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Les Waga des Konso

Ethiopia-map296 En écho au précédent billet, mais à des milliers de kilomètres de distance, l'on trouve une sculpture funéraire monumentale pratiquée par de nombreuses cultures d’Afrique de l’Est.
Ainsi, du Sud de l’Ethiopie et du Sud Soudan en passant par le Kenya et jusqu’à Madagascar, a-t-on vu ériger de nombreux poteaux funéraires.
Aethiopia160Le peuple Konso compte environ
180 000 individus et vit dans une vaste région montagneuse, à la frontière de l’Ethiopie et du Kenya.
Les moments importants pour les individus sont le passage d’une classe d’âge à une autre. Des cérémonies accompagnent ces passages et lorsque l'individu atteint les rangs les plus élevés dans la classe d’âge Gada, il obtient le
Artofacontinent160
droit de porter sur le front, le kalacha, un ornement métallique en forme de phallus.
À l’origine, les Konso étaient des guerriers, et il semble que les organes génitaux des vaincus étaient empaillés et portés de cette façon ; s’attribuant ainsi la virilité de leurs ennemis morts.
Ceci n’est pas confirmé, on n'a jamais retrouvé de tels objets.
Azais et Chambard qui ont mené des recherches dans les années 20 (Cinq années de recherches archéologiques en Ethiopie, 1931) affirment que la mise en valeur du phallus serait l’expression d’une survivance d’un culte phallique associé à celui des ancêtres.
On a aussi avancé le fait que des guerriers se laissaient pousser une houppe de cheveux de cette manière.
Bref, beaucoup d'explications autour de l'existence et du port du kalacha !
Quant aux poteaux funéraires Konso ou waga, ils surmontaient les tombes agglomérées en cimetières ou dispersées le long des routes.
Quelle que soit la culture, l'erection de poteaux possède un caractère ostentatoire, elle veut ré-affirmer le statut social du défunt et l'assurance d'une position identique dans l'au-delà.

Photo 1 : in Aethiopia, X. Van der Stappen, 1996, Exposition "Aethiopia, peuples d'Ethiopie", Gordon & Breach. 
Photo 2 : Collection privée @ Heini Schneebeli in Africa, The Art of a Continent.

Arts d'Ethiopie -Bibliographie

David_260
African Zion : The sacred art of Ethiopia, Catalogue d'exposition, Heldman Marilyn Eiseman, 1993, Yale University Press.
L'arche éthiopienne - Art chrétien d'Éthiopie, Catalogue d'exposition, 2000, Pavillon des Arts, Ed. Paris Musées, Fundacio Caixa de Girona.
Éthiopie millénaire, Catalogue d'exposition, 1974, Musée du Petit Palais, Paris, Presses artistiques.
Le roi Salomon et les maîtres du regard, catalogue de l'exposition, Musée des arts d'Afrique et d'Océanie, Ed. RMN, 1992.

Bosc-Tiessé C., Wion, A., Peintures sacrées d'Éthiopie, Collection de la Mission Dakar-Djibouti, 2005, Paris, Ed. Sepia.
Mercier, J. Rouleaux magiques éthiopiens, Paris, 1979.
Raunig W., L'art en Éthiopie, 2005, Paris, Ed. Hazan.
Van der Stappen, X., 1996, Aethiopia, Berlin, Ed. Gordon & Breach - Arts International.

Noter une importante bibliographie publiée en 2003 par le centre d'études africaines de Leiden.

n.b : Toutes les bibliographies données ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : Le roi David (Manuscrit éthiopien enluminé du Livre des Psaumes, copié au XVe siècle, provenant de la Mission d'Abbadie) sur le site de Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France.

Aethiopia

Aethiopia
Découvrir les arts d'Ethiopie, ce n'est pas seulement admirer les témoignages de l'art chrétien comme je vous ai invité à les survoler dans les derniers billets. C'est aussi comprendre une multitude d'objets des différents peuples éthiopiens. À cet effet, je vous propose de regarder le reportage photo qu'a réalisé le Blog Arts Premiers - Primitive Art Primitif, lors de l'exposition Aethiopia à Tervuren en 1996.

Photo : Extraite de ce reportage.

Magie et Foi

8himagicscroll_160Magie et Foi, Art Ethiopien... est le titre choisi par Sam Fogg pour son exposition à Paris lors de Parcours des Mondes 2007, présentant des manuscrits anciens, des rouleaux magiques et des croix de la dynastie Zagwé jusqu'au XIXème siècle.
En ce qui concerne les rouleaux magiques, beaucoup de talismans furent réalisés en Ethiopie pour les dévotions personnelles mais aussi à des fins protectrices. Fogg_07_02
De manière générale, les rouleaux protecteurs existent depuis l'Antiquité. Ces talismans étaient roulés ou pliés en accordéon afin de pouvoir découvrir des séries de petits rectangles sur lesquels étaient peintes des images religieuses, portés à même le corps du malade ou accrochés à son lit. Ils pouvaient également servir à protéger les femmes enceintes et les nourrissons. 7hiprotectiveangelscroll

Des symboles écrits et chiffrés les composent, mêlant tradition liturgique, astrologie et mysticisme.
Parfois, des lignes des évangiles se mêlent à des prières contre les démons; les textes écrits en Gu'ez fusionnent avec des images angéliques ou démoniaques.
La légende affirme que la sagesse fut révélée au roi Salomon et que seuls, ceux qui possèdent cette sagesse ont accès à la connaissance des superpositions scripturales permettant de rendre le rouleau efficace.

Courtesy Galerie Sam Fogg. (cf. site).


Photo 1: Rouleau magique, début XIXème s.
Photo 2 : Tête de Gorgones, rouleau magique, XIXème s.
Photo 3 : Ange gardien, rouleau magique, XIXème s.

Abba Antonios au Musée du Quai Branly

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Lorsque la Mission Dakar-Djibouti entre enfin dans Gondar à l'été 1932, après bien des soucis à la frontière et des contre-temps; Marcel Griaule est à la recherche de peintures murales. C'est alors qu'il découvre l'église d'Abba Antonios construite pendant le règne de Yohannes Ier (1667-1682).
Abbas_antonios_w_300
29 juin 1932, Michel Leiris note dans L'Afrique fantôme : «À pas rapides nous faisons le tour du maqdes, gros cube (surmonté d'un cylindre) qui renferme l'autel et dans lequel les prêtres seuls ont le droit d'entrer. Juste le temps d'apercevoir, dans la pénombre, du haut en bas de ce réduit central, des peintures d'allure archaïque, mais admirables de fraîcheur, si vives, si brillantes, depuis les tranquilles figures de saintes gens jusqu'aux démons cornus qui s'agitent dans les basses zones d'un jugement dernier...»
Branly_decapitation_160En juillet 1932, le peintre Gaston-Louis Roux exécute des copies à l'huile des peintures existantes et c'est probablement la bonne tenue de ces dernières qui décide les religieux d'Abba Antonios de laisser Marcel Griaule et son équipe enlever les originaux.
Ce sont ainsi quelques peintures ramenées par la Mission Dakar-Djibouti que l'on peut voir, dans une pièce, au fond du département Afrique du Musée du Quai Branly.
Stgeorges_160Sur le mur du fond, les Saints cavaliers et les scènes de martyrs : entre autres, la décollation de St Jean-Baptiste dont la tête est remise à Salomé.
Sur le mur de droite, Dieu le père et le pacte de grâce; puis ce Saint Georges cavalier.

Photos : Musée du Quai Branly.

Manuscrits éthiopiens

Brancaleone_300
L'un des rares artistes des XVème et XVIème siècles dont le nom nous est parvenu est Nicolo Brancaleon : un peintre italien arrivé à la cour du roi Eskender, qui s'installa en Ethiopie de 1480 à 1520. On lui doit des images (cf. photo 1) dont le style et l'iconographie imprégnés des courants vénitiens du XVème siècle influenceront la peinture éthiopienne postérieure (Très sollicité, il avait fondé un important atelier qui fit école).
Evangeliaire1632 : Gondar devint la nouvelle capitale; une période pérenne s'installa alors. À la fin de son règne, l'empereur Fasilidès encouragea les arts; de nombreux manuscrits et icônes furent réalisés.
Son fils Yohannès multiplia les commandes.
La fin du XVIIème siècle vit apparaître la production de manuscrits de styles différents : copies de dessins de Brancaleon mais aussi copies de versets tirés d'évangiles en arabe comme c'est le cas dans cette fuite en Egypte. Jusqu'au début du XVIIIème siècle, certains ouvrages verront même cohabiter compositions, attitudes à la fois anciennes et nouvelles.
Miracle_scribes_300
Ce que certains historiens d'art appellent le «second style gondarien» (il semblerait que ce soit sujet à discussions) émergea dès le milieu du XVIIIème siècle, avec profusion de couleurs, de luminosité, de formes potelées. Des gravures, des planches illustrées en provenance d'Europe faisaient également leur apparition en Ethiopie et influencèrent l'iconographie et le style des manuscrits de l'époque.
L'empereur Bakaffa (1721-1730) passait alors commande de livres richement illustrés; de nombreux recueils furent ainsi réalisés pendant cette période avec pléthore d'images.
Il semble qu'il y ait eu deux phases à l'intérieur du 2ème style de Gondar; cette deuxième période se situant sous le règne de l'empereur Iyyassu II (1730-1755), très intéressé par les miniatures. Les portraits officiels pénétrèrent davantage les manuscrits. Un autre courant vit également la production de manuscrits dédiés à des saints nationaux. C'est à la mort de Iyyassu en 1755 que l'on date la fin de l'âge d'or des manuscrits éthiopiens.
Evangile_jean_300
N'ayant pas mené de recherches précises sur les styles dans les manuscrits d'Ethiopie, on pourra consulter en première approche, entre autres, L'arche éthiopienne - Art chrétien d'Ethiopie, Catalogue d'exposition, 2000, Pavillon des Arts, Ed. Paris Musées, Fundacio Caixa de Girona.

Photo 1 : Le Christ dans le désert et Le Miracle des noces de Cana, Miniatures de Brancaleon (1508-1520), Wafa Iyasous du Godjam © Paul B. Henze, Bethesta (USA).
Photo 2 : La fuite en Egypte, Evangéliaire 1650-1670 © Londres, British Library.
Photo 3 : Le Miracle des deux scribes, début XVIIIème siècle © Paul B. Henze, Bethesta (USA).
Photo 4 : Evangile de Jean, vers 1755 © Londres, Collection Sam Fogg.

Arts d'Ethiopie

Croix_ethiopia
De l'art chrétien d'Ethiopie, les églises et les monastères rupestres de la dynastie Zagwé (1137-1270), notamment avec le développement de la ville sanctuaire Lalibela, en sont probablement les représentants les plus célèbres.
(Ne pas hésiter à visionner la vidéo du lien !)
Croix_procession_lastaLes croix, sont elles aussi bien connues pour leur forme particulière : croix de bénédiction, portables, de petites dimensions ou croix processionelles. La tradition de les voiler est ancienne et l'on remarquera l'existence d'un anneau ou d'un trou permettant de passer un tissu.
Les premières croix processionnelles ont soit la forme d'une croix de Malte ou sont des croix dites «de Lalibela», telle la croix représentée ci-dessus. Avec les siècles, les formes se sont déclinées autour de la croix de Malte, la croix grecque, des formes losangées.
La croix dite «de Gondar» voit le développement de multiples scènes gravées (cf. photo 1, croix de gauche).
St_jean_14_160L'introduction du christianisme au IVème siècle a surtout entrainé très tôt la traduction de nombreux textes à partir de l'alphabet Ge'ez, et les premiers manuscrits enluminés ont certainement vu jour entre le VIIIème et Xème siècle. Les premiers scriptoria ont été créés à la fin du XIIIème siècle, à la fin de la dynastie Zagwé et au début de la dynastie Salomonienne.
Vierge_15_160Le style et l'iconographie des manuscrits évoluèrent, notamment sous le règne de l'empereur Zara Yacob (1434-1468) qui instaura un renouveau du culte marial. Enfin, lorsque Fassilidès établit sa capitale à Gondär en 1632, une période de paix s'instaura et les scriptoria augmentèrent leur production...

Photo 1 : Croix processionnelles (à gauche, de Gondar, XVIIème siècle, Musée de l'Institut d'études éthiopiennes © Stanislaw Chojnacki, Sudbury (Canada) et à droite, de type grec, XIXème siècle, Sekhota Medhane Alem © Paul B. Henze, Bethesta (USA)).
Photo 2 : Croix processionnelle du XIVème siècle, Bilbala Tcherkos du Lasta © Paul B. Henze, Bethesta (USA).
Photo 3 : Saint Jean l'Evangéliste, Miniature du XIV-XVème siècle provenant du couvent d'Ahia Fedch Qousqwam © Diana M. Spencer.
Photo 4 : Vierge à l'enfant, Miniature de la fin du XVème siècle provenant du Monastère de Gounda Goundé © Paul B. Henze, Bethesta (USA).

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