet ensemble découvre une diversité de matières: textiles, perles, coquillages, plumes, peaux et, plus étonnant, carapaces d'insectes... et bien sûr joue sur une belle palette de couleurs.
Regent_coiffeCes couvre-chefs, s'ils peuvent être le reflet d'une hiérarchie dans l'exercice d'un pouvoir spirituel, sont bien souvent marques de puissance, de richesse, signes du statut social de leur propriétaire.
On peut aisément imaginer à partir de cette coiffe de régent, l'extraordinaire faste des costumes d'apparat de la cour et des dignitaires Kuba.
Pour en savoir plus, lisez le billet d'Akwaba-Africa et contemplez son album, puisque nous avons découvert cette exposition ensemble, cette semaine.

Photo 4 : Joseph Cornet in Art Royal Kuba.

Armes et Bijoux d'Afrique

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Au fil des mois, la logique des billets se déroule au gré de monographies selon les peuples ou des régions d'Afrique... Parfois, cette logique est-elle ponctuée de billets sur des expositions ou autres digressions.
Ngala_amnh_160À partir de maintenant je souhaite insérer de brefs billets sur les armes et les bijoux africains.
Les armes sont souvent peu connues. Ainsi, ai-je fait l'expérience suivante: sur les 300 couteaux de jet que possède le Musée du Quai Branly, aucun n'est exposé ! Outre ce côté anecdotique, c'est pénétrer dans un univers de formes, de matériaux,
Diademe_kabyliede coutumes auquel je vous convie.
Par les armes nous retrouverons de nombreuses régions d'Afrique centrale déjà abordées; par les bijoux et parures, c'est aussi une façon d'approcher des régions du Maghreb encore absentes de ces détours des mondes.

Photo 1 : Couteau de jet et fourreau Kota © Musée du Quai Branly.
Photo 2 : Couteau Ngala (RDC) © American Museum of Natural History.
Photo 3 : Diadème Kabyle (Algérie) © Musée d'Ethnographie de Genève.

Les arts du Gabon

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La visite de l'exposition du Musée Dapper m'avait incitée à approfondir la connaissance des oeuvres de ce pays. J'ai commencé à accumuler une documentation de base, mais les billets tardent à venir... Ce sera pour l'année prochaine !
Aussi, je vous propose pour l'heure de découvrir une initiative intéressante qui a vu le jour il y a quelques semaines : Le Musée Virtuel des Arts et Traditions du Gabon.
Vous pouvez, à votre gré, vous déplacer d'objets en objets, découvrir les différentes formes de reliquaires, de masques et obtenir de nombreuses informations à leur sujet.

Photo : Ex-coll. Charles Ratton, © Gérald Berjonneau.

La boucle du Zambèze

Boucle_zambezeSi l'on se penche à nouveau sur la carte Angola-Zambie, on distingue cette longue courbe que forme le grand fleuve Zambèze, célèbre pour les spectaculaires chutes Victoria approchées par le premier et non moins célèbre Européen, David Livingston, en 1855.
En «zoomant» cette fois-ci sur ces régions qui se situent de part et d'autre du Zambèze; presque parallèlement à la frontière avec l'Angola, on trouve des populations qui ont beaucoup migré au XIXème et au XXème siècle : Les Mbunda, originaires de l'Angola; les Luchazi qui se sont déplacés le long du fleuve; le groupe des Lwena, Luvale, Lunda qui sont des peuples très proches culturellement; les Tshokwe que nous avons maintes fois évoqués, rattachés aux Lunda par l'union de Tshibinda Illunga, le héros civilisateur des Tshokwe, avec la princesse Lunda : Lueji.
Makishi1Ces peuples ont adopté, pour la plupart, les rites de la Mukanda et produisent des masques en bois ou en résine (les Makishi) de formes diverses, en perpétuelle évolution car les mascarades sont bien vivantes encore de nos jours.



Carte d'après M.L Felix 1991.
Photo : in Makishi : Rituels et masques en Afrique Australe - Exposition au MAAO, 2000.

Au Sud-Est de l'Angola

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Notre parcours en Angola nous entraîne vers la Zambie.
Les arts de l'Angola nous ont déjà révélé une mosaïque de peuples et d'oeuvres.
Une constante revient cependant chez de nombreux peuples : les rites de la Mukanda (Initiation) et des masques qui y sont attachés avec quelques variantes. Je pense surtout au masque Pwo (Pwevo) que nous allons retrouver, des masques en résine (Cikunza, Chizaluke)... et d'autres encore.
La carte ci-dessus permet de re-situer quelques peuples évoqués dans de précédents billets.
Nous allons parcourir rapidement les zones frontalières de l'est de l'Angola, repartant du territoire Ngangela où nous nous étions arrêtés.
Je vous présente simplement deux masques, l'un Ngangela, l'autre Mbwela, leurs voisins.
Nagangela_neuchatelIls n'ont probablement aucune fonction commune et du reste celle-ci me demeure inconnue.
Mais leur armature; pour le premier, constituée par un simple filet et des plumes, pour le second, de vannerie et d'écorce battue, m'interpellent.
Avec ses yeux grand ouverts sur le monde, le masque Ngangela demeure Mbwela_mne_160muet.
Alors que le «géant de la forêt», une sorte d'ogre, le Ndzingi Mbwela, semble comme pétrifié, voulant hurler.
Entre étonnement, inquiétude, malaise. Probablement pacifiques, ces masques...
Et pourtant, ce que j'y vois avec mes seules références occidentales, c'est le visage de la guerre.



Photo 1 : © Musée d'ethnographie de Neuchâtel.
Photo 2 : Museu Nacional de Etnologia, Lisbonne © José Pessoa.

Les arts de l'Angola

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Il s'agit d'une des plus anciennes sculptures en bois d'Afrique centrale, datée du IXème siècle, retrouvée en Angola.
Plusieurs hypothèses d'identification ont été avancées : il s'agirait d'un cochon de terre, c'est-à-dire un fourmilier avec de grandes oreilles ressemblant à celles d'un âne; mais les oreilles sont plus courtes... on a aussi pensé à un zèbre.
Coiffurezebre_neuchatelCette coiffure de danse, collectée dans les années 1930 au centre de l'Angola, représente justement une crinière de zèbre. Elle constitue une des parures portées lors des rites de «transformation» des jeunes lors des cérémonies d'initiation. (Revoir la symbolique liée au zèbre !)
La mise en parallèle de ces deux objets me semble intéressante. Evidemment aucune corrélation n'a été établie avec l'ancienne sculpture, mais on pense que celle-ci pouvait être portée comme un masque à l'horizontale, comme une coiffure...
Angola_305bisUne carte des principaux peuples de l'Angola.
Nous quittons les Woyo, sous-groupe des Kongo au Nord pour rencontrer les Solongo, les OviMbundu, les Ngangela et retrouver les Tshokwe (orthographe «à la française», on trouve plus souvent Chokwe ou Cokwe dans la littérature)....
Quelques chiffres : En superficie, l'Angola est deux fois plus petite que la République Démocratique du Congo mais deux fois plus grande que la France. C'est un pays faiblement peuplé (14 millions d'habitants; la RDC compte 63 millions habitants). Quant à la situation du pays, le programme alimentaire de l'ONU ne peut plus acheminer de vivres depuis 2 mois.
Mulemba_assocQuelqu'un me racontait il y a quelques années que Luanda lui rappelait Lisbonne il y a 25 ans mais en plus grand, en plus sale, en plus miséreux. Cela m'avait beaucoup frappée à l'époque, non pour cette misère que j'imaginais malheureusement, mais lorsqu'il avait poursuivi, presque tranquillement, presque banalement son récit : un jour, sur le trottoir en pleine ville... comme de l'ordinaire, le meurtre d'un enfant des rues de Luanda.
C'est cela aussi l'Angola.

Photo 1 : © The Royal Museum for Central Africa (Tervuren) - Henri Schneebeli.
Photo 2 : © Musée d'Ethnographie de Neuchâtel.
Photo 4 : © Mulemba

Dernier billet au Congo

Lisbonne_180
Avec la donnée des dernières bibliographies manquantes concernant les articles écrits sur les arts de la République Démocratique du Congo; s'achève un premier «panorama».
Mais l'étude, même si elle reste introductive, des arts de ce vaste pays est loin d'être achevée.
J'ai notamment laissé à dessein les arts des Kongo dont la production est bien connue, importante et intéressante.
Je souhaiterai y revenir, plus tard, en abordant les objets de pouvoir des devins.
Dapper_305
Néanmoins l'existence de l'aire culturelle Kongo, de par la multiplicité des peuples qui la composent et qui partagent des traditions très anciennes, nous interpelle sur l'importance historique de cette région. En évoquant l'ancien royaume de Kongo, les arts de peuples de l'embouchure du fleuve Congo dans de prochaines notes; nous progresserons ainsi plus au Sud, vers de nouveaux pays dont l'Angola sera la prochaine étape.

Photo 1 : © Museu Etnografico da Sociedad de Geografia, Lisbonne.
Photo 2 : Carte extraite de Description de l'Afrique de Olfert Dapper, 1686 © Archives Musée Dapper.

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