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Expertise

  • Alain Lecomte
    Membre de l'Organisation Internationale des Experts - ORDINEX

CC

Figure du Sepik

Faitage_sepik160L’on me faisait remarquer à propos de Chefs-d’œuvre de la Collection Barbier-Mueller que j’avais écrit un peu vite «pas de surprises» au sujet de cette exposition, bien que mon propos était évidemment loin d'être blasé... Cette remarque était pertinente. Elle m’a forcé à regarder de nouveau ce personnage, plus lentement, relisant le mythe attaché à sa réalisation.

Faitagedos_png160Regarder les formes données par les coups d'herminette particulièrement visibles dans le dos, remarquer les matériaux, les coquillages, les plumes de casoar... Etre sensible à cette figure accroupie, en équilibre, que l'on devait apercevoir, haut perchée, au sommet de la maison cérémonielle du village. Remémorer ce mythe qui raconte que Bilishoi, ayant tué des hommes construisant précisément une maison cérémonielle, se réfugia à son faîte et essaya de se protéger des flèches avec ses coudes. Il fut tué et son effigie, ainsi réalisée, évoque cet homme ayant transgressé les règles sociales.
Vous aviez ainsi raison dans votre sensibilité portée sur ce personnage... les choses que l’on croit connaître, on ne les voit plus ou on ne les regarde, hélas, plus vraiment ; alors qu'il y a un monde à contempler. 

Photos : Studio Ferrazzini Bouchet.

Polynésie Arts et divinités 1760-1860

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Il s'agit là d'une superbe exposition qui se tiendra du 17 juin au 14 septembre 2008 au Musée du Quai Branly.
J'ose m'avancer sur l'adjectif « superbe » pour avoir connaissance du catalogue. L'exposition a en effet été présentée au Sainsbury Centre for Visual Arts, puis, de manière plus réduite, comme ce sera le cas ici, au British Museum, sous le titre Pacific Encounters.
Des objets anciens, récoltés souvent par des congrégations missionnaires, des colons, des négociants... lors de cette période de « contact », dispersés maintenant dans le monde, seront réunis dans cette exposition.
Ainsi en est-il de cette coupe d'Hawaï, probablement une coupe de kava, don de Sir Joseph Banks en 1780, possèdant alors la collection du Capitaine Charles Clerke. Ce dernier participa aux trois expéditions de Cook. Cette coupe lui fut offerte par un chef de Kaua'i en 1778. Il prit le commandement du Discovery à la mort de Cook en février 1779 et décéda à son tour à l'été 1779. Tete_hawaibm260
L'art de la Polynésie ne cesse également d'étonner par la richesse et la multiplicité des matériaux utilisés, plumes, ivoire, néphrite, perles... dents de chiens comme sur cette dernière effigie d'Hawaï; peut-être une matérialisation du divin, portée lors de processions.

Photos : The British Museum (courtesy of the Trustees of The British Museum) in Pacific Encounters, Steven Hooper, 2006 @ Sainsbury Centre for Visual Arts

Femmes, déesses, mères...

Maam_midjaw Le site du Musée du Quai Branly regorge d'une multitude d'informations et de propositions, parfois surprenantes.

Ainsi, nous invite-t-il à un parcours à la carte (en ligne) sur le thème Féminité, fertilité, en présentant des oeuvres de plusieurs continents. Kwayep160Vaste sujet !
On y trouve, pêle-mêle, cette peinture sur écorce de Midjau-Midjawu où un esprit Maam s'attaque à une femme enceinte (une figuration aux « rayons X » toujours aussi surprenante), mais aussi la maternité Bamiléké collectée par Henri Labouret ; rare oeuvre africaine dont on connaît le nom de l'artiste : le sculpteur Kwayep. 
Elle fut réalisée
Crochet160en hommage à l'épouse de N'Jiké lors de la naissance de son premier fils. Ou encore ce crochet du Moyen Sepik, représentant un personnage féminin qui paradoxalement ornait la Maison des hommes. Probablement une ancêtre primordiale d'un clan, de haut rang. 
La liste des 21 oeuvres choisies pour illustrer le thème semble se décliner à la Prévert mais permet toutefois d'intéressantes découvertes. 
(Le parcours sur les masques réserve moins de surprises).

Photos : Musée du Quai Branly.

Sous l'encre...

Koraichi500
Les quatre princes... je les ai côtoyés il y a bien longtemps, bien maladroitement : le bambou, l'orchidée, le prunus et le chrysanthème.
Je les ai caressés avec le pinceau et l'encre noire de nuit.
Et puis la main a trouvé dans le calame d'autres lignes, l'esprit a voyagé vers d'autres cultures.
La main s'est arrêtée, mais l'esprit est toujours en éveil, sensible à la calligraphie, son souffle, son intelligence, ses messages.
Dans cette exposition à venir, si infime soit le poids du calame, grand veut être son pouvoir pour tenter de répondre à la question « Comment fonder poétiquement, artistiquement une nation en exil ? »
Le plasticien Rachid Koraïchi, le poète Mahmoud Darwich et le calligraphe Hassan Massoudy ont ainsi construit ensemble un chant gravé autour de cette question.
Koraichi3_500
À découvrir, Une nation en exil, exposition qui se tiendra du 23 mai au 30 juin 2008
à l’Institut des Cultures d’Islam
19-23 rue Léon - 75018 Paris.

Crédits photographiques : Mahmoud Darwich, Rachid Koraïchi, Hassan Massoudy.

Poteries africaines

Mambila260
Colette Brissaud-Mendes et Philippe Brissaud ont collecté depuis plusieurs années des céramiques figurées africaines aux riches représentations traditionnelles animales et humaines.
Une partie de la collection, exposée au public pour la première fois, offre un répertoire de formes et d’iconographie de poteries africaines modernes, rarement publié.
La sculpture est d’une grande exubérance, d’une extraordinaire richesse expressionniste, inventive et originale.
Ces terres cuites proviennent toutes d’un vaste territoire à la limite de l’Afrique Occidentale et de l’Afrique Centrale sur les terres du Cameroun, du Nigeria actuel et de la République Démocratique du Congo.
L’exposition se tient à l’Arsenal de Soissons, dédié habituellement à l’art contemporain.
Une centaine de pièces sont montrées pour la première fois au public.
Dans un vaste espace on découvre principalement des productions Mambila, mais aussi Bamiléké, Mumuyé, Yoruba et Tikar. Un second espace expose les productions Mangbetu dont un impressionnant vase à trois globes surmonté d’un quatrième, rehaussé chacun d’une figure anthropomorphe et mesurant 80 cm de haut.
L’exposition se déroule jusqu’au 24 août.
Elle sera reprise ensuite par le Méjan à Arles, puis le Centre Culturel de Cabestany.
Le catalogue riche de 104 photos est édité par Actes-Sud et le Musée de Soissons.

Merci à Bruno Robert pour ces informations.

Photo extraite du catalogue Actes-Sud/Musée de Soissons © Michel Minetto

L'esprit de notre temps

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C'était il y a presque 90 ans, un assemblage d'objets choisis; un emblème dérisoire, ironique de l'homme moderne réduit à une tête mécanique.
Tête pensante, cerveau vide et limpide ?
Opportunité médiatique oblige, à partir du 20 mai 2008, le Musée du Quai Branly exposera le crâne en cristal de roche, réalisé à la fin du XIXème siècle, et donné au Musée de l'Homme par Alphonse Pinart. (cf. Dossier de presse)

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Une douzaine de crânes en cristal de roche supposés être des oeuvres aztèques est recensée dans le monde.
Mais ceux déposés au British Museum et à la Smithsonian Institution à Washington ont été également datés du XIXème siècle.
Cependant ne décevons pas à l'avance Indiana Jones dans son prochain film, à la recherche de ces fameux et authentiques crânes aztèques et ne boudons pas notre plaisir d'aventurier en herbe :

Plus sérieusement, des informations sur les crânes en cristal de roche (Document du British Museum).

Photo 1 : L'esprit de notre temps, Raoul Haussmann, 1919, MNAM.
Photo 2 : Musée du Quai Branly.

Fardos de Paracas

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Des trois nouvelles expositions présentées au Musée du Quai Branly jusqu'en juillet 2008, Paracas - Trésors inédits du Pérou ancien, est sans nul doute, celle qui a le plus attiré mon attention.
Il y a bien Planète métisse mais le thème est difficile à traiter. J'avoue ne pas avoir compris la logique de l'exposition, y voyant surtout prétextes à rapprochement d'objets. Mon esprit, peut-être trop cartésien, ne s'est pas laissé charmer par des vitrines où de belles réalisations se côtoient, et dont il faut savoir goûter ces rencontres éphémères.
On peut découvrir encore Elena Izcue, Lima-Paris années 30, en parallèle de l'exposition Paracas, pour l'oeuvre graphique et picturale de cet artiste péruvienne, mais là aussi, je ne suis pas parvenue à entrer dans son univers, peut-être justement pour avoir parcouru l'exposition dans l'autre sens : Les ponchos, mantos et fardos de Paracas, en premier, m'avaient subjuguée.
Poncho_160Je connaissais effectivement cette pratique funéraire de la culture de Paracas, développée pour l'élite : les défunts momifiés, déposés en position accroupie étaient enveloppés de grandes pièces de tissu pour former des paquets funéraires ou fardos.
C'est au début des années 1920 que l'archéologue péruvien Julio C. Tello avait entrepris une série de fouilles dans le Cerro Colorado (à 250 Kms de Lima et dont l'aridité du climat a permis une parfaite conservation des textiles). Il avait ainsi révélé l'existence de centaines de fardos que l'on date de la fin de l'Horizon ancien, il y a environ 2000 ans.
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L'exposition d'un grand nombre de pièces dont je n'avais pas imaginé l'ampleur, ni la magnificence et la diversité de leurs motifs, est réellement impressionnante. C'est toute une série de personnages égorgeurs, chamanes, des êtres composites, imbrications de félins, serpents, oiseaux qui se déploient dans ces détails maintes fois répétés. Répertoire fantastique où l'oeil se perd dans un labyrinthe de formes; l'esprit tentant vainement de recréer quelque mythe oublié.

Photos : Museo Nacional de Arqueología, Antropología e Historia del Peru.

Kirchner et l'art du Grassland

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Actuellement au Musée Rietberg de Zürich et jusqu'au 25 mai 2008, se tient une importante exposition sur l'art du Grassland camerounais.
Grassland_stool_160Les objets d'un art royal, développé notamment dans les chefferies Bamileke et Bamum, se déploient avec toute l'expressivité qui caractérise ces arts. Des masques imposants, des statues commémoratives perlées ou colorées, des sièges majestueux ornés de léopards, de panthères ou de mygales sont ainsi présentés.
Le cabinet des Estampes du Musée présente simultanément l'exposition Ernst Ludwig Kirchner et l'art du Cameroun.
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Ce fut à Dresde, en 1905, que Ernst Ludwig Kirchner créa «Die Brücke» avec ses amis Erich Heckel, Fritz Bleyl et Karl Schmidt-Rottluff.
Ces artistes allaient ainsi constituer le premier groupe de l'expressionnisme allemand.
Grassland_stool_160_dIls connaissaient le Musée ethnographique de Dresde de l'époque, riche d'oeuvres rapportées des territoires sous administration allemande. Des oeuvres d'Océanie côtoyaient celles d'Afrique, et pour beaucoup d'entre elles, en provenance du Cameroun. Ainsi, pour la première fois, je regarde des oeuvres de Kirchner en suivant pour modeste trace celle des sièges du Grassland... sans occulter, loin de là, force et beauté de ses nus.
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Photo 1 : Rietberg Museum, vue de l'exposition Cameroun art royal, extraite du site du Musée.
Photo 2 : Siège bamum, Ethnologisches Museum Berlin, don de Njoya à Jesko von Puttkamer, 1904 © Martin Franken.
Photo 3 : Kirchner, Nu au siège africain, 1912, Rietberg Museum Zürich © Rainer Wolfsberger.
Photo 4 : Siège, région de Bamenda, Bünder Kunstmuseum Chur, acquis avant 1910 par Ernst Ludwig Kirchner, don de Otto Tschumi.
Photo 5 : Kirchner, Nacktes Mädchen hinter Vorhang (Fränzi) 1910-1926, Tedelijk Museum Berlin.

La collection Barbier-Mueller

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Arts d'Afrique et d'Océanie, Chefs-d'oeuvre de la collection Barbier-Mueller est une exposition qui se tient au Musée Jacquemart-André jusqu'au 24 août 2008.
À l'occasion des 100 ans de la collection, le Musée Barbier-Mueller avait déjà célébré cet anniversaire à Genève en 2007. Voilà à Paris, exposées dans ce superbe lieu qu'est le Musée Jacquemart-André, une centaine d'oeuvres.
Pas de surprise, ce sont les oeuvres les plus célèbres; mais simplement pour le plaisir des yeux... tel est l'objectif (réussi) de la muséographie adoptée.

Ne pas manquer le billet de Sanza.

Festival d'Art naïf

Inoussa
Il y a presque un an, je vous parlais d'Inno, ainsi que Au fil de l'art, dans son billet Inno ou l'esprit du Burkina Faso.
Grâce à son travail, la volonté sans faille de son ami Jean-Jacques pour le promouvoir, surmonter les frontières, les obstacles administratifs et financiers; sa peinture remarquée et appréciée... Inoussa sera présent au 4ème Festival d'Art naïf qui se déroulera à Verneuil-sur-Avre du 22 mars au 27 avril 2008.
Une belle occasion d'une promenade en Normandie.

Photo : Inoussa dans son atelier
© Floriane, mars 2008 - Une trajectoire

Pitt Rivers Museum

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Le premier objet de musée du Pitt Rivers Museum est le musée lui-même qui nous transmet une vision didactique de la fin du XIXème siècle encore empreint des théories évolutionistes.
Jyb2Cela tient à la personnalité du Lieutenant-Géneral Augustus Henry Lane Fox (ne s'appelant pas Pitt Rivers à l'époque), intéressé par l'archéologie et l'ethnologie, qui commença une collection vers les années 1850. En fait, il était à la base, passionné par la transmission du savoir du maniement des armes et menait une réflexion sur l'évolution de celles-ci au cours de l'histoire de l'humanité, sur le développement des principes technologiques autour de la notion de projectile.
Peignesjy2Il commença à collectionner des armes à feu mais s'intéressa progressivement à l'évolution des techniques dans tous les domaines et collecta de nombreux objets. En 1880, il hérita d'une immense fortune de son cousin Henry Pitt, Baron Rivers. Sa demande auprès de l'université d'Oxford de créer un musée à partir de sa collection mais exposée selon ses propres vues fut alors acceptée, et les travaux financés. Il changea alors de nom (Pitt Rivers) et en 1884, le Pitt Rivers Museum vit le jour. Il y avait alors 18 000 objets exposés essentiellement selon une thématique centrée sur la technologie.
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Le musée compte maintenant 500 000 objets.
À l'exception de 3 vitrines qui traitent du mode de représentation : la forme humaine dans l'art, la forme géométrique dans l'art, la forme animale dans l'art; les autres vitrines et tiroirs exposent des objets traitant des ornements de bras, des cordelettes, des objets comme monnaie, des figures religieuses, des instruments de musique, du tissage, de la navigation... incroyable inventaire.
Les vitrines offrent au regard, une juxtaposition extraordinaire d'objets, presque une bousculade, tentant de montrer comment des peuples différents avaient traité des questions technologiques les plus diverses.
DeuilleurjyÀ l'étage, on pourra voir des objets de la collection Forster, ramenés lors du 2ème voyage de Cook. Ci-contre le costume de deuilleur de cette collection; impressionnant par son ampleur et la richesse des matériaux utilisés : tissu d'écorce, bois, coquillage, écaille de tortue, guangue de noix de coco, plumes... Les grands coquillages de nacre ornaient le masque et le pectoral; ils constituaient des présents que s'offraient les personnes de haut rang à Tahiti.

Plus parlant que quelques photos, je vous suggère de faire une visite virtuelle du musée, il suffit de cliquer sur les bornes et de promener le curseur ou de zoomer.

Photo 1 : de l'auteur.
Photos 2, 3, 4 et 5 © J.-Y. B.

BRUNEAF 2008

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La 18ème édition de BRUNEAF (Brussels Non European Art Fair) se tiendra du 4 au 8 juin 2008.
En attendant ce rendez-vous, le site de Bruneaf nous permet de visionner une présentation de l'exposition «Mestach, l'Africain» de juin 2007, une belle vidéo valorisant l'esthétique des objets.

Photo extraite du site de Bruneaf.

L'art des Batak

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L'exposition Au Nord de Sumatra : Les Batak, qui se tient au Musée du Quai Branly jusqu'au 11 mai, est certes assez réduite, mais présente de très beaux objets et nous permet de découvrir un pan de la culture Batak.
Ainsi, se trouvent associés sur ce pot, une belle céramique chinoise enserrée dans du rotin et le bois sculpté conférant au bouchon l'aspect d'une figure féminine. Cette petite effigie se tient à cheval sur un «singa», un animal mythique qui possède ici une tête de cheval à l'avant et une tête de buffle à l'arrière. Elle monte en amazone et tient, d'une main, son genou; de l'autre, elle remet sa boucle d'oreille. Son dos et ses cuisses sont ornés de motifs d'écailles. Ce type de pot devait contenir des substances magiques.
Karo_160Les objets les plus célèbres sont probablement ceux ayant appartenu à un datu (prêtre-magicien, chef religieux) : des boîtes, mais aussi des bâtons finement sculptés dont on connaît plusieurs exemplaires dans les musées occidentaux ou plus exactement le haut de ces cannes puisque celles-ci ont été bien souvent amputées par les collecteurs afin de ne conserver que la partie considérée comme esthétique.
Le petit catalogue de l'exposition, sous la direction de Pieter ter Keurs, est particulièrement bien réalisé et explique clairement les principaux traits de la culture Batak.

Photos : Musée du Quai Branly.

Cambridge University Museum

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Un bref séjour en Angleterre m'a permis de découvrir le Musée d'Archéologie et d'Anthropologie de Cambridge. Ce fut la découverte d'un trésor, émerveillement et curiosité qui allaient se renouveler le lendemain par la visite du Pitt Rivers Museum d'Oxford.

Cambridge2À l'origine, le musée, fondé en 1884, est un musée d'Archéologie mais il va s'enrichir rapidement de nombreuses pièces ethnographiques avec Anatole von Hugel, le premier directeur du musée qui apporta sa propre collection. Puis, ce fut l'expédition du Detroit de Torres en 1898, avec à sa tête, Alfred Haddon qui collecta
Cambridge3de nombreux objets de Papouasie-Nouvelle Guinée et rapporta maintes photographies.
Plus tard, quelques objets des voyages de Cook furent donnés au musée; puis les anthropologues tels Alfred Radcliffe Brown, Bernard Deacon et Gregory Bateson partirent en terrain et collectèrent pour le musée.
Cambridge4De nos jours encore, le musée est actif sur le plan de la collecte et sur le plan de la recherche avec des anthropologues sur le terrain.
L'importance historique du musée tient aussi qu'il fut avec le Pitt Rivers, «à la base» d'un enseignement de l'anthropologie en Grande-Bretagne en un début de XXème siècle encore empreint de visions évolutionniste et diffusionniste.
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Il semble qu'environ 2000 objets soient exposés mais sur une surface relativement réduite, conférant l'impression d'un important volume.
Les collections présentent une pluralité d'objets à l'image de la diversité de ceux qui les ont collectés : objets de curiosité, objets rapportés par les missionnaires, objets commerciaux,
Cambridge5touristiques, anthropologiques...
Beaucoup d'objets océaniens car c'est la grande période de présence britannique dans le Pacifique, mais aussi en provenance de Borneo, Malaisie, Inde, Ouganda, Afrique de l'Ouest, Amazonie, Mexique, Amérique du Nord et le grand Nord canadien... presque une autre visite !

Photos de l'auteur.

Ubangi

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Ubangi (Oubangui), c'est le nom d'une rivière dont une partie se situe sur la frontière entre le Nord de la République Démocratique du Congo et la République Centrafricaine. C'est aussi Oubangui-Chari, l'ancien nom de la Centrafrique colonisée par les Français à la fin du XIXème siècle.
Zande_bergActuellement, Ubangi est le titre de l'exposition qui se tient jusqu'au 31 mars à l'Afrika Museum de Berg-en-Dal.
N'ayant pu m'y rendre, j'ai dévoré l'extraordinaire catalogue, véritable somme sur ces objets fascinants réalisés par une multitude de peuples ubangiens habitant un territoire qui s'étend du Nord-est du Cameroun jusqu'au Sud-ouest du Soudan.
51_4yandaDes peuples issus de migrations multiples dès le XVIème siècle depuis le Soudan.
J'ai encore plus apprécié l'intervention, vendredi dernier, de Jan-Lodewijk Grootaers, au Musée du Quai Branly, présentant certains de ces objets, s'attardant notamment sur les objets Yanda chez les Zande (déjà évoqués sur le blog), insistant sur l'aspect extraordinairement stylisé de certains où le visage disparait complètement.
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Il soulignait également que ces régions du coeur de l'Afrique avaient toujours été des régions d'échanges. Pour exemple et pour clin d'oeil, ce chapeau blanc en bois, presque un feutre mou à l'occidental qui, dès les années 20 avait été intégré chez les Ngbaka lors des rites d'initiation !

Photo 1 : Détail d'une figurine du culte Kudu, Zande, Collection privée, Munich © Vincent Everarts in Ubangi. 2007. Dir. par J-L. Grootaers, Paris, Actes Sud.
Photo 2 : Afrika Museum, Berg-en-dal.
Photo 3 : Musée du Quai Branly.
Photo 4 : KMNA/MRAC Tervuren © J.-M. Vandyck in Ubangi. 2007. Dir. par J-L. Grootaers, Paris, Actes Sud.

Expositions au Musée du Quai Branly

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Deux nouvelles expositions vont se tenir au Musée du Quai Branly : du 19 février au 11 mai 2008.
L'une portera sur les Ivoires d'Afrique dont le commissaire est Ezio Bassani. Des objets seront présentés tel cet olifant de Sierra leone, probablement «commandé par un chef Sapi, sur le modèle de ceux que les Portugais faisaient réaliser par les ivoiriers africains. Cela expliquerait le style qui est proche des ivoires sapi-portugais et la structure des trompes africaines». (cf. notice du Pavillon des Sessions).

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L'autre exposition qui se tiendra simultanément, s'intitule Au Nord de Sumatra : Les Batak.
Le Musée du Quai Branly conserve et expose déjà plusieurs bijoux Batak provenant des collections Barbier-Mueller, tel ce collier d'argent doré travaillé au filigrane et destiné à être porté par les hommes lors de leurs fiançailles ou par les aînés lors de funérailles.
Batak_160Au Pavillon des Sessions, se trouve actuellement une très belle sculpture en bois datant du milieu du XVème siècle réalisée par le peuple Toba, l'un des six groupes formant le peuple Batak.
Peut-être s'agit-il d'une statue investie de fonction magique à usage défensif ?
Impressionnante (1,2m) par sa silhouette élancée, son corps fléchi en position d'humilité; elle reste une énigme et ouvre questions sur la culture, la religion Batak, peu connues, que cette exposition nous permettra vraisemblablement de mieux appréhender.

Photos : Musée du Quai Branly.

Arts tribaux himalayens

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Au Salon du Vieux Colombier de la Mairie du 6ème, 78, rue Bonaparte à Paris, se tient une très belle et malheureusement un peu trop confidentielle exposition, du 30 novembre au 31 décembre 2007 :

Masques & Arts tribaux himalayens

Himalaya_3François Pannier et la Galerie du Toit du Monde nous invitent à découvrir masques, statuaire mais aussi de nombreux objets associés au chamanisme népalais telles ces dagues rituelles en bois ornées de décors tantriques.
Une belle vidéo résume une précédente exposition de 2005 :
Énigmes des montagnes - Masques tribaux de l'Himalaya (Cliquer en bas de la page sur Voir la vidéo de présentation) et rend compte d'un aspect de l'exposition actuelle.
Himalayan_masks
«Les danses masquées au Népal continuent d'exister pour conserver une unité culturelle et permettre de rire des croyances et du mode de vie des autres. Les masques des communautés himalayennes du Nord - s'apparentant aux masques africains, indonésiens et américains, souvent archaïques - servent à la possession, à la pacification des démons. Les danses mettent en scène des monstres, souvent par paire. Dans les Middle Hills, les Rai sortent leurs masques à l'occasion des mariages, du festival de Tihar (5 jours du dieu de la mort). Les masques des Magar (patine noire) représentent clowns et démons. Les Thakali rendent hommage à leurs ancêtres en élaborant des masques de bois blanc pour les cérémonies de commémoration. Quant aux Terai du Sud de l'Himalaya, ils mettent en scène les thèmes mythiques traditionnaux (Mahabharata) et quelques histoires locales humoristiques.»
Résumé de «Tribal masks of the Himalayas» de E. Chazot (in Orientations 1993,vol.24 (9)).
Cf. l'article en anglais avec des illustrations.

Photos de l'auteur.

Voir les belles photographies de Sanza, d'objets de régions himalayennes, lors d'une exposition Voyage en Mongolie en 2003 et celles réalisées lors de cette exposition : ici, , encore ici et et une dernière série.

Walker Evans - 1935

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Dans le cadre de Photoquai du 30 octobre 2007 au 25 novembre 2007.
Fang_evans_180Les photographies de Walker Evans sont exposées au Pavillon des Sessions du Musée du Louvre en regard des masques et des statues.
Alfred Barr, alors directeur du Musée d'art moderne de New York en 1935 confia au jeune photographe la réalisation d'un portfolio sur l'importante exposition d'art africain : African Negro Art, première du genre aux Etats-Unis à se tenir dans un musée d'art.
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Photos de l'auteur au Pavillon des Sessions, vitrine concernant les eyema byeri

Festetics de Tolna

Festetics_160L'aristocrate et ses cannibales, tel est le titre, qui se veut accrocheur, d'une exposition consacrée au voyage en Océanie du comte Festetics de Tolna de 1893 à 1896.
Au Musée du Quai Branly du 23 octobre 2007 au 13 janvier 2008.
Il a bien raison d'être accrocheur, ce titre, car l'exposition est fascinante à l'image de la personnalité de Rodolphe Festetics. L'histoire commence peut-être à Paris, à l'Exposition universelle de 1889 qui alimente la curiosité du jeune comte hongrois, puis se poursuit par le mariage avec une jeune milliardaire américaine, Eila, avec laquelle il sillonnera les mers de sud jusqu'en 1899.
Vanuatu_160Octobre 1893, la goélette le Tolna lève l'ancre de San Francisco pour Hawaï. Rodolphe Festetics de Tolna «est venu pour voir»; il n'aura de cesse de photographier, d'essayer de comprendre les peuples qu'il rencontre et de collecter des objets.
L'exposition au Musée du Quai Branly, quant à elle, se déroule comme un jeu de pistes. Du reste un petit livret «Ton carnet de voyage» a été réalisé à l'attention des enfants. Cela n'en rend pas moins l'exposition «sérieuse» pour les grandes personnes qui n'auront pas de mal à imaginer cet immense périple et au-delà des anecdotes plus ou moins graves qui ponctuent le voyage, des bribes de ce que pouvaient être ces îles du Pacifique à la fin du XIXème siècle.
Salomon_160Passé les îles de la Société, les Festetics rencontrent Stevenson à Samoa, puis abordent les Fidji. Après une escale à Sydney, la goélette remonte l'arc mélanésien : le Vanuatu, les îles Salomon où Rodolphe Festetics prendra part à une chasse aux têtes, toujours «pour voir». Des journaux de l'époque relatent les exploits de Festetics de Tolna et iront jusqu'à le surnommer «le comte cannibale»... voilà de quoi faire les gros titres !
Amiraute_160L 'archipel Bismarck sera le lieu de collecte de nombreux objets. Le Tolna arrive à Singapour au printemps 1899 mais Eila décide de rentrer en France et demande aussitôt le divorce. Rodolphe, quant à lui, poursuit sa route pour Aden afin de regagner l'Europe, mais le bateau s'échoue sur un récif de corail au nord des Maldives. Après bien des mésaventures, Festetics de Tolna rejoint Budapest, ses 56 caisses d'objets sauvées du naufrage l'attendent. Il fait don de plus d'un millier d'objets et de centaines de photos au Musée de Budapest. Qu'advient-il alors du reste de sa collection ?
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Sur fond de première guerre mondiale, les biens du comte sont saisis, le docteur Chauvet rachète la collection sous «caisses fermées» semble-t-il, sans inventaire; Festetics vit alors à Antibes...
Les objets seront dispersés, vendus, échangés. Festetics, lui, est expulsé vers les Etats-Unis dès 1914.
C'est donc dans ce contexte tumultueux qu'on portera peut-être plus d'attention encore aux objets exposés parmi les photographies, les livres et les coupures de presse.

Photos 1, 2 et 5 : Tirées du catalogue de l'exposition : Antoni J. & Boulay R., 2007, L'Aristocrate et ses Cannibales - Paris, Ed. Actes Sud. Photographies de Festetics de Tolna © Musée d'ethnographie de Budapest
Photo 1 : Rodolphe Festetics de Tolna.
Photo 2 : Tambour de guerre et de rassemblement, île d'Ambrym, Vanuatu.
Photo 3 : Guerriers de Rubiana (îles Salomon) © Musée du Quai Branly.
Photo 4 : Homme des îles de l'Amirauté © Musée du Quai Branly.
Photo 5 : Objets des îles de l'Amirauté.

Femme-cuiller

DanCuillers-sculptures, formes surprenantes dans les oeuvres africaines associant, notamment dans l'Afrique occidentale, la représentation féminine à ce simple ustensile. Le cuilleron devient alors le ventre enceint. Prétexte pour moi d'évoquer à nouveau Giacometti dont une superbe exposition : L'atelier d'Alberto Giacometti, vient de débuter... jusqu'au 11 février 2008 au Centre Pompidou.
Cuillerg_2Cette approche, ces «clins d'oeil» primitivistes, volontairement restreints dans le cadre de ce blog et évidemment réducteurs de l'oeuvre de Giacometti qui me touche particulièrement, laissent place libre à la lecture d'articles ici, et de billets plus fournis et pertinents, ou plus polémiques comme ici quant à la muséographie, ou à l'écoute d'une explication de Véronique Wiesinger.
Je vous invite à les lire et surtout, si vous le pouvez, à vous rendre au Centre Pompidou.
Je reviendrai bien sûr, en d'autres temps, sur les cuillers-sculptures africaines qui avaient fait l'objet d'une exposition au Musée Dapper en 1991.

Photo 1 : Cuiller Dan (Côte d'Ivoire) - Musée Dapper © Hugues Dubois.
Photo 2 : Femme-cuillère, 1927, Alberto Giacometti © Coll. Fondation Alberto et Annette Giacometti, Paris.

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