Les terres cuites de l'Adamawa

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Étonnantes ces poteries anthropomorphes... la bouche ouverte, elles présentent des «visages» comme eux aussi étonnés de découvrir le monde des hommes. Elles étaient là, conservées à Rugange, un petit village de pêcheurs dans cet état du Nord du Nigeria qu'est l'Adawama, pour servir le culte des ancêtres. Lors de la cérémonie Dube, elles recevaient des sacrifices pour des pêches fructueuses et plus tard dans l'année, de la bière. Le chef priait alors pour la bonne santé de la communauté.
Adamawa_2Un article paru en 1973 (in African Arts, VI (4)) : «The death of a cult in Northern Nigeria», T.J.H Chappel explique que celles-ci étaient censées représenter un chef défunt. Difficile de le comprendre, de percevoir ces explications au travers de ces formes expressives, voire joyeuses et cocasses comme semble l'être cette figurine.
Adamawa_3La mort d'un culte ! En 1965, le chef se convertit à l'Islam, peut-être d'autres facteurs, d'autres raisons aussi, firent que le culte aux ancêtres puisse être d'un seul coup balayé par la jeune génération, que les poteries puissent être détruites... que s'est-il réellement passé à Rugange à l'automne 1965 ?
Une belle et surprenante exposition à découvrir à la Galerie L'Accrosonge. Jusqu'au 4 janvier 2008 au 17, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, Paris 4ème .

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Photos : Courtesy Galerie L'Accrosonge

Les figures Oron

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Au sud-est du Nigeria, l'état de la Cross River est peuplé par les Oron, les Efik et les Ejagham. Les Oron étaient, entre autres, réputés pour leurs sculptures : les figures Ekpu réalisées à l'occasion du décès d'un notable. Ces statues portent toutes une barbe (souvent tressée mais ici manquante au niveau d'un long bouc), parfois une coiffe et tiennent dans leurs mains un objet caractéristique du chef décédé.
Ces effigies d'ancêtres étaient alignées dans des sanctuaires et honorées deux fois par an. Ces figures cessèrent toutefois d'être sculptées dès
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le début du XXème siècle.
D'après l'ouvrage Nigerian Primitivism (catalogue 2007, textes de P. D. Claes et F. Neyt), il y eut un musée à Oron, inauguré en 1959, qui compta jusqu'à 600 statues réunies grâce à Kenneth Murray.
La guerre civile, les pillages... on ne dénombra plus qu'une centaine de statues au Nigeria.
Le musée existe toujours à Oron; il a été rouvert en 1977... «un certain nombre» d'effigies d'ancêtres s'y trouvent, parait-il.

Photo 1 : Collection privée © Igor Delmas.
Photo 2 : Musée du Quai Branly.

Arts du Nigeria - Bibliographie

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Plusieurs bibliographies ont déjà été données sur le Blog :
Nok, Igbo-Ukwu, Ifé, Owo
Yoruba
Benin

En ce qui concerne les peuples du Nord et de l'Est: les rives de la Benue, les hautes terres, la frontière avec le Cameroun :
Un ouvrage de base déjà cité :
Arts du Nigeria - Catalogue d'exposition - MAAO, Ed.RMN, Paris 1997.
associé aux explications du "Mazenod".

Sinon, peu de d'ouvrages trouvés :

Neyt F., 1985, Les Arts de la Benue aux racines des traditions, Lagos, Ed. Hawaiians agronomics.
Neyt F., 2006, Mumuye, Catalogue d'exposition, Galerie Flak, Paris.
Rubin A., 1979, The arts of the Jukun-speaking peoples of Northern Nigeria, Ann Arbor, University of Michigan. (pour approfondissement)
Sieber Roy, Vevers Tony, 1974, Interaction : the art styles of the Benue River Valley and East Nigeria , Purdue University.
Drewal H., J., 1977, Traditional art of the Nigerian peoples : the Milton D.Ratner family collection, Washington, D.C : Museum of African art.
Nigerian Primitivism, 2007, catalogue d'exposition, Galerie D. Claes.
Sur internet, on pourra consulter l'article de Roy Sieber et Barry Hecht
Eastern Nigerian art from the Toby and Barry Hecht collection in African Arts, printemps 2002.

Et pour poursuivre (plus tard sur le blog) avec l'étude des arts Ibibio, Ibo, Ogoni, Igbo, Eket...

Jones G., 1984, The art of Eastern Nigeria, Cambridge University Press.
Neyt F., 1979, L'art Eket, Paris, Coll. Azar, Abeille International.
Cole Herbert M., Aniakor Chike C., 1984, Igbo arts: community and cosmos, catalogue d'exposition, University of California, Los Angeles.
Masques "éléphant" Igbo, Nigeria, catalogue d'exposition, 1980, Galerie Hélène Kamer : texte, F. Neyt.
Traditional Igbo art 1966 : an exhibition of wood sculpture carved in 1965-66 from the Frank Starkweather collection, University of Michigan Museum of Art, Ann Arbor.
Guide to the Nigerian Museum, Lagos, 1968.

n.b : Toutes les bibliographies données ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : Masque Igala. Anc. Collection Barbier-Mueller © J.G. Berizzi.

Les Mambila

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À la frontière du Nigeria et du Cameroun, dans la vallée de la Donga, vit le peuple Mambila. Il s'agit d'une population d'agriculteurs et d'éleveurs en «difficile» cohabitation avec la population plus nombreuse des Fulani, éleveurs nomades.
De nombreuses oeuvres ont été réalisées dans le cadre du Suaga, système de mascarades et de serments accompagnés de sacrifices.
Parmi elles, on trouve ces masques zoomorphes, variés, polychromes et réellement très expressifs.
Mambila_branly_figDes statuettes tadep de ce type ont été réalisées par les Mambila ou leurs voisins. On pensait qu'il s'agissait de figures d'ancêtres mais il semble, maintenant, qu'elles devaient être plutôt utilisées à des fins thérapeutiques. Un morceau de tissu a été retrouvé, inséré dans une cavité creusée dans le dos de la statuette. Ce dernier pouvait servir à la médecine mais également, grâce à des pratiques de magie, permettre de deviner le coupable d'un méfait en insérant une étoffe d'un de ses vêtements et en provoquant sa maladie s'il était bien le vrai coupable !
Potery_mambilaLes Mambila ont également réalisé des oeuvres en terre cuite sur lesquelles on ne sait pratiquement rien. Les récipients figuratifs de ce type étaient peut-être utilisés lors de rites.
Quoiqu'il en soit, ces trois exemples, laissent présager d'une production artistique variée et expressive, assez bien connue dans les collections occidentales, probablement de par les groupes Mambila du Cameroun.

Photos 1 et 2 : Musée du Quai Branly.
Photo 3 : Afrika Museum, Berg-en-Dal.

Arts Chamba

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Les Chamba, quant à eux, sont installés plus au sud de la Benue et dans la région de Bamenda au Cameroun. Les objets les plus célèbres sont certainement ce type de masque-heaume, possible représentation de la tête d'un buffle, qui intervient à de nombreuses occasions (cérémonies associées au deuil, rites de passage...).
Chamba_fig2_160Les figurines Chamba sont rares et leur utilisation mal connue. Parfois, par couples, elles auraient été fichées en terre afin de servir de protection dans les champs cultivés (cf. les wundul chez les Wurkun).
Chamba_fig1_160D'autres, bien campées sur leurs pieds, dégagent une impression de puissance par leur port altier.

On y retrouve des éléments stylistiques déjà rencontrés dans ces régions : une crête orne la tête, l'hernie ombilicale est saillante... mais ici, des mains apparaissent, surdimensionnées !
Une sculpture similaire existe dans la Fritz Koenig Collection; on lui attribuerait une fonction apotropaïque.

Photo 1 : Musée du Quai Branly.
Photo 2 et 3 : Collections privées © Richard Pearson.

Masques Mama

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Les Mama, du centre du plateau de Jos, sculptent eux-aussi des masques dont les plus célèbres sont des cimiers buffles stylisés.
Néanmoins, on ne peut manquer de remarquer ce masque d'épaules (Collections du Musée du Quai Branly) et noter sa correspondance avec le masque d'épaules Wurkun (très probablement dans les collections du Musée Dapper).
Mama_cimier_branly_160Les «fameux» cimiers buffles ou antilopes appartenaient aux mascarades Mangam qui se déroulaient afin d'obtenir d'abondantes récoltes.
Autre correspondance,
à faire cette fois-ci avec une oeuvre appartenant à un tout autre registre, puisqu'il s'agit d'art moderne occidental : Moonhead du sculpteur Henry Moore.

Photos : Musée du Quai Branly.

Arts Wurkun

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Les Wurkun désigneraient un ensemble de peuples vivant dans les montagnes de la région de la haute Benue, ne constituant pas une seule et unique ethnie (le masque ci-dessus est répertorié Waja).
Leurs masques d'épaules ont une forme très particulière : la tête sphérique, arborant une crête, surmonte un long cou et deux panneaux de bois viennent enserrer le corps du danseur. Ces derniers sont recouverts de fibres et de raphia.
Wurkun_fig_160Les statuettes, souvent par paires, présentent un tronc cylindrique avec une hernie ombilicale saillante. La sculpture de la tête met en évidence une coiffure en crête et amplifie le pavillon de l'oreille. Ces wundul sont percées à leur base afin de pouvoir être fichées en terre : elles auraient peut-être joué une fonction protectrice des récoltes.
Il est intéressant de mettre en rapport ces wundul avec la statuaire Mumuye, Chamba, Montol telle qu'elle est présentée ci-dessous, tant au niveau de la forme particulière de la tête et de sa coiffure qu'au niveau du corps avec l'hernie ombilicale saillante, les bras écartés le long du corps de manière symétrique.
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Photo 1 : in Ouverture sur l'art africain, catalogue d'exposition, Musée Dapper, 1986 © Gérald Berjonneau.
Photo 2 : Musée du Quai Branly.
Photo 3 : in Mumuye, catalogue d'exposition, Galerie Flak 2006 © Christophe Lebedinsky.

La statuaire Jukun

Jukun_branly_160Les Jukun occupent les deux rives de la Benue (cf. carte). Ils constituaient jadis un royaume important dans cette région nord-est du Nigeria.
Il s'est agi longtemps d'une royauté de droit divin; le roi étant aussi le grand prêtre.
Les Jukun sculptaient des figures majestueuses représentant leurs ancêtres. Celles-ci étaient sollicitées afin d'entrer en contact avec les défunts lors de funérailles mais aussi des fêtes de récoltes ou des cérémonies pour l'obtention de la pluie.
Jukun_prive_160Il semble que les arts des deux sous-groupes Jukun soient différents dans leur statuaire et que le groupe du Sud ait également adopté toute une série de mascarades.
Certaines figures voire certains masques d'épaules sont proches des sculptures Wurkun (peuples voisins) adoptant une forme colonne, des lobes d'oreilles souvent marqués, une coiffure parfois développée, rappelant d'une certaine façon, la statuaire Mumuye.

Photo 1 : Musée du Quai Branly.
Photo 2 : Collection privée © Richard Pearson.

A l'Est du Nigeria

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De nombreux billets ont déjà été publiés dans Détours des Mondes concernant les arts du Nigeria: sur l'archéologie (Nok, Igbo-Ukwu, Ifé, Owo), sur le royaume de Benin, sur les arts Yoruba.
Jukun_menilPourtant, ils omettent encore (et entre autres), les arts des Igbo, des Idoma, des Tiv (des billets restant à écrire...).
Ils omettent aussi des peuples beaucoup moins connus et que le marché de l'art occidental semble découvrir (ou promouvoir) depuis quelques années.
C'est tout au moins le constat que j'ai pu faire lors de mes visites dans les galeries de Parcours des Mondes.
(N'oublions pas que la partie Sud-est du Nigeria fut une région durement affectée de 1967 à 1970 par la guerre du Biafra; c'est une des causes probables de redécouvertes ou réapparitions relativement récentes de certaines oeuvres).
Koro_coupe_branly_160J'avais évoqué l'année dernière très brièvement les arts des Mumuye, puis cette année les masques Igala, mais j'ignorais la statuaire Chamba, les sculptures Jukun, les représentations d'ancêtre Oron, les coupes Koro, les masques Mama et Eket...
Il existe bien une mosaïque de peuples de la Cross River, de la basse vallée de la Benue et de son bassin supérieur, des hautes terres; et cette multiplicité se retrouve dans une extraordinaire diversité de formes; des objets de cultes, de mascarades, ou simplement de la culture matérielle.

Carte : Réalisée à partir d'une carte tirée de Arts du Nigeria - Catalogue d'exposition - MAAO, Ed.RMN, Paris 1997.
Photo 1 : Sculpture Jukun, The Menil Collection, Houston in Africa, The Art of a Continent.
Photo 2 : Coupe Koro © Musée du Quai Branly.

Primitivisme nigerian

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Parcours des Mondes sera l'occasion pour Patric Didier Claes de présenter des oeuvres du Nigeria issue d'une ancienne collection belge.
Ainsi, en est-il de ce masque Igala.
Les peuples de langue Igala vivent dans une région située sur la rive gauche du fleuve Niger au sud de son confluent avec la Benue.
Les mascarades les plus réputées étaient les mascarades royales lors desquelles se produisaient neuf masques différents. Il semble que ces masques étaient le plus souvent des masques-heaumes.
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Ce sera aussi pour nous, collectionneur ou simple curieux, d'avoir la chance, je l'espère, de rencontrer François Neyt. Ce dernier, avec Andrée Désirant, avait consacré un ouvrage en 1985 :
Les Arts de la Benue aux racines des traditions (Lagos, Ed. Hawaiians agronomics).
À l'occasion de cette exposition, il a collaboré à la réalisation du catalogue.
François Neyt est moine bénédictin au Monastère Saint André de Clerlande. Il est Docteur en Philosophie et Lettres et Professeur à l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve, où il dispense (ait?) des cours d'Histoire des Arts de l'Afrique.

Je profite de ce billet pour lui rendre très simplement hommage, pour tout son travail réalisé sur les arts de plusieurs peuples, notamment en République Démocratique du Congo; pour sa modestie et sa gentillesse.

Photos : Courtesy Claes Gallery

On pourrait, (peut-être comme préambule ?), consulter les pages 193 à 246 in Arts du Nigeria - Catalogue d'exposition - MAAO, Ed.RMN, Paris 1997.

Benin - Bibliographie

Plaque_british_1

Arts du Nigeria - Catalogue d'exposition - MAAO, Ed.RMN, Paris 1997.
Trésors de l'ancien Nigeria - Catalogue d'exposition - Grand Palais, Association Française d'Action Artistique, Paris 1984.
Benin, cinq siècles d'art royal - Catalogue d'exposition - Sous la direction de Barbara Plankensteiner, Coéd. Musée du Quai Branly – Museum für Völkerkunde, Vienne, Paris, 2007.

Ben-Amos P., L'Art du Benin- Paris, Rive Gauche, Poductions, 1979.
Duchâteau A., Benin, trésor royal, Collection du Museum für Völkerkunde Vienne - Paris, Ed. Dapper, 1990.
Ezra Kate, Royal art of Benin, The Perls Collection in the Metropolitan Museum of Art - The Press of the Metropolitan Museum of Art, New York, 1992
Preston-Blier Suzanne, L’art royal africain - Collection Tout l’art, Flammarion, Paris, 1998

n.b : Toutes les bibliographies données ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : The British Museum.

Les plaques du palais de l'Oba

Plaque1_cologneDernier billet sur Benin... et par conséquent sur les fameuses plaques !
En 1897, les soldats britanniques retrouvèrent près de 1000 plaques de laiton déposées dans l'une des maisons, dans l'enceinte du palais. Elles n'étaient plus en place depuis le début du XVIIIème siècle, peut-être enlevées à la suite de l'ouragan destructeur de 1702.
Plaque_mus_vienneAuparavant, selon Olfert Dapper, elles ornaient les piliers de bois des grandes salles du palais.
On pense que la fabrication de ces plaques date du début du XVIème siècle et se serait arrêtée au milieu du XVIIème.
Cependant, il semblerait que des plaques aient été réalisées postérieurement. On peut ainsi comparer ces deux premiers musiciens, presque identiques dans leur attitude. Toutefois, le second, plus récent, est daté du XVIIIème siècle; sur le fond de la plaque une importante surface décorative, formée de fins motifs végétaux, se déploie.
Lagos_arbreLes plaques évoquent des cérémonies de la cour, des Européens, des dignitaires, des animaux, le léopard, les silures et ausi l'Oba entre deux de ses sujets qui le soutiennent.
Peu de plaques évoquent des évènements historiques.
Sur celle-ci, deux jeunes garçons dansent sur des cordes Plaque_berlinattachées dans un arbre surmonté de grands oiseaux.
Il s'agirait d'une danse exécutée lors d'une fête rituelle en l'honneur d'Ogun, Dieu de la guerre.
On pourrait multiplier les exemples, étudier les motifs, retrouver des histoires ou des mythes...
Pour en savoir un peu plus, quelques ressources supplémentaires sur la page.

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Disposition des plaques au British Museum (photo 2002)

Photo 1 : Rautenstrauch-Joest Museum für Völkerkunde, Cologne © Rheinische Bildarchiv.
Photo 2 : Museum für Völkerkunde, Vienne.
Photo 3 : Lagos, National Museum © Werner Forman Archive.
Photo 4 : Ethnologisches Museum, Berlin.
Photo 5 : Page BBCnews.

Les figures de bronze de Benin

Messager_vienneSur les autels d'ancêtres, étaient également placés des bâtons sculptés, des figurines, des cloches, des représentations zoomorphes.
Sur ce messager, on remarquera les scarifications en moustache de chat; déjà présentes sur des terres cuites d'Ifé. Croix_vienneA. Duchâteau dans Benin, Trésor royal, mentionne l'interprétation de Schweeger-Hefel selon laquelle ce pourrait être «des signes de sociétés secrètes du Bénin, dont les membres croyaient pouvoir s'identifier à des animaux de proie...»
On remarquera encore la richesse du costume, le port d'une croix.
Est-elle la marque
Jupe_viennede relations nouées avec des missionnaires chrétiens ou un simple insigne ?
Sur l'habit, on remarquera encore des têtes d'Européens, de profil, aux longs cheveux, que l'on retrouve toujours présents sur de nombreuses oeuvres de Benin (plaques, défenses)...
Là encore,
Nain_viennequelle signification ?
Ces représentations dénotent-elles l'importance des échanges commerciaux et donc
du prestige et de la richesse que l'Oba ?
Et puis il y a les représentations des nains de cour.
Parfois attribuées à des sculpteurs d'Ifé, très anciennes (XIVe-XVe siècle), ces statuettes dont le réalisme est frappant devaient également prendre place sur les autels. Les nains étaient probablement des jongleurs et des acrobates à la cour de l'Oba.
Coq_vienneIl y avait encore de superbes représentations zoomorphes tels ces coqs, réalisés à partir du XVIIIème siècle et servant à orner les autels de la reine mère. Le travail de ciselure est remarquable, l'orifice entre ses pattes servait à recevoir les offrandes.
Le coq représentait alors un esprit protecteur.
Leopard_britishEnfin, dans le bestiaire de Benin, on ne peut faire l'impasse sur ces superbes léopards que l'on peut distinguer sur la photo de 1897, auprès de statuettes de messagers et des défenses d'éléphant. C'est l'animal qui, comme l'Oba, possède un «droit» de vie et de mort sur les autres et que l'on Leopard_british_ivorygratifie de pouvoirs surnaturels.
On trouve encore des léopards en ivoire incrustés de cuivre, de verre, portant des colliers de corail autour des hanches. L'Oba n'était-il pas surnommé «le léopard de la maison»?

nb. Ce qu'on appelle improprement figures de bronze du Benin, ce sont généralement des figures de laiton.

Photos 1, 2, 3, 4, 5 : Museum für Völkerkunde, Vienne.
Photos 6, 7 : The British Museum.

Autel royal, Benin

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Suite du billet sur les têtes commémoratives...
Elles servaient de support à des défenses sculptées et étaient conservées sur les autels royaux dans l'enceinte du palais.
Defense_epsteinEn 1897, on en dénombrait une quinzaine à Benin car chaque Oba faisait établir un autel à la mémoire de son père lors de son intronisation.
Trois servaient encore à l'époque pour le culte aux ancêtres royaux.
Les scènes qui ornaient ces défenses étaient ordonnées en registres. Celles-ci représentaient des moments de l'histoire du royaume, des portraits d'ancien Oba, de reine-mère telle Idia célèbre pour avoir aidé son fils Esigie grâce à ses pouvoirs magiques; mais aussi des léopards affrontés, des allusions à Olokun, divinité de la mer...

Photo 1 : © Eliot Elisofon, 1970, Photographic Archives, National Museum of African Art, Smithsonian Institution, Washington.
Photo 2 : Anc. Collection Jacob Epstein © photo RMN, J. G. Berizzi.

Histoire de têtes

Tete_louvreLes premières têtes en «bronze» du Benin dateraient du XIVème ou début XVème siècle. Elles représenteraient des rois vaincus puisque la tradition rapporte qu'on décapitait alors les chefs ennemis et qu'on offrait leur tête à l'Oba. Peut-être en est-il ainsi de cette tête conservée au Pavillon des Sessions du Louvre.
Reine_mere_15_lagosElle ne porte pas de couronne mais le cou est orné d'un collier qui représente des perles de verre et le front orné de quatre scarifications à l'emplacement des sourcils et deux autres, plus grandes, au-dessus du nez. Elles sont interprétées comme identifiant l'étranger, mais on retrouve ce type de scarifications sur les têtes de Reine mère de l'époque, telle celle représentée ci-contre.
(On notera la coiffure conique caractéristique des têtes de Reine mère appelée «en bec de poulet»).
On parle pour ces têtes de «premier style» et de «têtes-trophées» concernant une période se terminant à la fin du XVème siècle.
Tete_vienne_16Les têtes datant du XVIème au XVIIIème siècle sont des têtes commémoratives. Elles figurent l'Oba, représenté avec une collerette de perles de corail, un bonnet de colliers de perles. On notera la présence de 3 scarifications au-dessus des sourcils. Elles ont alors un caractère sacré et, puisqu'elles sont creuses, devenant le réceptacle pour une défense d'éléphant, elles pourraient symboliser l'axe par lequel la puissance des ancêtres se communique à l'Oba.
Tete_vienne17_18Puis, au XVIIIème siècle, du point de vue du style, une base proéminente apparaît où sont gravés maints symboles de l'autorité ou de la puisssance surnaturelle de l'Oba: léopards, silures, grenouilles...
Le XVIIIème, puis le XIXème siècles voient le cou s'allonger, les têtes devenir de plus en plus engoncées dans de larges colliers de perles.
Tete_mueller_19Ce fut sous le règne de l'Oba Osemwede (1816-1848) que furent introduites des «ailettes», projections sur le visage de serpents stylisés.
Précision ô combien utile pour la datation.
Ces seuls quatre exemples nous ont permis un exercice de style simple : constater combien se sont épaissies ces têtes au fil des siècles; s'attacher au cou, au bonnet mais aussi au regard.

Photo 1 : Musée du Quai Branly.
Photo 2 : National Museum, Lagos.
Photos 3 et 4 : Museum für Volkerkunde, Vienne.
Photo 5 : Anc. collection Barbier-Mueller © photo RMN, J. G. Berizzi.

Le royaume de Benin

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Au XIIIème -XIVème siècle, le royaume de Benin comprenait la capitale et des centaines de villages essentiellement peuplés par les Edo.
Cette période marque le tournant entre les dynasties des Ogiso et la dynastie des Oranmiyan.
Cavalier_detroitLa légende veut qu'Oranmiyan, fils du roi d'Ifé, Oduduwa, épousa une princesse de Benin et devint le nouvel Oba, mais peut-être fut-ce plutôt les Uzama (les conseils de chefs), faiseurs et défaiseurs de rois, qui firent venir Oranmiyan ? Etait-il à l'image de ce chef, chevauchant vers Benin,Portugais_vienne que l'on retrouve sur cette première figure équestre du XVIème siècle ?
Puis, les XVème-XVIème siècles virent la période des rois guerriers.
Parmi eux, Ozolua fut probablement le premier Oba à établir le contact avec les Portugais. À sa suite, Esigie au début du XVIème siècle, était passé maître du commerce d'esclaves, d'ivoire et de poivre contre des armes à feu et du laiton.
Ci-dessus l'image d'un Portugais tenant des manilles de laiton, alors monnaie d'échange.
Idia_british_1C'est dans ce royaume florissant et dans le cadre d'un art de cour au service de l'oba que les premières oeuvres connues du Benin furent créées.
Ainsi, ce superbe masque en ivoire du XVIème siècle (peut-être un masque de ceinture) représentant Idia, la mère d'Esigie, dont le large front est surmonté de petites effigies de Portugais comme un symbole d'alliance entre Benin et les Européens.
Ce fut pour elle, qu'Esigie créa le titre de Reine-mère, Iyoba, la protégeant ainsi du sort qui attendait toute mère d'Oba, la mort.
Ce funeste destin était en effet un moyen d'éviter un possible complot pour faire régner un frère de l'Oba en place.

Photo 1 : Staatliche Museum zu Berlin, Museum für Volkerkünde, © Heini Schneebeli.
Photo 2 : The Detroit Institute of Arts, Detroit 1992.
Photo 3 : Museum für Volkerkünde, Vienne.
Photo 4 : The British Museum.

Benin, capitale des Edo

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300 ans séparent cette gravure d'Olfert Dapper et la photographie anglaise. La première nous montre en premier plan une procession où l'Oba est entouré de musiciens, de léopards apprivoisés, de sa garde; dans le lointain, la ville de Benin s'étale, opulente, avec son palais, ses grandes tourelles couronnées de motif d'ibis.
La photographie, elle, date de 1897; les défenses d'ivoire, les statues de bronze «paradent» au pied des militaires anglais qui posent au coeur d'une ville devenue fantôme.
L'expédition punitive britannique venait de détruire Benin.
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Gravure Olfert Dapper, 1686 © Archives Musée Dapper.
Photo : © Archives The British Museum.

Yoruba - Bibliographie

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Arts du Nigeria - Catalogue d'exposition - MAAO, Ed.RMN, Paris 1997.
The Yoruba artist - Edited by Rowland Abiodun, Henry J. Drewal and John Pemberton III, Smithsonian Institution Press, Washington 1994.
Yoruba : art and aesthetics / Rowland Abiodun, Henry John Drewal, John III Pemberton - Catalogue d'exposition - Museum Rietberg, Zürich, 1991
Olowe of Ise : a Yoruba sculptor of kings - Catalogue d'exposition - Washington : Smithsonian Institution, 1998.

Chemeche G., Ibeji - The cult of Yoruba Twins- Ed. 5 Continents, Milan, 2003.
Rivallain J., Iroko F., A., Yoruba : masques et rituels africains - Ed. Hazan, Paris, 2000.

Bourgoin P., Regard sur les styles locaux dans la collection d'art Yoruba de l'Afrika Museum de Berg-en-Dal in Art Tribal 05, Printemps/été 2004.

n.b : Toutes les bibliographies données ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : Coll. Carol & Jerome Kenney, New York, in Chemeche G., Ibeji - The cult of Yoruba Twins

La Société OGBONI

Edan_barbierLa société Ogboni (ou Osugbo chez les Ijebu) est une des plus importantes associations de langue Yoruba au Nigeria. Elle réunit des hommes et femmes d'un certain âge qui traitent des cas judiciaires. Elle contrôle en outre le choix, l'intronisation et les funérailles du roi. Cette société apparaît ainsi comme un contre pouvoir.
Edan_branly_160Les initiés portent un EDAN, représentant une figure masculine et une figure féminine en laiton réunies par une chaîne et montées sur des petits piques de fer. Malgré la présence de la paire, l'Edan ne représente qu'une personne et son double de sexe opposé. L'attache souligne d'autre part le lien fort d'«enfants de la même mère» qui unit les membres d'une même loge.
Suspendu autour du cou, l'Edan devient insigne aux yeux de tous.
Onile_branly_160Cependant, les rituels Ogboni demeurent très secrets.
L'ONILE, c'est le «propriétaire de la maison», il est figuré par une statuette de même inspiration que l'edan, mais réalisée pour des cas importants tels la création d'une loge Ogboni.
Ces statuettes de «bronze» sont représentées dans des attitudes solennelles,
Ogboni_berg
souvent agenouillées, traduisant la solennité même des cérémonies Ogboni.
On remarquera encore, comme dans le travail du métal à Ijebu, l'attention particulière accordée aux yeux en amande, proéminents; probablement révélateurs de la puissance de vision et de la sagesse !

Photo 1 : Anc. Collection Barbier Mueller © photo RMN, J.G. Berizi.
Photo 2 et 3 : Musée du Quai Branly.
Photo 4 : Afrika Museum, Berg-en-Dal.

Le royaume d'Ijebu

Ijebu_part_ortizAu XVIème siècle, le vaste royaume d'Ijebu (carte) fut un foyer important du travail du métal. Probablement de par la position côtière de ce territoire, les Yoruba d'Ijebu furent les premiers à être mentionnés dans les récits des voyageurs européens comme peuple de langue Yoruba (Duarte Pacheco Pereira, 1504).
Bracelet_180Le roi d'Ijebu porte le nom d'Awujale. Le mythe veut que le premier Awujale fut un fils d'Oduduwa; on imaginerait donc aisément une relation entre Ifé et Ijebu.
Bracelet1_bergHistoriquement, on sait que ce furent Bénin et Ijebu qui entretinrent d'étroits rapports (Bénin aurait même contrôlé le nord d'Ijebu au XVIème siècle) et que ces deux royaumes importaient d'importantes quantités de laiton grâce aux contacts commerciaux avec les Portugais au XVème et XVIème siècle. Ijebu_rietberg
Divers objets témoignent de ce travail du métal et de liens artistiques caractérisant des oeuvres de Bénin et Ijebu.
L'un des objets les plus anciens est la tête aux yeux globuleux de la première photo, probablement vouée à être placée sur l'autel des ancêtres.
Plus récents, ces fins bracelet et cette cloche aux yeux également saillants qui annonce le style des pièces consacrées aux sociétés Ogboni (ou Osugbo).

Photo 1 : Collection Particulière Archives G. Ortiz.
Photo 2 : Collection particulière, photo in Arts d'Afrique (Ed. Dapper).
Photo 3 : Afrika Museum, Berg-en-Dal.
Photo 4 : Collection W. et U. Horstmann.

Les masques EGUNGUN

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Chez les Yoruba, les masques des sociétés d’Egun sont constitués d'un ensemble de panneaux de tissus bigarrés et richement ornés. Au niveau du visage, une sorte de boîte maintient le textile et un filet permet au danseur de voir.
Brighton_hove_museumLes mascarades Egungun insistent sur la présence ancestrale.
Par leur danse lente et majesteuse pendant laquelle tous les panneaux du costume s'écartent et volent, ils invitent les ancêtres à être présents parmi les humains. De nos jours, ces rituels des revenants perdurent et s'ils sont des spectacles, ils gardent leur caractère religieux.
Egungun_olodeParfois, le danseur porte un cimier sculpté comme c'est le cas sur cette photo. La chevelure de ce masque est caractéristique, formée d'une grosse natte sur le côté gauche. Ce masque est toujours accompagné de petites calebasses contenant des substances magiques qui ornent la tresse ou comme ici des petits crânes de singe suspendus autour du cou.
(Il s'agirait du masque du chasseur Egungun Olode).

Photo 1 : © Marilyn Houlberg.
Photo 2 : Brighton&Hove Museum.
Photo 3 : Site du département Anthropologie de l'Université de Manitoba © 1997 by Egba-Egbado Descendants Association.

Cérémonies de nuit GELEDE

Apasa_gelede_branlyLes cérémonies de nuit confèrent au grand masque Efé (dans la région de Ketu au Bénin actuel) ou Apasa (Ouest du Nigéria), le rôle principal.
Le «serviteur des mères» est ainsi voué en quelque sorte aux forces magiques de la nuit. Il est précédé par de nombreux masques qui représentent les principaux orisa et du vol d'un oiseau, symbole-émissaire des mères.
Apsa_efe_bergUn grand masque blanc apparaît, c'est Iyanla, la «grande mère», l'épouse d'Obatala qu'il convient d'honorer. Le grand masque est porté comme cimier, il entame sa danse et ses chants ou prières au nom des mères.
De nos jours, ces fêtes existent sous des formes différentes selon les régions.
Le patrimoine oral Gelede fait, lui aussi partie des «chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité» sélectionnés par l'UNESCO.
Gelede_berg2Dans la richesse des masques intervenant lors des cérémonies de nuit, se trouve probablement celui-ci... et probablement pour servir les nombreuses critiques de la société qui sont formulées cette nuit là, les anecdotes, les proverbes... La notice parle d'une femme possédée par Esu... Qu'importe l'interprétation, ce masque est simplement superbe et l'on aimerait en contempler la danse.
Un livre incontournable sur le sujet est celui de J. Rivallain et Felix A. Iroko : Yoruba : Masques et rituels africains - Ed. Hazan, Paris, 2000.

Photo 1 : Musée du Quai Branly.
Photos 2 et 3 : Afrika Museum, Berg en Dal.

Les masques GELEDE

Gelede_britChez les Yoruba, les masques Gelede sont bâtis sur un même principe : un visage (du type masque-heaume) et une scène qui se développe sur le haut du masque.
Ceux-ci sont utilisés dans le cadre de mascarades dédiées aux femmes dans leur dimension maternelle.
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En fait, il semble que pour les Yoruba du Nigeria, le pouvoir des femmes apparaisse comme ambivalent : certaines pourraient être des sorcières !
L'ASE, qui est l'énergie vitale contenue en chaque être, pourrait devenir exceptionnelle chez certaines femmes et serait capable de menacer l'harmonie sociale. Seul le pouvoir collectif des ancêtres serait à même de maîtriser celles que les Yoruba Gelede_mqbappellent «nos mères».
Les mascarades Gelede ont donc pour but de restaurer cette harmonie sociale en «amadouant» la partie féminine de la société.
Elles sont précédées de grandes cérémonies de nuit, les Efe, au cours desquelles la parole est libre et qui sont, de nos jours, des fêtes où se jouent comédies et satires.

Photo 1 : The British Museum.
Photo 2 : Afrika Museum, Berg-en-Dal.
Photo 3 : Musée du Quai Branly.

Ibeji

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Dans le temps, la naissance de jumeaux en pays Yoruba était mal acceptée. Ces derniers pouvaient même être mis à mort car considérés comme non humains.
Yagba_berg_en_dalDans le pays d'Oyo notamment, ils sont assimilés aux fils de Sango.
La naissance de jumeaux apparaît maintenant dans de nombreuses régions comme un bienfait, apportant bonheur et richesse aux parents.
Des statuettes sont confectionnées afin d'entretenir une relation avec Sango. Elles tiennent place dans des autels Ekiti_ross_nydomestiques.
Elles sont rituellement lavées. Des pigments tels l'indigo sont souvent utilisés au niveau de la chevelure, de l'ocre rouge au niveau du corps. Objets de nombreuses attentions, les Ibeji sont «nourris», oints d'huile, habillés, parés de colliers de cauris.

Photo 1 : Collection Mottas, Lausanne.
Photo 2 : Afrika Museum, Berg-en-Dal.
Photo 3 : Collection Ross, New York.

À consulter le très beau livre de Georges Chemeche, Ibeji, 5 Continents Editions, Milan, 2003 dont sont issues les photos.
Une typologie selon les régions y est dressée.

Les oiseaux d'Osanyin

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Osanyin est la divinité des herbes médicinales. Les fers surmontés d'oiseaux sont liés à son culte et plantés à la porte du devin.
Pourquoi des oiseaux ? Plusieurs interprétations : Liés à des «étincelles de vie», ils représenteraient des têtes d'Osanyin (généralement au nombre de 16) mais ils peuvent aussi se référer aux pouvoirs des femmes appelées «nos mères» mais craintes comme des sorcières. Celles-ci, dans leur côté malfaisant, utiliseraient des oiseaux.
Il serait dans les pouvoirs de l'herboriste de les combattre grâce à sa connaissance des plantes.
De manière générale, le symbole de l'oiseau est lié aux prédictions et à la lutte entre le bien et le mal.
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Photo 1 : Afrika Museum, Berg-en-Dal.
Photo 2 : Musée du Quai Branly.

Babalawo et séance de divination Ifa

cf.Divination Ifa

Divination Ifa

YorubababalawoC'est le devin, le Babalawo,
«le père qui a le secret» qui consulte.
Il se sert d'un plateau orné de petites scènes, sur le bandeau duquel figure toujours une représentation d'Esu.
Le babalawo frappe le plateau d'un maillet ou se sert d'une clochette; puis il utilise 16 noix de palme qu'il manipule dans ses mains.
Plateau_ifa_mqbSelon la position des noix dans sa main gauche, il inscrit des signes dans la poudre placée sur le plateau. Il interprète alors les signes grâce à un important corpus littéraire : les odu.
(Source: Bastin M.-L. Introduction aux Arts de l’Afrique Noire, Arnouville, Ed. Arts de l’Afrique Noire, 1984).
Coupe_divinationCi-contre, une coupe de divination Ifa, un prince à cheval entouré de sa cour fait office de cariatide. La coupelle sur le dessus permet de recevoir les noix de palme.
Le système de divination Ifa fait partie des «chefs-d'oeuvre» sélectionnés par l'UNESCO au titre de patrimoine oral et immatériel de l'humanité

Photo 2 : Musée du Quai Branly.
Photo 3 : Collection privée © Heini Schneebeli.

Cosmogonie Yoruba

Sango_femme_enfQuelques repères sur l'univers Yoruba (tant bien même ne constituent-ils qu'une vision forcément réductrice) nous seront utiles pour comprendre des éléments d'iconographie.
Le cosmos est composé du ciel (Orun ou Ile Orun) où règne Olorun (ou Oludumare) le dieu suprême, inaccessible mais source d'énergie vitale, et du monde visible (Aye ou Ile Aye) où règnent les vivants.
C'est dans le ciel que nous trouvons les centaines d'orisa qui constituent le panthéon Yoruba. Ces orisa sont des ancêtres déifiés, comme Sango qui appartient à la catégorie des dieux «durs» ou «ardents/emportés».
Parmi ces orisa figurent Obatala, le père des orisa, Oduduwa, le premier roi d'Ifé et Oranyan le premier roi d'Oyo. Les orisa les plus connus sont Oya, l'épouse de Sango; Ogun, «dieu dur», patron des forgerons et des guerriers; Orisa Oko, divinité agricole, associée à la fertilité et Sopono, en haut de la hiérarchie des dieux «chauds» ou «sereins/modérés». On trouve encore Osanyin, la divinité liée aux herbes médicinales.
Esu1_bergendalIfa se situe à part et constitue une divinité majeure car elle sait le passé, le présent et l'avenir.
Esu (ou Eshu) en est le messager; il est l'espiègle, le malin, l'astucieux.
Les objets qui lui sont attachés sont surprenants avec plusieurs personnages d'où pendent des cauris, des pièces de monnaie...
Esu_mqb_1 Personnage ambigu, il se présente sous des figures féminines et masculines, sous un jour bon ou mauvais; il est là pour provoquer les hommes et permettre le questionnement afin de trouver la vérité.
La divination Ifa est encore très présente au sein des communautés Yoruba d'Afrique mais aussi dans les croyances afro-américaines (Lukumi, Candomblé...).

Photo 1 : Figure d'autel dédié à Sango, Ian Auld Collection © Heini Schneebeli.
Photo 2 : Ornement de danse (porté à l'occasion de fêtes pour Esu) © Afrika Museum, Berg en Dal.
Photo 3 : Statuette liée à Esu © Musée du Quai Branly.

Les initiés de Sango

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Dans l'autel dédié à Sango, figurent différents emblèmes dont les plus connus sont les Ose Sango, ces bâtons de danse où une double hache surmonte une représentation féminine.
Initie2_sangoÀ l'occasion de cérémonies, l'ose Sango est tenu par l'initié, levé dans un mouvement rapide au-dessus de la tête et rabaissé vers la terre tout aussi rapidement comme un éclair. Pendant la transe, on considère que Sango transmet au fidèle le pouvoir de la foudre.
Aux temps des royaumes d'Oyo, les prêtres ou prêtresses possédés par Sango (les Elegun) pouvaient s'adresser directement aux rois vassaux car ils étaient investis du pouvoir du roi d'Oyo lui-même. Il était donc intéressant pour l'Alaafin de mandater des Elegun de son temple personnel à travers tout le royaume...
Du bon usage des croyances et de la politique !
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Photos : Musée du Quai Branly © Pierre Verger.

Sango : Celui qui foudroie

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Dès le XVIème siècle, une partie Nord-ouest du pays Yoruba était occupée par un royaume dont l'apogée se situa de la fin XVIIe à la fin du XVIIIe siècle : Oyo était alors devenu un vaste empire.
Sango_ose1Le mythe fondateur attribue à Oranyan, le dernier fils d'Oduduwa, la création d'Oyo.
Celui-ci fut le premier Alaafin (titre que l'on donne aux rois d'Oyo) et ce fut un roi-guerrier.
Dès lors, la réputation d'Oyo se fit à l'aune de la grandeur des coups d'éclat de ses maîtres.
Le plus célèbre d'entre eux fut Sango (ou Shango), le plus jeune fils d'Orayan. Grand conquérant, il installa une nouvelle capitale, Oyole.
Sango_ose2Magicien, il avait appris à maîtriser la foudre. Mais c'était un personnage violent et coléreux; un jour, son pouvoir lui échappa et le feu détruisit son palais, sa famille. Il s'enfuit alors et se pendit. Jamais on ne retrouva son corps, Sango avait été transformé en orisa: il était maintenant devenu le dieu du tonnerre.
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À ce titre, il est craint mais également vénéré puisque ses manifestations apportent la pluie bienfaisante pour les cultures.
Le symbole qui lui est associé est la pierre de foudre stylisée par une double hache. C'est elle que l'on retrouve sur les bâtons de danse "Ose Sango" (ou Oshe Shango) qu'illustrent les photos : la présence de l'orisa jaillit de la tête de ses fidèles...

Photos 1 et 2 : Afrika Museum, Berg en Dal.
Photo 3 : Musée Dapper, © Hugues Dubois.

Nok, Igbo-Ukwu, Ifé, Owo - Bibliographie

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Arts du Nigéria - Catalogue d'exposition - MAAO, Ed.RMN, Paris 1997.
Vallées du Niger - Catalogue d'exposition - MAAO, Ed. RMN, Paris 1993.
Trésors de l'ancien Nigéria - Catalogue d'exposition - Grand Palais, Association Française d'Action Artistique, Paris 1984.
Fagg, B., Nok Terracottas - Ed. Ethnographica, London, 1990 (1°Ed. 1977, Lagos and London).
Willett F., Ifé, une civilisation africaine - jardin des Arts /Taillandier, 1971.

n.b : Toutes les bibliographies données ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : Ornement cylindrique de hampe - IXème, Xème siècle - Bronze d'Igbo Isaiah, Igbo-Ukwu. National Museum, Lagos.

Terres cuites d'Owo

Owo1Pour terminer ce rapide panorama des terres cuites du Nigéria (Nok, Ifé) : Des oeuvres du XVème siècle provenant d'Owo, une ville-état Yoruba située à mi chemin entre Ifé et Bénin.
Ici, c'est un simple buste d'une femme dotée d'une étrange collerette de perles. Mais l'art d'Owo est multiple et dévoile des sujets macabres tels un panier de Owo2têtes coupées dont on n'a pas trouvé d'équivalent dans les autres cultures.
Ici, ce sont des bras richement parés jusqu'aux mains délicates qui tiennent un animal probablement voué à une offrande.
Tete_owoPas si éloignées de l'art d'Ifé, les têtes d'Owo. De longues stries courent le long du visage mais pourtant ces têtes ne sont jamais couronnées.
Souvent c'est le calme et la sérénité qui les définissent.
Ici, rien de statique; seul, un regard intense peut-être tourné vers le ciel.
Quelle tension révèle ce visage ?

Photos : National Museum, Lagos.

Couronne royale Yoruba

Couronneyoruba
Voici portée par un roi Yoruba, la couronne ornée de franges perlées que j'évoquais au sujet des scarifications reproduites sur les terres cuites d'Ifé.
Ade_zurichCes couronnes en tissu et perles appelées «ade» sont un régal de