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Lega - Bibliographie

Tervuren_lega1
Biebuyck D. P., La sculpture des Lega - Catalogue d’exposition, Galerie Hélène et Philippe Leloup, Paris-New York, 1994.
Biebuyck, D. P., Ethics and Beauty Lega in the Heart of Africa - KBC Banking & Insurance, Snoeck-Ducaju & Zoon, Bruxelles, 2002.
(la bibliographie de Biebuyck sur les Lega est importante et ne se limite pas à ces 2 livres!)
Cameron E., Art of the Lega - Los Angeles, UCLA Fowler Museum of Cultural History, 2001.
Georges E. A., Les Lega et leur art : sur les traces d'un rêveur égaré au Congoland - Musée royal de l'Afrique centrale - Tervuren, 2005.
(Mon coup de coeur découvert récemment, un livre-album inclassable)
.

n.b : Toutes les bibliographies données ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : © The Royal Museum for Central Africa (Tervuren) - Photo de l'auteur.

Petits masques Lega

Tervuren_lukwakongoDernier billet sur les Lega.
Les petits masques en bois ou Lukwagengo sont normalement pourvus d'une longue barbe de fibres en l'absence de laquelle ils sont considérés comme incomplets. Ils ne mesurent qu'une quinzaine de centimètres, ils ne sont donc pas portés directement sur le visage. Accrochés sur l'épaule, ce sont des symboles, des insignes. Ils appartiennent aux initiés de l'avant dernier grade du Bwami.
Lukungu_part_1Les Lukungu, masques en ivoire ou en os, sont encore plus petits. Pendant les rites du Kindi, ils sont enduits d'huile afin de leur donner une belle patine. Ils sont la propriété personnelle de membres du Kindi. L'usage qu'on en fait est assez inhabituel puisqu'ils sont exposés en rang, ou sur des barrières, encadrant un grand type de masque : un masque Idimu.
Tervuren_idimuVoici donc un masque Idimu en ivoire, un des plus grands (22cm) et représentant l'esthétique Lega avec ses formes harmonieuses et sa belle patine rouge-brun.
Il constitue le symbole d'unité et de cohésion.
Cet exemplaire fut précisément offert à Daniel P. Biebuyck à son départ.


Photos 1 et 3 : ©The Royal Museum for Central Africa (Tervuren) - Roger Asselberghs
Photo 2 : Hugues Dubois in Ethics and Beauty LEGA in the Heart of Africa - Daniel P. Biebuyck

Kalukili : Cuillers Lega

Rousseau_spoonDu petit traité des cuillers... C'est sérieux car il y aurait tant à dire sur ces véritables sculptures de l' Afrique de l'Ouest, généralement signe de statut social élevé. Le manche toujours très finement sculpté dans le bois découvre un corps de femme.
(Une très belle exposition s'est tenue au Musée Dapper... il y a 15 ans... on en reparlera).
Ici, c'est une petite bonne-femme, taillée dans l'ivoire, qui est bien campée sur ses pieds.
Tervuren_spoon1Chez les Lega, le travail se fait dans l'ivoire ou dans l'os. Bien que stylisées, les cuillers sont étonnantes par leur "expressivité" et leurs usages.
Portées, caressées par les initiés du grade du Kindi, ces cuillers étaient aussi utilisées lors de l'opération de circoncision.
L'une étant placée dans la bouche du futur circoncis.
Il semblerait qu'elle pouvait servir lors d'ordalie; l'épreuve consistant à administrer du poison dans la cuiller placée dans la bouche de l'accusé. (Mais selon D. P. Biebuyck, toute forme d'ordalie aurait été interdite chez les Lega; il ne se serait agi que de reconstitution).
Tervuren_spoon0_1Elles servaient aussi à nourrir symboliquement des danseurs lors du rite nkunda.
Elles évoquaient continuité et pérennité. Objet rituel, la cuiller se transmettait alors d'un défunt du Kindi à son successeur.
Le bol oval et peu profond de la cuiller sert d'assise à la représentation anthropomorphique; souvent elle constituera la tête et beaucoup plus rarement sera double comme cette dernière dont je ne connais l'usage.
Photos 2 et 3 : ©The Royal Museum for Central Africa (Tervuren)
Photos 1,2 et 3 : Hugues Dubois in Ethics and Beauty LEGA in the Heart of Africa - Daniel P. Biebuyck

Celui-qui-surpasse

Tervuren_wabalenga_1

Ecoutez les murmures de mon enseignement.
Je suis Wabalenga, placé au centre des Maginga.
Ma base formée de quatre lignages est ma force.
Je scrute l'étincelle du Monde
Afin de vous apporter la beauté de l'antilope Bongo,
La sagesse des Chers Petits Vieux qui ploient sous le savoir de l'initiation,
L'harmonie dans vos coeurs pour assurer la solidité de nos huttes.

(Nb : Libre interprétation)

Photo : ©The Royal Museum for Central Africa (Tervuren) - Roger Asselberghs

Maginga chez les Lega

Tervuren_mutu

Mutu Nyabidilwa
«Madame Calao qui aime être surprise par la nuit. Chaque fois qu'elle sort, elle doit être rappelée»
Cette femme mariée a quitté le village de son époux et ne revient pas rapidement.
Contraste avec la conduite que devait tenir une épouse d'un initié du Kindi !

Terv_kakulukampito
Kakulu ka Mpito
«Monsieur Petit Vieux au couvre-chef de singe Mpito, épuisé au petit matin»
Celui-ci a trop bu dans la soirée et a manqué de sagesse en acceptant une invitation inconvenante...

Tervuren_figurine1
«Madame à plusieurs visages»
Comme pour les «Monsieur nombreuses têtes qui a vu un éléphant de l'autre côté du grand fleuve»: l'initié de grade supérieur voit tout et possède savoir et perspicacité.

n.b : Les aphorismes liés aux Maginga sont complexes dans leur traduction. Tout en suivant les écrits de Daniel P. Biebuyck, il se peut qu'il y ait des divergences ou nuances que je n'ai pas perçues (Appel aux spécialistes..).
Photos 1 et 3 : ©The Royal Museum for Central Africa (Tervuren) - Roger Asselberghs
Photo 2 : Hugues Dubois

Les objets du Bwami : les MASENGO

Elisofon_mwamiChaque initié (un mwami) possèdait un panier contenant des objets.
De quelle nature ?
Et bien, un peu de tout et cela dépendait du grade auquel ce mwami appartenait. Il y avait des éléments végétaux, animaux, minéraux (feuilles, fibres, champignons, os, crânes, coquilles, griffes, cauris, quartz...) mais aussi des objets tels des petits masques (le plus souvent portés sur l'épaule comme insigne), des figurines, des cuillères, des mortiers, des sifflets... et des couvre-chefs comme nous l'avons vu, généralement portées.
Kalimbangoma_partDans les grades les plus élevés, les figurines tenaient une place importante.
Les petites figurines anthropomorphes (semblables à celle représentée ci-contre) ou zoomorphes, en os ou en ivoire, les kalimbangoma, avaient un rôle protecteur.
D'autres figurines en ivoire, les katimbitimbi, de petites dimensions (5-6 cm) et de forme phallique étaient portées à la ceinture Phallic_fig_partpar les femmes du plus haut grade.
(Photo ci-contre)
Mais ce sont surtout les grandes statuettes anthropomorphes (30 à 40 cm) en bois ou un peu plus petites en ivoire,
les maginga, liées au grade supérieur du Kindi, qui vont retenir notre attention.
(cf. Le personnage Katanda de la note sur les Lega).
Elles correspondaient chacune à un aphorisme, illustrant un proverbe, un évènement précis.
Toute avait un nom particulier. Les initiés devaient les disposer selon un configuration particulière et les interpréter, dégager leur signification morale.
Photos 2 et 3 : Hugues Dubois

Le BWAMI chez les Lega

Tervuren_skullcapLe Bwami était une association jouant un rôle économique, politique et social mais, contrairement à de nombreuses sociétés d'Afrique de l'Ouest, sans fonction religieuse.
C'était ainsi un marqueur culturel fort car le Bwami s'était très tôt imposé comme système politique centralisé dans une région où les groupes étaient dispersés et en nombre restreint.
J'en parle à l'imparfait car si cette association a permis aux Lega de résister d'une certaine manière à la colonisation, le Bwami fut interdit en 1950.
Je ne sais pas ce qu'il en est de nos jours.
Afriqu_artdesformes2_1L'association, ouverte aux hommes et aux femmes, était très structurée.
Il ne s'agissait aucunement d'une société secrète; ses membres étaient fiers d'en arborer les insignes. Par contre des rites de passage marquaient les étapes à franchir et ces cérémonies demeuraient secrètes. Seules certaines scènes théâtralisées étaient publiques, permettant de diffuser des préceptes auprès des villageois car l'apprentissage au sein du Bwami devait conduire chacun de ses membres vers une perfection morale.
Tervuren_headdress1Pour être plus précis, le Bwami comportait 4 grades et chaque grade des niveaux. Les niveaux étaient différents pour les hommes et les femmes mais une épouse devait avancer dans les grades au fur et à mesure que son mari avançait. Ce qui peut sembler sympathique à nos yeux (mais là ma vision est certainement faussée), c'est qu'au grade suprême (le Kindi), le mari ne pouvait progresser que si sa femme atteignait elle aussi le dernier grade (Kanyamwa pour les femmes). Émulation dans le couple ?... il faut probablement raisonner famille élargie ou clan plutôt que relation à deux.
Diademe_felixEn effet, si l'obtention d'un grade se gagnait par l'exécution de danses, la récitation de proverbes, la manipulation d'objets; il fallait que l'initié apportât aussi nourriture, argent et cadeaux. En ce sens, la famille entière était garante de l'individu car c'est elle qui allait permettre cet apport de richesse. Chaque initié avait aussi un tuteur garant des qualités morales de son filleul. On comprend qu'au-delà du simple enseignement d'une philosophie morale, le Bwami oeuvrait à la construction d'une société dont le but était l'harmonie des relations humaines.
Tervuren_muzomboloNe voulant reproduire les rares photos de D. P Biebuiyck sur les Bami (membres du Bwami), j'ai choisi d'illustrer cette note par différentes coiffes mentionnant évidemment l'appartenance à un grade défini. Le diadème à boutons rouges et blancs et la dernière coiffe ornée de plumes et de cauris sont des coiffes féminines et appartiennent au grade suprême.
Deux parures totalement différentes et que je trouve intéressantes à titre d'exemples pour méditer sur notre perception des objets.
L'art des Lega ?
Tout est contenu (ou presque) dans le panier ou la besace des initiés...
Photos : ©The Royal Museum for Central Africa (Tervuren) - Hugues Dubois in Ethics and Beauty LEGA in the Heart of Africa - Daniel P. Biebuyck

Les Lega

Tervuren_lukwakongo2Poursuivant notre voyage en République Démocratique du Congo, quittant les Pende à la frontière de l'Angola pour s'enfoncer vers l'Est, vers la frontière Rwanda/Burundi; entre les lacs Kivu et Tanganyka; nous rencontrons la région que peuplent les Lega.
La carte vous permet de les situer.
Rappelez-vous notre parcours depuis mi-avril : Les Luba au Sud-Est et leurs belles porteuses de coupe, les Songye, plus à l'Ouest, avec leurs effrayantes effigies, les Tshokwe et leurs statues de chef; et leurs voisins, les Pende et leurs masques...
Sur le terrain, les Européens ne se sont aventurés pour la première fois dans cette région qu'après 1850.
En 1870, Livingston mentionne pour la première fois l'existence de ce peuple qu'il décrit comme «unfriendly»... Ayant affirmé qu'il était ici afin d'acheter de l'ivoire, il se serait vu répondre qu'il était ici pour mourir ! Premiers échanges, somme toute, assez froids !
1874 : Verney Lovett Cameron explore cette région qu'il décrit comme hostile. (Voyage de Zanzibar à Benguéla).
En fait, la région est alors «malmenée» par les commerçants arabes pratiquant la traite et intéressés par l'ivoire qui colportent volontiers l'image associant Lega et cannibales.
Lega1_biebuyck Il faudra attendre l'explorateur Ernesto Cordella au début du XXème siècle pour qualifier cette population de pacifique, puis les rapports du Commandant Delhaise en 1909 sur les Warega (nom donné très longtemps aux Lega) pour pouvoir disposer de premières données.
Tervuren_katandaLe grand spécialiste qui a commencé à travailler sur les Lega et leur art dès 1951 est Daniel P. Biebuyck dont je m'inspirerai pour les notes à venir (cf. Ethics and beauty Lega in the heart of Africa).
Quelque 100000 Lega peuplent une région forestière et vivent de chasse (buffles, cochons sauvages, singes, éléphants, antilopes...), de pêche, de la cueillette de fruits (les Lega sont réputés pour leur connaissance des plantes), de récoltes (curieusement pour nous, de termites, de larves...) et d'agriculture (arachide, haricots, bananes..).
Leur économie demeure vivrière.
La société Lega était (est?) réglée par la puissante association du BWAMI et c'est dans le cadre de cette institution que les objets Lega que nous connaissons ont été fabriqués.
Photos Tervuren : ©The Royal Museum for Central Africa (Tervuren) - Roger Asselberghs

A voir une collection d'un amateur éclairé.

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