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Tribal Art Magazine

Expertise

  • Alain Lecomte
    Membre de l'Organisation Internationale des Experts - ORDINEX

juillet 2009

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Habillage

Concubine350
Fin décembre 2008, le changement d'habillage de Détours des Mondes, permettant de disposer d'une colonne centrale plus large, bouscule toute la mise en page des billets écrits depuis 3 ans.
L'ordre des reproductions photographiques se trouve notamment mis à mal ; mais je ne peux reprendre la maquette de plus de 500 billets... je pense qu'ils demeurent cependant lisibles pour les nouveaux lecteurs.

Feuille-de-lotus350

Photos : Masques de danse Pyolsandae, Yangju, Corée. American Museum of Natural History.

Baga, Mende, Bidjogo (Bijago) - Bibliographie

Demba_toulouse
Réunissant les aires géographiques de Guinée, Sierra Leone et Guinée-Bissau :
BOONE Sylvia Ardyn : Radiance from the waters : Ideals of feminine beauty in Mende art - New Haven London : Yale University Press, 1986.
GALLOIS-DUQUETTE D., Dynamique de l'art Bidjogo : Guinée-Bissau, contribution à une anthropologie de l'art des sociétés africaines, Lisboa : Instituto de investigação scientífica tropical, 1983.
HOMMEL W.L., Art of the Mende, University of Maryland Art Gallery, 1974.
LAMP F., Art of the Baga : A Drama of Cultural Invention - New-York : Museum of African Art, 1996.
PAULME -SCHAEFFNER Denise, Les gens du Riz : Le Kissi de Haute-Guinée - Paris, Plon 1972.
(1ère éd.1953).
PHILLIPS Ruth B., Representing woman : Sande masquerades of the Mende of Sierra Leone - UCLA Fowler Museum of Cultural History, 1995.
MALTO D., MILLER Ch., Sande : Masks and statues from Liberia and Sierra-Leone – Amsterdam, Galerie Balolu, 1990.

n.b : Toutes les bibliographies données ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : Demba/Peuple Baga © Musée d'Histoire naturelle de Toulouse - in Masques Ed. Dapper, 1995.

Les tambours Baga

Tambourbaga2_tervurenAfin de terminer ce voyage au sein de la culture Baga, je vous propose deux petites notes musicales.
Aujourd'hui, un billet concernant les tambours accompagnant les mascarades religieuses ou festives.
Ce premier tambour, important (2,4m de haut), est en bois polychrome avec une peau d'antilope tendue.
Il est placé (et ce dans la plupart des cas) sur une figure féminine; un enfant semble l'accompagner?
La caisse de résonnance est magnifiquement décorée: des dessins évoquent des signes, des écritures.

Tambour1_baga Celui-ci est un objet de la fin du XIXème siècle.
Le tambour est supporté par un cheval, tous les deux ornés de très beaux motifs.
Animal inconnu en pays Baga, la sculpture de cheval a été inspirée par les montures des officiers coloniaux.
L'image du cheval a été dès lors assimilée dans les oeuvres comme une référence à l'idée d'autorité, de conquête.

Bagadrum_washCe petit tambour féminin est appelé A-NDEF.
Les N-DEF ou A-TEKAN ne mesurent guère plus d'un mètre.
Ils appartiennent à des associations de femmes à l'origine de la production d'objets qui intervenaient pour les rites d'initiation masculine.
Ce sont elles qui en jouaient à l'occasion de ces cérémonies d'initiation.
Maintenant elles jouent pour toutes les fêtes.
Le tambour A-Ndef utilise cette iconographie, déjà rencontrée et courante en Afrique de l'Ouest, d'une femme qui, portant un objet "de valeur" ou à symbolique forte sur la tête, est associée à l'image de "pilier de la société"...
Demain, la musique!
Photos 1 et 2 : ©The Royal Museum for Central Africa (Tervuren)
Photo 3 : ©NMAFA-Smithsonian Institute Washington

Le SIBONDEL chez les Baga

Sibondel0Dans le début du XXème siècle, les jeunes gens de culture Baga ont commencé à réaliser des masques profanes anthropo-zoomorphes en forme de boîte portés comme masque-cimier.
Ces «boîtes», très colorées, présentent toujours une tête de cheval en référence à Al-Burâq :"une monture blanche, plus grande qu'un âne et plus petite qu'une mule";celle de Mahomet.

Sibondel3 Cette figure a évolué avec le temps (n'est pas nécessairement blanche...) et est parfois même remplacée par une tête de lièvre ou une figure humaine.
Les boîtes constituent de véritables petites arches en miniature, emplies de marionnettes.

Sibondel2 Les mascarades festives faisant intervenir ce genre de masques sont très répandues de nos jours en Guinée dans l'aire culturelle Baga.
On peut dès lors (et c'est valable pour toutes les cultures) soulever l'épineuse question du rapport entre le folklore et la revitalisation des traditions.

Sibondel1 Tout un programme dans un article fort intéressant traitant des Sibondels, de la Demba (Nimba)...
et du Foot !!!
Football et mobilisation identitaire.
La « réinvention des traditions » par les jeunes Baga de Guinée

(Article paru dans le magazine "Politique Africaine" juin 1999)

Photos : ©The Royal Museum for Central Africa (Tervuren)

DEMBA contemporaine

Demba_costumePicasso fut probablement le collectionneur le plus célèbre, chez les artistes, à posséder un très bel exemplaire de Demba.
Actuellement envolée à Johannesburg à l'occasion de l'exposition "Picasso et l'Afrique", nous la retrouverons au Musée Picasso à Paris à la fin 2006 pour cette même exposition.

Helmet_mask_evans

Simplement, afin de l'évoquer une dernière fois, retrouvons-la dans les formes de l'oeuvre du peintre Merlyn Evans :
"Helmet Head"(1957).

Le BIL NA TSHOL

Bil_na_tsholBeaucoup moins connu dans les collections occidentales, le BIL NA TSHOL constitue la contre-partie rituelle de l’A-TSHOL.
Il s’agit d’une longue sculpture en forme de barque :«Le Canoë de la Médecine».
Un long panneau de bois est sculpté présentant une belle polychromie et orné de dessins géométriques.
Chaque clan possède un Bil Na Tshol.
Ainsi, plusieurs A-Tshol et Bil Na Tshol sont portés au-dessus de la tête lors de mascarades entre Septembre et Décembre, et ce afin de solliciter Kanu pour des récoltes abondantes.
Ils ne doivent pas se rencontrer lors de la mascarade.(??)
Les porteurs du Bil Na Tshol n’ont pas de costume; ils sont plutôt choisis pour leur habileté à la danse (songer à l'envergure du canoë!).

A-TSHOL

A_tshol1L’une des figures les plus révérées chez les Baga est
l’A-Tshol.
Il s’agit d’une sculpture en bois posée sur une base circulaire présentant une forme mixte entre l’homme et l’oiseau.
Le visage est anthropomorphe, mais présente un long bec puis un long cou mince.
Parfois le bec est remplacé par une mâchoire de crocodile.
Des cornes d’antilope peuvent orner la tête de manière à contenir une substance active.
La coiffure est souvent faite de nattes tressées et la sculpture ornée de clous de tapissier.
Atshol2La figure d'autel A-Tshol a pour origine l’Ancêtre des ancêtres.
Elle représente donc l'un des rares exemples en Afrique de l’Ouest de l’image du Dieu créateur, lequel, généralement éloigné de la Terre a toujours confié à son fils le soin de s’occuper des hommes.
(Et c’est généralement ce dernier qu’on invoque).
Image du dieu suprême, l’A-Tshol est toujours posé sur une base circulaire recouverte de tissu rouge renvoyant à la notion de tabourets, signes d’autorité, de pouvoir et ne peut-être posé à même le sol.
L’objet appartient à la maison des Anciens et est manipulé au niveau du clan.
Chaque quartier possède un A-Tshol.
2figures_tsholUn prêtre en a la charge; c’est lui qui l’entretient et pratique des sacrifices sur l’autel même.
L’A-Tshol a une fonction protectrice.
Le Dieu créateur, Kanu, est donc sollicité directement.
On lui demande protection contre la malveillance, la maladie, la sorcellerie. Il protège le lignage.
Par son nom même, l’A-Tshol fait référence à la médecine; des substances protectrices sont toujours insérées au niveau de l’objet.
L’A-Tshol est rangé lors de la saison des pluies.
À la saison sèche, une grande fête est organisée pour la sortie des A-Tshol.
Il s’agit d’objets énigmatiques qui ne sont ni des masques, ni des sculptures mais qui sont incorporés dans les mascarades et dansent.
Ils sont dévoilés et dansent notamment pour l’initiation, la mort d’un Ancien ou lors de rites sacrificiels.

Le masque TONKONGBA chez les Baga

Tongkonba2Le Tonkongba fait partie des masques-cimiers sacrés chez les Baga.
Il s’agit d’un masque composite avec des cornes en projection vers l’arrière repésentant probablement une queue de dauphin (très présent le long des côtes de Guinée), une mâchoire souvent agressive et un nez, seule référence anthropomorphe.

TonkongbaIl incarne le porteur de message depuis la mer.
En fait il doit sa forme à un animal mythique qui capturerait les bateaux.
On peut songer au narval
(mais les mers arctiques sont bien loin de l'Afrique de l'Ouest)...
Le masque Tonkongba apparaît lors d'occasions importantes et requiert des sacrifices lors de funérailles.
Sa danse est agressive et effrayante.
Néanmoins, il est un masque historien, et à ce titre s'exprime afin de raconter la mémoire du village et des traditions.

L'A-MANTSHO NA TSHOL

AmantshonatscholCe masque-cimier en forme de boa constrictor est l'a-mantsho-na-tshol: "celui qui possède la maîtrise des médicaments actifs".
Il est aussi appelé plus simplement BANSONYI en langue Susu.
Son envergure est d’environ 3 mètres de haut, il est l'image stylisée à forme ondulée du serpent.
C'est une très belle oeuvre monoxyle, polychrome.
Des fragments de miroir matérialisent le regard.
Il constitue le réceptacle d'un esprit puissant :
le Nikinanka associé à la guérison mais aussi à la fertilité.
Il est sollicité afin d'apporter la pluie, les récoltes généreuses et de beaux enfants pour les femmes stériles...
Ces masques sortent par paire car ils évoquent chacun une moitié du village et leur danse simule un affrontement illustrant la division de la communauté mais aussi les divisions possibles entre les jeunes et les vieux, les femmes et les hommes… A_mantsho_na_tsholAussi, aucun des deux masques ne remporte ce combat puisque l’important réside dans la préservation de l’harmonie d’une vie acceptée en communauté.
La danse de l'a-mantsho-na tshol réaffirme ainsi l'unité du village mais aussi le purifie en luttant contre la sorcellerie.
Il sort également au moment de l'initiation.
On rapporte qu'un des rituels consistait pour les jeunes gens à atteindre le masque en traversant une haie d'hommes qui les frappaient.
Sa danse est une succession de formes ondulant au-dessus d'un énorme costume de fibres.
Le masque va et vient de manière brutale.
L’athmosphère est très tendue et même dangereuse pour les non initiés.
Il peut prendre des voix différentes : il pleure comme un bébé et rugit comme un lion....
A priori aucun étranger n’a pu photographier la mascarade de l'a-mantsho-na-tshol (tout au moins lorsqu'il était considéré comme un masque sacré).


Photo 1 : ©Collection Martine Trepel
Photo 2 : ©Metropolitan Museum

Dialogue with Mona Lisa

Dialogue_mona_liza
"La beauté, c'est une chose terrible et affreuse. Terrible, parce qu'indéfinissable, et on ne peut la définir, car Dieu n'a créé que des énigmes.
Les extrêmes se rejoignent, les contradictions vivent accouplées.
Je suis fort peu instruit , frère, mais j'ai beaucoup songé à ces choses.
Que de mystères accablent l'homme!
Pénètre-les et reviens intact."
F. Dostoïevski, Les Frères Karamazov, partie I, livre III, III.

Sur la toile, rencontre de deux idées de la beauté...
Généreuse, respecteuse, la Demba ne semble qu'effleurer le visage de Mona Lisa.
Ajouter quelques scarifications "à la Mondrian", peut-être...
Outils en mains, quelle sera la réponse de Mona Lisa?
Peinture : ©Gani Odutokum - 1991

Le « Faire-valoir » de la Demba : La Demba-da-Tshol

Demba_da_tshol1
Le masque Demba possède, comme le masque Sowei, un masque repoussoir: la Demba-Da-Tshol.

Il s’agit du masque d’une femme laide avec un costume fabriqué à base de feuilles de bananier et de sacs de riz.
Elle ne danse jamais avec la demba.
Sa danse a lieu avant ou après l’apparition de la demba et elle intervient au moment de l’initiation.

Demba_da_tshol2

C'est la « folle du village », créant dissensions et parfois sujette à des crises de folie meurtrière.
Par sa danse frénétique, sa présence contribue
à renforcer l'importance de la fonction socialisante de la demba.

Photos : ©Frédéric lamp

Le masque BANDA chez les Baga

Banda_masqueMasque anthropo-zoomorphe, le Banda est un masque frontal présentant une très belle polychromie.
Il repose de manière oblique sur le front du danseur.
Composé par une mâchoire de crocodile avec des dents en métal découpé, le banda présente un visage à traits humains avec des motifs de scarifications.
Au-dessus, s’entremêlent des cornes d’antilope, un corps de serpent, la queue d’un caméléon et ...les tresses d'une coiffure féminine.
Ces représentations de crocodile et d'antilope associent ainsi l'homme aux esprits de l'eau et à ceux de la forêt.
Il s'agit d'un masque très puissant, utilisé à des fins protectrices.
Il danse pour les cultivateurs dans les rizières afin de les protéger contre les morsures de serpents.
Il danse aussi pour protéger de la malveillance humaine et notamment les jeunes lors de l'initiation dans les passages de l'adolescence à l'âge adulte et de l'âge adulte à l'âge aîné.
Il est présent dans toutes les occasions de bon augure (c'est-à-dire excepté les funérailles).
Il danse en mimant différents mouvements d’animaux : vole comme un oiseau, marche au pas lourd du buffle, ondule comme un serpent...c'est tout un défilé d'attitudes animales qui se déroule au rythme du tambour.
On raconte qu'il dansait accompagné d'un autre masque : le pende-pende à figure blanche, costumé de tissu et de raphia, représentant d'un côté le bouffon, de l'autre le justicier; tranchant avec la bienveillance du banda.
De nos jours, le Banda est devenu un simple mais beau masque festif.
Photo : ©Musée Barbier-Mueller, Genève

Le masque DEMBA ou D'MBA chez les Baga

Demba_branly_1Cette représentation anthropomorphe est un masque cimier appelé Demba, fréquemment (et improprement) nommé Nimba (puisqu'il s'agit de son appellation en langue Susu).
Cette œuvre constitue l’un des maques les plus volumineux d’Afrique de l’Ouest (plus de 50kgs).

Il s'agit d'un masque féminin :
Le buste (correspondant à une petite fraction du bloc de bois dans lequel a été taillé le masque) présente une forte poitrine aux seins tombants.
Celle-ci porte des motifs de scarifications enrichis par la présence de clous de tapissier en laiton.
Le bas du corps est simplement composé par quatre jambes informes : il sera porté par un homme au niveau des épaules grâce à des barres placées entre les montants (lequel pourra voir par des trous au niveau des seins).
Un cou fin et cylindrique mène à une tête très particulière qui se caractérise en premier lieu par son volume important.
Demba_barbier_muelOn remarque sur le cou des présences de scarifications mais aussi une petite saillie à l’arrière permettant la fixation d'un volumineux costume végétal.
Le visage se compose d’un profil busqué remarquable, de deux grands yeux légèrement saillants et d’une petite bouche tubulaire.
À partir du nez, démarre une petite crête sur un grand front qui se prolonge par une grande crête transversale se terminant dans la nuque.
La coiffure est constituée de petites tresses de part et d’autre de la grande crête entourant des oreilles travaillées en forme de U horizontaux; un plus petit en relief est inséré dans un plus grand.
Le visage lui-même est complété par des motifs scarificatoires transversaux du creux des oreilles aux yeux s’arrêtant à un cercle de scarifications marquant l’ovale du visage.
D’autres encore ornent les joues.

Dmba_art_africainLa demba est une image de l'idéal féminin; elle symbolise l'établissement de la société mais ne représente ni un esprit ni une déesse comme on l'a longtemps cru.
À ce titre, c’est le comportement social de la femme qui est ici idéalisé dans ce masque :
Générosité (mère nourricière aux seins lourds); bonté mais aussi beauté.
Symbole de fertilité et de fécondité, la demba apparaît pendant les cycles de la culture du riz (semailles et repiquage puis le battage).
Symbole de « communauté », elle participe aux cérémonies du village : naissances, mariages, funérailles...
Les demba dansent à pas lents avec des inclinaisons du corps (lourdeur du masque); au rythme des tambours.
À l’extérieur des femmes chantent en lançant du riz sur les masques lui demandant ainsi protection pour la communauté.
Photo 1 : ©Musée du Quai Branly
Photo 2 : ©Musée Barbier-Mueller, Genève
Photo 3 : ©Musée d'Histoire Naturelle de Toulouse - Igor Delmas

Les Baga

Originaires de la zone centrale de l’Afrique de l’Ouest, les Baga, comme de nombreux autres peuples, ont fui leur région (le Fouta Djallon) lors de l’effondrement de l’Empire du Mali à la fin du XVIème siècle.
L’Empire du Mali ou Empire Mandingue s’étendait lors de son apogée sur un vaste territoire qui comportait les actuels Mali, Sénégal, Gambie, Guinée et Mauritanie. (cf carte Baga_Photos).
Il se restreindra au Mali actuel lors de son affaiblissement dû aux conflits avec les Mossi, les Touaregs et les Songhai.
Ces courants de migration se sont poursuivis: les Baga étant repoussés par les peuples Peuls islamisés et les peuples migrants tels les Susu.
Ce peuple s’est installé sur la côte septentrionale de Guinée : un "étrange pays où l'on ne sait où finit l'eau où commence la terre.
L'homme se maintient grâce au riz qui prospère dans ce milieu amphibie." (Denise Paulme).
On compte de nos jours environ 60 000 Baga répartis en différents sous-groupes.

Dessin_vicariat Les Baga ont conservé leurs traditions animistes malgré une islamisation devenue importante après une colonisation puis un régime communiste qui les ont affaiblies.
Néanmoins, depuis la chute du régime communiste en 1984, les Baga se sont réapproprié leurs formes artistiques même si le caractère religieux associé est amoindri.
Ils possèdent de nombreux masques :

Des masques religieux liés à l’affirmation du clan et aux rituels de l’initiation détenus par les Anciens et des masques festifs détenus par les associations de jeunes gens.
L’identification à un grand esprit du Fouta Djallon est une donnée essentielle pour comprendre les croyances des Baga.
La "procession" Kakemblé (dessin ci-dessus) exhibait un masque gigantesque planté à 10 mètres du sol représentant cet esprit suprême.

Dessin_amantshonatscholl
Les mascarades liées aux grands masques sont très impresionnantes.
Il est rapporté qu'à
la sortie du masque
A-mantsho na tshol (dessin ci-contre),
le non initié qui y asssistait était susceptible d'être condamné à mort...de même femmes et enfants étaient consignés
à la maison!