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CC

Ciwara, chimères africaines

De_clippel_ciwara

Au Musée du Quai Branly
jusqu'au 17 Décembre 2006.
Comme vous avez dû le remarquer, les données des bibliographies utilisées pour les billets antérieurs sont pour moi prétexte à écrire une nouvelle note sur les peuples cités ou voisins.

Sikasso_quai_branlyIci, c'est l'opportunité de revenir sur les masques cimiers Bamana décrits dans le billet Antilopes du soleil, ayant emprunté comme je l'avais mentionné à l'époque, ce beau titre à Dominique Zahan.
Ces masques font l'objet d'une exposition un peu passée inaperçue au Musée du Quai Branly, probablement parce qu'elle n'est pas très bien située (le long des baies vitrées au-dessus des collections) et parce qu'elle manque nettement d'explications.
Koutiala_sikassoSi la vue d'ensemble n'est pas probante, on y trouve grand intérêt à rentrer dans les détails des styles.
Ainsi, pour les cimiers attribués aux ateliers de la région de Ségou, on remarquera soit la femelle antilope à la tête fine possèdant deux longues cornes droites et effilées et qui porte son petit sur son dos, soit le mâle à l'imposante encolure arquée, ajourée et à la tête surmontées de belles cornes recourbées.
Nala_sikassoPour d'autres styles, on pourra s'exercer à deviner la nature des multiples combinaisons

des cimiers composites : Montage de caméléon et d'antilope ? d'oryctérope, de pangolin et d'antilope? ... Formes tendant parfois vers une abstraction surprenante (cf. la photo 2 où le ciwara polychrome est orné de cauris et de poils de bélier).
Creation_du_monde_leger


Très tôt, des artistes occidentaux avaient remarqué ces formes. Fernand Léger, entre autres, possèdait un cimier Bamana. En 1922, il en fit l'étude suivante qui lui servit de modèle dans un projet de costume pour le ballet
La Création du Monde en 1923.
Creation_du_mondeContrairement aux chimères de nos mythologies occidentales, monstres fabuleux à trois têtes (lion, chèvre et dragon); ces chimères africaines, si elles sont bien des êtres composites et fascinants, représentent avant tout la beauté, la puissance en référence à la vigueur et l'ardeur des meilleurs travailleurs du labour en pays Bamana.

Photo 1 : Musée du Quai Branly © Catherine De Clippel.
Photos 2, 3, 4 : Musée du Quai Branly © Patrick Gries.
Photo 5 : © Fernand Léger, Mine de plomb, 1922.
Photo 6 : © Fernand Léger, Oiseau, 1923/ Stockholm, Dansmuseet.
Toutes les photographies sont tirées du catalogue de l'exposition.

Bamana, Djenne Djeno - Bibliographie

M_mali_nthropzo_200
Bamana : Un art et un savoir vivre au Mali - Catalogue d'Exposition, New York Museum for African Art 2001, Zurich, Museum Rietberg, 2002.
DIETERLEN G., Essai sur la religion bambara - Paris, 1996 (1ére éd. 1951).
MAAS P. & MOOMMERSTEEG, Djenné, chef-d'oeuvre architectural – Eindhoven : Université de Technologie, 1992.
MC INTOSH R. J, & S. K., Dilettantisme et pillage : trafic illicite d’objets d'art anciens au Mali - article paru dans Musée, revue éditée par l'UNESCO, Paris n°49, 1986.
ZAHAN D., Sociétés d'initiation bambara : le n'domo, le korè – Paris La Haye : Mouton, 1960.
ZAHAN D., Antilopes du soleil : arts et rites agraires d'Afrique noire – Ed. A. Schendl, 1980.
Ciwara, Chimères africaines - Catalogue d'exposition, Musée du Quai Branly, Ed. 5 Continents, 2006.

n.b : Toutes les bibliographies données ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : © Musée National du Mali .

Maternité Bamana

Dyo_ba1_materniteNe cherchez pas une vive émotion contenue dans cette figure de mère à l'enfant!
Les statues de Do Ba (ou Dyo Ba) ne sont pas démonstratrices d'affection maternelle.
Elles sont les représentantes de la mère accomplie et à cet égard, possèdent des insignes de pouvoir: Le siège à dossier sur lequel elles sont assises (longtemps on a cru qu'elles étaient des
« reines Bamana»), le bonnet porté par les chasseurs et pour certaines, un poignard le long du bras gauche
(cf. Mère à l'enfant au Metropolitan M.)
Dyo_ba2_maternite


Ces statues sortaient lors du rituel du Gwan de la société du Dyo (Jo).
Si Do Nyeleni (Dyo Nyeleni) pouvait être considérée comme la petite préférée du Do, c'est-à-dire de Faro et Bemba
(cf. billet sur les Bamana et sur Nyeleni); Do Ba est
la mère du Do
figurant Faro.
Lors de ce rituel, les statues sont présentées aux femmes stériles.
Chacune d'entre elles doit lui offrir libations et sacrifices, et la parer de colliers.
Do_fa_metropolitanLa figure masculine Do Fa est le pendant masculin de Do Ba.
Il représente le père du Do figurant Bemba.
Il tient généralement une lance dans sa main droite et une corne renfermant des substances actives dans sa main gauche.
Avec Do Ba, le couple préside à la paternité et la maternité.
Ces statues du Gwan sont l'oeuvre du forgeron qui occupe une place importante dans la société Bamana, considéré comme un démiurge capable de transformer la matière.



Photos 1 et 2 : ©Daniel Tard
Photos 3 : ©Metropolitan Museum

Les choses à regarder

Part_art_afr_mazenod_1C'est par cette expression que les Bamana désignent ces sculptures féminines.
Elles sont en fait appelées NYELENI (ou dyo nyeleni) ce qui signifie
«petite préférée».
Nyeleni est l'image féminine stylisée, debout, tonique et jeune, présentant une poitrine particulièrement importante, les seins coniques.


Do_nyeleni_dapperElle porte des vêtements, de riches parures particulièrement à l'occasion des fêtes de célébration du Dyo (ou Jo), société d'initiation Bamana qu'on rencontre dans le sud du pays.
Le cycle initiatique pour ces jeunes Bamana dure 7 ans au cours duquel se pratique la circoncision, et s'achève par une mort et une renaissance symbolique.
La première des phases de l'initiation consiste en l'observation.

Newnedyeli «L'ouverture des yeux».
Tout est dit dans cette expression :
Les jeunes gens apprennent à regarder les objets,
à les analyser...
La sculpture a ici une réelle dimension d'appréciation esthétique.
Puis, le voyage du Dyo conduit les jeunes initiés de villages en villages, dansant en présence des statues ou les portant en procession.
L'une des finalités de ces voyages itinérants est la «réactualisation» des alliances passées entre familles pour le futur mariage des jeunes.
Renewnelyeni
«Douceur de la vie» : c'est le nom du jour de rituel où ces figures féminines, références à un idéal de beauté féminine, sont lavées, purifiées, ointes puis exposées.
Ce jour-là, au début de la saison des pluies, on leur demande d'être les garantes de la fertilité de la terre, de la fécondité des femmes,
de perpétuation des bonnes relations aux Ancêtres.

Photos 2, 3 et 4 : ©Archives Musée Dapper - Hugues Dubois

Le KORE chez les Bamana

Kore_suruku_dapperUltime stade de l'initiation chez les Bamana…Le Koré est censé faire de l’individu un homme accompli.
Le masque composite fait référence à la hyène. Il se veut l’expression de la connaissance surnaturelle.
Parce qu'elle est gloutonne, la hyène devient le symbole d’un goût immodéré pour l’acquisition du savoir.
Le masque Koré Suruku ou « Hyène du Koré » par excellence présente un front très bombé, une gueule béante évoquant la puissance de la parole.
Kore_princetonunivSi on voulait être précis, on distinguerait dans le Koré huit classes d’initiation avec pour chacune, des animaux emblèmes, correspondant à des qualités distinctes.
Cela devient pointu..Mais on peut être néanmoins curieux de savoir que ces classes correspondaient à des catégories sociales distinctes au temps des anciens royaumes Bamana.
Et comme un inventaire à la Prévert, celles-ci se déclinaient en: Prêtres ou savants, hommes célèbres, nobles, captifs, guerriers, mercenaires, femmes, gens du commun…
Kore_dyara_dapper
Je vous laisse méditer sur l'ordre de ces distinctions et la graduation de l’échelle de la connaissance qui lui correspondait.
Ascension spirituelle qui part de l’animalité pour s'élever vers la sagesse « quasi » divine !





Photo 1 : ©Musée Dapper - Gérald Berjonneau
Photo 3 : ©Musée Dapper - Hugues Dubois

Antilopes du soleil

Ciwara_seattleartmus On raconte qu'il y a longtemps, un roi Bamana avait une fille unique Sanou Koloni, «Petit fleuron d'or» promise en mariage à celui qui remporterait la course pour le bout du monde...
Celle-ci eut lieu et ce fut le caméléon qui l'emportât par tricherie puisqu'il fut transporté par l'hippotrague, la belle antilope chevaline dont les qualités de coeur forçaient l'admiration...
Mais l'issue de la course fut fatale au caméléon qui mourut et ce fut l'hippotrague qui épousa Sanou Koloni.
Ciwara_barbiermuellLes masques-cimiers Ciwara (ou TYI-WARA) sont les témoins de cette histoire.
Tous évoquent l'antilope hippotrague,
associée au soleil...
Et de manière plus complexe, les comportements des animaux et leurs différentes symboliques au sein de la société Bamana.
La danse Ciwara magnifiait le travail agricole.
L’une des fonctions premières de la société du Ciwara était de stimuler le travail à la houe. Par là même, elle permettait à l’homme de « manipuler » la force cosmique du soleil afin de féconder la terre.
De véritables compétitions agricoles avaient lieu pendant lesquelles les manieurs de houes devaient réussir un concours de vitesse dans l'aire impartie.
Tyiwara_part Les masques-antilopes dansaient par couple; la femelle, souvent reconnaissable au petit porté sur le dos.
Tous ces verbes employés à l'imparfait car le Ciwara connut un réel déclin dû à plusieurs facteurs : L’exode saisonnier des jeunes, la progression de l’Islam mais aussi la progression d’autres techniques de cultures (charrue attelée).
Il reste que la société du Ciwara a occupé une place particulière au sein des sociétés d'initiation Bamana dans la mesure où l’initiation et ses rites ont toujours été des manifestations publiques.
Société plus ouverte que les autres, elle permettait (et permet) aux femmes de participer largement par leur présence à la chorale, aux repas rituels.
Ciwara_zurichDe nos jours, la sortie des masques est devenue une simple mascarade de réjouissance.
Des masques Ciwara ont ainsi été fabriqués comme symboles d'excellence, destinés à récompenser, quel que soit le domaine de compétence, les plus vertueux.
Nb : «Antilopes du soleil» est le titre du livre (malheureusement épuisé) de Dominique Zahan, spécialiste de la société du Ciwara.
Photo 1 : ©Seattle Art Museum
Photo 2 : ©Collection Barbier-Mueller
Photo 3 : ©Musée Dapper - Hugues Dubois
Photo 4 : ©Völkerlande Museum - Univ. Zürich

Les masques du KOMO et du KONO

Komo_barbiermuellerMoins séduisants que les masques du Ntomo, et bien plus effrayants; les masques de la société du Komo appartiennent à un tout autre registre et ne peuvent nous laisser indifférents.
Ces WARAKUN sont conservés dans un bosquet sacré à l’abri des regards des non-initiés car ces objets sont véritablement des reposoirs de cette force active qu’est le nyama (énergie vitale, dont on a vu l'importance aux yeux des Dogon).
Sur ce masque, on verse ainsi le sang du poulet sacrifié ou tout autre offrande liquide afin d'activer et de pouvoir transmettre cette force.
Warakun_mafrart_nyLa société du Komo a longtemps assuré des fonctions importantes, impliquée dans tous les évènements importants de la vie d’un homme.
Les sections de cette société agissent même comme instances judiciaires, comme forces de police.
Elles offrent aussi aux initiés une protection contre la maladie, la sorcellerie.
Le Komo est également reconnu pour ses compétences en matière de divination.
Ses réunions prennent le plus souvent la forme d’une sortie de masques sur fond sonore de percussions, de flûtes, de trombes…
La musique joue ici un rôle important et dans le même temps, les danseurs prononcent des paroles retranscrites aux spectateurs par l'intermédiaire des griots.
Portant d’énormes costumes, les danseurs se livrent néanmoins à toutes sortes d’acrobaties, ils crachent du feu, chargent la foule….
La procédure initiatique est violente et les novices sont soumis à des épreuves physiques et morales très dures.
Les masques du Komo présentent tous une longue mâchoire, des cornes, des poils de phacochère, des aiguilles de porc-épic…
Kponyungo_senouf

Ces masques ne sont pas sans nous rappeler les masques Kponyugo
(ou Kponyungo)
chez les Senoufo
, peuple du Nord de la Côte d'Ivoire mais aussi implanté au sud ouest du Burkina Faso et au sud du Mali.






Quant à la société du Kono (la 4ème; il n'y a pas de masque particulier pour le Nama, la 3ème société), elle est mal connue.
Elle n’existe plus aujourd’hui.
On sait néanmoins que sa fonction principale était sociale (favoriser la fécondité, la fertilité des terres, résoudre les conflits…).
Kono_kunkolo_dapperLes masques du Kono sont plus stylisés et plus dépouillés que ceux du Komo.
L’importance du front est la marque de la connaissance, la grandeur des oreilles dénote l’acuité auditive de la hyène.
Cette dernière constitue une référence importante aux yeux des Bamana, admirée pour sa force et sa ruse.
Elle est l'animal "totémique" de la société la plus importante, celle du Koré.
Contrairement à nos préjugés sur cet animal, les Bamana y voit un animal "civilisateur".
Enfin, la forte mâchoire ouverte de ces masques semble désigner la puissance de la parole.
Nécessité est grande de savoir l'utiliser avec sagesse.
Photo 4 : ©Musée Dapper - Mario Carrieri

Les masques du NTOMO chez les Bamana

Ndomo_dapperLa première société d'initiation NTOMO (ou N'DOMO) chez les Bamana s'occupe des enfants de 6 à 13 ans afin de leur prodiguer un enseignement complet.
C’est à l’issue de cette première phase de l'initiation que se pratique la circoncision.
Lors de la cérémonie finale, les jeunes garçons doivent surmonter des épreuves physiques difficiles.
À cette occasion, les masques dansent.
Ndomo2_dapper
Les masques du Ntomo sont anthropomorphes et se présentent surmontés de tresses.
Les 7 tresses correspondraient aux 7 jumeaux de l'Ancêtre Noun Fa Yiri;, mais de nombreux masques possèdent un nombre de tresses variable (entre 3 et 8 selon qu'ils seraient mâles, femelles ou androgynes).
Tous présentent un front bombé, un nez busqué et une bouche tubulaire.
Le volume du nez est marquant sur tous les masques Bamana.
Symbole de cohésion de la société, le danseur le touche souvent au cours de ses chorégraphies.
Des ornements de cauris, références aux voeux de fécondité, sont très souvent plaqués sur les tresses.
Parfois, une représentation de Faro surmonte le masque.
Marka_dapper

On retrouve des masques semblables chez les MARKA qui peuplent la région de San
(région de Ségou).
Ce sont des masques comportant souvent une plaque de métal ciselé.
Chez ce peuple, ces masques sont appelés masques du N'GOLO.
Ngolo_marka_dapper




Ils peuvent être entièrement recouverts de plaques de laiton ou de cuivre et ne comporter que 2 fines tresses descendant
le long du visage.
Ngolo signifierait "gros singe".
La légende dit que ce masque représenterait l'avatar d'un ancêtre forgeron transformé en singe à la suite de la transgression d'un interdit sexuel.
Photos 1 et 3 : ©Musée Dapper - Mario Carrieri
Photos 2 et 4 : ©Musée Dapper - Hugues Dubois

Les Bamana

Homme_mali03Avant de "quitter" le Mali...les Bamana...
Avec 2 millions de personnes, ils constituent le peuple le plus important en nombre du pays, implanté essentiellement dans l'ouest et le sud.
D'origine Mandé, ils ont aussi été appelés Bambara par les autres populations, nom adopté par les Français en 1898; mais les Bamana ne se sont jamais nommés de la sorte.
Comme les Dogon, les Bamana ont résisté par le passé à l’islamisation et ont fondé une société sur le modèle patrilinéaire.
Les Bamana sont culturellement très proches des Malinké et des Soninké. Ils ont une origine commune rattachée à l'empire de Ouagadou (ou Wagadu) et ont été politiquement liés aux pouvoirs de Ségou et de Kaarta (mi XVII°s-fin XIX°s).
Ce sont des cultivateurs de mil, de riz, de sorgho...
Boli_smithsonianLes pratiques réellement spécifiques aux Bamana sont celles de sacrifices animaux pratiquées sur des objets de pouvoir que sont les boli.
L'art Bamana est essentiellement un art de masques.
La sculpture est présente dans une moindre mesure et est le produit de spécialistes que sont les forgerons.
Les figurines semblent être liées à Faro une déesse de l'eau, mère de l'humanité dans la version du mythe fondateur Bamana. Elle est associée à Bemba (figure masculine) et serait l'équivalent du Nommo des Dogon. Comme ces derniers, les Bamana accorde une importance toute particulière à la gémellité.

Ciwara_elisofon_71Les sociétés d'initiation appelées JOW jouent un rôle encore majeur dans la vie sociale et religieuse.
Elles sont structurées en classes:
NTOMO (N’DOMO),
KOMO, NAMA, KONO, CI-WARA (TYIWARA)
et KORE placées sous le patronage de la hyène noire et du vautour céleste. Seules les sociétés NTOMO et KORE organisent des rites de passage, les autres associations sont de moins grande envergure.

Tyiwara2_barbiermuelCes classes possédent des masques qui leur sont propres.
Le plus célèbre d'entre eux est probablement le masque-cimier CI-WARA dont l'iconographie, relative à plusieurs animaux, comporte toujours une référence à l'antilope. Ici, il est surmonté d'un personnage féminin, probablement Faro.
Il se rapproche par là du masque Satimbe chez les Dogon

Un boli parmi "Le Feu sous les Cendres"

Comme l’a très justement écrit «Amateur d’art» Lunettes rouges ; il y a des joyaux dans cette exposition d’art contemporain actuellement au Musée Maillol.
Parmi eux, quelques oeuvres d’art africain, dont je n’ai pas nécessairement compris le lien avec les autres œuvres.
J’ai cherché à répondre à la question de savoir ce que représentait le poteau tombal malgache ...mais je sèche…
Boli_bambara_1
Alors je me rattrape en vous parlant du Boli Bamana qui est situé dans la dernière pièce….
On ne le remarque peut être pas car c’est comme une sorte de cochon, voire de chien mal façonné ou peut être une motte de terre posée là, à la symbolique obscure...
Quelle gageure pour un musée que d’exposer l’art africain hors contexte !
Pourtant il s’agit là, pour les Bamana, importante ethnie d’origine malienne, de la représentation ou de la demeure d’une divinité.
Le boli, c’est « la manifestation de la force vitale, de l'énergie d'un esprit divinisé auquel il sert de réceptacle » (Youssouf Tata Cissé in Magies, Musée Dapper 1996).
Ici, il se donne à voir comme la représentation sommaire en argile d'un animal et constitue un autel sur lequel on officiait des sacrifices, des ablutions…
Chaque boli reflète, au sens fort du terme, la manière dont on l’a confectionné.
Les matériaux qui le composent, les paroles prononcées et les divinités invoquées lors de sa création, le tissu dont on le recouvre une première fois, le tracé d’un signe, la nature du sang (de l’animal sacrifié) dont on l’a enduit …font de chaque boli, un objet sacré et unique dans sa fonction magique.
Le commissaire de l’exposition a-t-il voulu montrer à travers cette oeuvre la puissance de la pierre de foudre sous ce concentré organique ?

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