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Luttes traditionnelles Diola

Rappelez-vous du pays Diola, au Sénégal. Rappelez-vous l'importance du Bukut dans cette région...
Mariethé nous fait partager sa connaissance des luttes traditionnelles :
Diola_lutt_mariethe"Les luttes traditionnelles Diola sont encore pratiquées au sud du fleuve dans la région d'Oussouye et du Cap skiring ainsi que dans les îles au nord du fleuve, vers l'embouchure.
Elles font partie intégrante de la tradition Diola. Elles sont pratiquées par les garçons non-mariés de 7 à 25 ans à la fin de la saison de culture du riz (fin septembre). Seuls les villages de Mlomp et Kanout (près d'Oussouye) organisent les luttes en février.
Les jeunes partent à pied, tôt le matin, pour défier les lutteurs d'un autre village. C'est l'occasion d'une journée de fête pour le village.
Il y a d'abord le repas commun puis les femmes dansent.
Lutteurs_marietheC'est ensuite aux lutteurs de parader et de danser pour montrer leur force. On remarque quelques hommes déguisés en femmes. Ce sont les enfants des kanyalènes, les femmes aux enfants morts à la naissance ou de maladie. Leurs frères vivants se déguisent en femme lors des danses pour se cacher des mauvais génies ou sorciers qui leur voudraient du mal. Les luttes commencent vers 16h, lorsque la chaleur diminue. Les combats s'effectuent par classe d'âge, mais on ne peut pas affronter quelqu'un de sa famille. La lutte elle-même est courte, elle dure 2/3 minutes, et la technique très codifiée. Un arbitre, ancien lutteur, est présent pour chaque combat pour garantir son bon déroulement. Les affrontements cessent à la tombée de la nuit. L'équipe gagnante, celle qui a "terrassé" le plus, repart avec des cadeaux tels que du riz, des fruits ...
Le sens des luttes est d'abord de s'inscrire dans la masculinité en prouvant sa force et sa bravoure au combat et ainsi honorer sa famille.
Selon certains, ce serait également une manière de commémorer les combats primitifs qui existaient entre les villages".
Mariethé nous invite à feuilleter son album photos .

EMITAI : Histoire d'une résistance Diola

Emitai_filmCasamance 1942: Le colonel français exige pour nouvelle taxe la récolte du riz des villages.
Il "faut nourrir la France et les jeunes sénégalais réquisitionnés pour se battre"…
Dans un village Diola, les femmes décident de résister et cachent leur riz.
Les hommes s’interrogent et interrogent leurs dieux.

Fiers, intègres, ils cèderont d’une certaine façon...
Le film de 1971 de Sembene Ousmane a pris certes quelques rides, les dialogues sont en français et diola; mais il est limpide, percutant et tragique…
La chanson pétainiste « Maréchal, nous voilà…» ne cesse de résonner dans nos têtes et laisse un goût amer dans nos cœurs…

Le masque EJUMBA chez les Diola

EjumbaLe masque le plus important reprend l'image du boeuf. Il s'agit de l'EJUMBA
(ou EJUMBI).
Sa forme est assez simple. Constitué par une armature en vannerie, il comporte 2 yeux cylindriques grands ouverts et une nervure verticale partageant le visage.
A l'origine, les cornes étaient de cornes d'antilopes; elles sont remplacées maintenant par des cornes de boeuf. Ce masque est orné de coquillages, de graines d'abrus.
Généralement le masque Ejumba est couvert de tout élément pouvant symboliser la puissance physique et sexuelle du porteur.
Les jeunes initiés portent ce masque-heaume à leur retour du bois sacré. Associé à un imposant costume de fibres de raphia, ils dansent. L'initiation est terminée et les jeunes gens se préparent déjà pour leur futur mariage...

Diola_branlyCet ancien masque Diola faisait partie du Cabinet d'Histoire Naturelle du Château de Versailles.
Il a été acquis par un négrier en Casamance vers 1750 et embarqué avec la cargaison d'esclaves pour la Louisiane. C'est là qu'il fût racheté par Charles Philippe Fayolle, commis au Bureau des Colonies d'Amérique pensant qu'il s'agissait d'un masque de Louisiane.
Il semble que mis à part des masques en terre cuite ou en métal, celui-ci constitue le plus ancien masque africain attesté dans les collections connues dans le monde.

Photo 1 : © Collection Barbier-Mueller, in L'Autre Visage/Photographe : P.-A Ferrazzini.
Photo 2 : © Musée du Quai Branly.

Les Diola et le BUKUT

Les Diola se sont installés le long de la côte de Casamance au XIVème siècle lorsqu'ils ont été chassés vers l'Ouest par les Mandingues.
(cf carte in Bidjogo_Photos)
Ils représentent maintenant 8% de la population totale sénégalaise (contre 36% pour les Wolof).
Ce sont avant tout des cultivateurs de riz.
Les jeunes hommes doivent passer par des rites d'initiation avant leur mariage.
Ces rites sont appelés Bukut.
Le Bukut a ceci de particulier que les Anciens ne l'organisent que très rarement : une fois tous les 20 ans! Ils réunissent ainsi une tranche d'âge de 15 à 35 ans.
S'ils détiennent par là le choix de la date de mariage des jeunes hommes, ils fixent surtout de cette façon celle de la distribution des terres octroyées aux jeunes mariés.
Ejumba_berg_1Des milliers de visiteurs se rassemblent au moment de cette célébration.
Les fêtes durent une semaine pendant laquelle tous les invités sont nourris. Des centaines de boeufs sont sacrifiés en l'honneur des initiés.
Plus pratiquement, ils assurent la nourriture aux convives.
Le processus culmine après une période de réclusion dans le bosquet sacré d'environ 2 mois; à l'issue de laquelle, les jeunes hommes se marient et reçoivent un espace à cultiver.
Maintenant, beaucoup de Diola travaillent dans les villes; la période de réclusion est très réduite mais le Bukut est resté bien vivant.
Il l'est d'autant plus qu'il est devenu le symbole d'une appartenance identitaire.
De tous temps, les Diola ont résisté aux autorités extérieures (Mandingues, colons)
Il semble qu'aujourd'hui dans la Casamance des conflits, le Bukut demeure une expression de la résistance vis-à-vis du pouvoir de Dakar.
Photo : © Afrika Museum Berg en Dal.

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