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  • Alain Lecomte
    Membre de l'Organisation Internationale des Experts - ORDINEX

juillet 2009

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Habillage

Concubine350
Fin décembre 2008, le changement d'habillage de Détours des Mondes, permettant de disposer d'une colonne centrale plus large, bouscule toute la mise en page des billets écrits depuis 3 ans.
L'ordre des reproductions photographiques se trouve notamment mis à mal ; mais je ne peux reprendre la maquette de plus de 500 billets... je pense qu'ils demeurent cependant lisibles pour les nouveaux lecteurs.

Feuille-de-lotus350

Photos : Masques de danse Pyolsandae, Yangju, Corée. American Museum of Natural History.

Arts du Dahomey - Bibliographie

Trone_gbehanzin

Adandé A., 1962. Les Récades des Rois du Dahomey. Dakar, IFAN.
Bastin M.-L., 1984. Introduction aux arts d’Afrique Noire. Arnouville, Ed. Arts de l’Afrique Noire.
Coquet M., 1996. Arts de cour en Afrique Noire. Paris, Ed.Adam Biro.
Mercier.P & Lombard J., 1959, Guide du Musée d'Abomey. Etudes Dahoméennes, IFAN.
Preston Blier S., 1997. L’art royal africain. Hong Kong, Flammarion.
Zinsou M.-C., 2006. Béhanzin, Roi d’Abomey. Belgique, Ed. Fondation Zinsou & Musée du Quai Branly.

n.b : Toutes les bibliographies données ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : Trône du roi Gbèhanzin, Musée du Quai Branly © P. Gries et sur la page.

Récades du Dahomey

Abomey_recade_300
Les récades sont des sceptres royaux qui reprennent de manière plus élaborée, avec leur manche coudé, la forme de la houe, de la hache et du javelot. Leur nom vernaculaire est makpo, qui signifie bâton de violence. Ce sont à la fois des emblèmes d’autorité royale et des bâtons de messages; le terme récade dérive du portugais «recado» signifiant «message».
Recade_glele_mqbÀ partir du roi Ghézo, l’extrémité du manche fut sculptée et la plupart de ces récades comportent le symbole du roi commanditaire ou commémoré, et donc leur animal symbolique pour ce qui concerne Ghézo, Glélé et Gbèhanzin. Les deux premières récades appartenant à Glélé, présentées ici, arborent donc un lion.
Recade_mqb_160_2Les récades les plus nombreuses sont celles du règne de Glélé. Appréciant les métaphores afin de relater l’histoire de son pays et ses exploits personnels, Glélé a aussi utilisé d’autres symboles que le lion : le cadenas, le caméléon.
Les récades de Gbèhanzin comportent un requin rappelant son principal emblème.
Gbehanzin

Ce printemps, le Musée du Quai Branly et la Fondation Zinsou à Cotonou se sont associés pour la célébration du centenaire de la mort du roi Gbèhanzin avec la réalisation d'une exposition itinérante à Abomey, Cotonou et Porto Novo; évoquant le destin singulier de ce dernier roi du Dahomey.

Photos : Musée du Quai Branly.

Gu, dieu de la guerre

Gu_mqb_260
On ne connaît pas de statue-portrait pour le roi Ghézo. Toutefois il existe deux sculptures de guerrier en métal commanditées par le roi Glélé en mémoire de son père qu’il portraiture sous les traits de Gu, dieu de la guerre, de la forge et du fer. L’une d’entre elle est exposée au Pavillon des Sessions.
Elle s’appelle Agodjié c'est-à-dire « garde-toi ! » car elle était portée sur le champ de bataille où elle était supposée avertir le souverain de toute menace. Elle faisait partie, à l’origine, d’un sanctuaire militaire où elle était entourée d’un cercle d’épées et de machettes plus grandes que nature, plantées dans le sol et dont on retrouve la reproduction miniature sur le plateau du couvre-chef qui comprend en outre les attributs du dieu : une lance (la guerre), une houe (l’agriculture), un hameçon (la pêche)… Représentation magique, elle était censée apporter la victoire militaire au roi. On déposait des offrandes devant elle avant chaque bataille.
GuL’ironie du sort veut qu’elle fut trouvée par les Français dans le port de Ouidah d’où ils la ramenèrent comme trophée de guerre alors qu’elle avait été placée là pour protéger l’armée du roi Gbèhanzin de l’invasion française.
La statue du Dieu Gu fut longtemps une pièce emblématique du Musée de l'Homme à Paris.
Gudapper_160

L'autre sculpture, conservée dans les collections du Musée Dapper, fut également commanditée par Glélé. Réalisée en bois recouvert de cuivre martelé, elle est de forme différente de la statue du Pavillon des Sessions mais elle brandit le même sabre ajouré.
Installée près de la porte principale d’Abomey afin de protéger la ville, son nom Du su mon majeeto (« le trou empêche les ennemis de passer ») rappelle qu’elle était située près du fossé sec qui entourait la ville et assurait sa sécurité.

Photo 1 : Musée du Quai Branly.
Photo 2 : Paris, Musée de l'Homme, 1947, Michel Leiris et Dieu Gu, source photo : D.R/Coll. Part. in Leiris M., Miroirs de l'Afrique, Quarto, Gallimard, P.64 Ed. 1995.
Photo 3 : Musée Dapper © Hugues Dubois.

Statues royales au Dahomey

Abomey_gleleL'allure anthropo-zoomorphe des statues des rois Glélé et Gbèhanzin a de quoi nous surprendre. Pour les comprendre, il faut savoir que chacun de ces rois possèdait un emblème dérivant d’une devise.
La statue royale en bois peint du roi Glélé figurée ci-contre représente un homme à tête de lion. Glélé aurait prononcé cette phrase en montant sur le trône : « Je suis le lionceau qui sème la terreur dès que ses dents ont poussé ».
Abomey_gbehanzinLa statue royale du roi Gbèhanzin, quant à elle, représente aussi un homme debout en position de marche, mais cette fois-ci à tête et ailerons de requin. En effet, Gbèhanzin rappela sa résolution de faire face à l’invasion française en prononçant cette phrase : « Le requin en furie a troublé la barre ». Il était ainsi le requin rendant dangereux le passage des rouleaux de vagues gênant l’accostage des bateaux sur la côte du Golfe de Guinée.

Photos : Musée du Quai Branly.

Le royaume du Dahomey

Dahomey
Le Dahomey est un ancien royaume se situant sur l’actuelle zone géographique de la République du Bénin. Ce royaume est né au XVIIème siècle lorsqu’une population Fon installa sa capitale à Abomey.
Fon1__tenture_mqbCe royaume Fon était alors vassal de l’Empire Yoruba d’Oyo auquel il payait un tribut annuel.
Au début du XIXème siècle toutefois, le royaume du Dahomey organisa une armée forte grâce aux armes à feu qu’il obtint des Européens en échange d’esclaves. Les Français, notamment, avaient établi un comptoir de traite sur la côte, à
Fon3__tenture_mqbOuidah.
En 1851, c’est le roi Ghézo, ayant pris le pouvoir à la suite d’un coup d’état en 1818, qui affranchit son peuple de cette situation de vassal. Même si Ghézo était un roi usurpateur, il fut considéré comme l’un des rois les plus puissants du royaume du Dahomey.
Son fils, Glélé, lui succéda à sa mort en 1858 et régna
Fon2_tenture_mqbjusqu’en 1889.
Il se battit victorieusement contre les Yoruba mais se heurta aux Britanniques qui voulaient supprimer la traite négrière. Glélé fut le dernier roi indépendant du Dahomey.
Le fils de Glélé, Gbèhanzin (ou Béhanzin), prit la suite de son père.
La traite négrière fut alors abolie.
Une guerre éclata entre le Royaume du Dahomey et les Français.
Gbehanzin_1892Elle dura trois ans et prit fin en Novembre 1893 avec la victoire des Français lorsque ceux-ci envahirent et incendièrent la ville d’Abomey. Ce conflit armé opposa le Général Dodds pour la France au roi Gbèhanzin qui dut alors s’exiler en Martinique, puis en Algérie où il mourut en 1906.
Ainsi Gbèhanzin fut-il le dernier roi du Dahomey; cette guerre entraînant la fin de ce royaume indépendant.


Photos : Tentures Fon, Abomey et portrait de Gbèhanzin - 1892 © Musée du Quai Branly.