
J'avais évoqué, il y a peu, les mannequins funéraires de Malekula, au Vanuatu : les rambaramp. Toujours curieuse d'associations de formes, de fonctions entre les objets (sans aucune légitimité ethnologique, j'en conviens), je recherchais quels pouvaient être des équivalents dans les arts d'Afrique.
Je remarquais alors chez les Bwende (voisins des Beembe en République Démocratique du Congo), ces grands mannequins funéraires, les niombo, réceptacles des os des défunts.
Leur fonction différait de celle des rambaramp. Ces derniers, exposés, marquaient de manière ostentatoire au travers de la richesse de leurs parures, le rang que le défunt occupait au sein des sociétés de grades. Les niombo, véritables reliquaires, étaient utilisés lors des rituels funéraires et enterrés (Le nombre de couches de tissus dont ils étaient constitués reflétait cependant l'importance du personnage de son vivant au sein de la société).
Enveloppées de tissus cousus ensemble, ces figures étaient bourrées d'herbes, de coton. Le corps du niombo pouvait mesurer jusqu'à 3 mètres et, monté sur des perches, il était porté en procession accompagné de nombreux instruments de musique, puis était enterré. Son bras droit levé vers le ciel, l'autre pointé vers la terre, se balançaient et l'effet général devait être impressionnant.
Très peu présents dans les collections, on trouve cependant un exemplaire de niombo au Museum of World Culture à Göteborg.
Par contre, on trouvera en plus grand nombre les muziri, répliques miniatures de ces grands mannequins.

Photos in situ : E. Karlman (années 1925), régions de Kingoyi Manianga. Merci à Sanza pour cet emprunt.
Photo 3 : Museum of World Culture, Göteborg