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Expertise

  • Alain Lecomte
    Membre de l'Organisation Internationale des Experts - ORDINEX

CC

L'art ancestral des îles Marquises

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Une exposition du 21 juin au 28 septembre 2008, au Musée des Beaux-Arts de Chartres.

Le musée possède un fond d'objets océaniens rassemblées par le gouverneur Louis-Joseph Bouge qui occupa plusieurs postes de 1899 à 1936 dans les possessions françaises du Pacifique.
Il collecta très tôt des objets en Nouvelle-Calédonie, aux Nouvelles-Hébrides, à Wallis et Futuna puis à Tahiti.
La série des objets marquisiens constitue un point fort de la collection. Elle comporte de nombreux objets de parure en os, écaille, coquillage et cheveux, des pièces lithiques comme les poissons magiques d'IVa Oa.
Ci-dessus, un ornement d'oreille féminin, putaiana, en os et coquillage.

Photo : Musée des Beaux-Arts de Chartres.

Figure du Sepik

Faitage_sepik160L’on me faisait remarquer à propos de Chefs-d’œuvre de la Collection Barbier-Mueller que j’avais écrit un peu vite «pas de surprises» au sujet de cette exposition, bien que mon propos était évidemment loin d'être blasé... Cette remarque était pertinente. Elle m’a forcé à regarder de nouveau ce personnage, plus lentement, relisant le mythe attaché à sa réalisation.

Faitagedos_png160Regarder les formes données par les coups d'herminette particulièrement visibles dans le dos, remarquer les matériaux, les coquillages, les plumes de casoar... Etre sensible à cette figure accroupie, en équilibre, que l'on devait apercevoir, haut perchée, au sommet de la maison cérémonielle du village. Remémorer ce mythe qui raconte que Bilishoi, ayant tué des hommes construisant précisément une maison cérémonielle, se réfugia à son faîte et essaya de se protéger des flèches avec ses coudes. Il fut tué et son effigie, ainsi réalisée, évoque cet homme ayant transgressé les règles sociales.
Vous aviez ainsi raison dans votre sensibilité portée sur ce personnage... les choses que l’on croit connaître, on ne les voit plus ou on ne les regarde, hélas, plus vraiment ; alors qu'il y a un monde à contempler. 

Photos : Studio Ferrazzini Bouchet.

Polynésie Arts et divinités 1760-1860

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Il s'agit là d'une superbe exposition qui se tiendra du 17 juin au 14 septembre 2008 au Musée du Quai Branly.
J'ose m'avancer sur l'adjectif « superbe » pour avoir connaissance du catalogue. L'exposition a en effet été présentée au Sainsbury Centre for Visual Arts, puis, de manière plus réduite, comme ce sera le cas ici, au British Museum, sous le titre Pacific Encounters.
Des objets anciens, récoltés souvent par des congrégations missionnaires, des colons, des négociants... lors de cette période de « contact », dispersés maintenant dans le monde, seront réunis dans cette exposition.
Ainsi en est-il de cette coupe d'Hawaï, probablement une coupe de kava, don de Sir Joseph Banks en 1780, possèdant alors la collection du Capitaine Charles Clerke. Ce dernier participa aux trois expéditions de Cook. Cette coupe lui fut offerte par un chef de Kaua'i en 1778. Il prit le commandement du Discovery à la mort de Cook en février 1779 et décéda à son tour à l'été 1779. Tete_hawaibm260
L'art de la Polynésie ne cesse également d'étonner par la richesse et la multiplicité des matériaux utilisés, plumes, ivoire, néphrite, perles... dents de chiens comme sur cette dernière effigie d'Hawaï; peut-être une matérialisation du divin, portée lors de processions.

Photos : The British Museum (courtesy of the Trustees of The British Museum) in Pacific Encounters, Steven Hooper, 2006 @ Sainsbury Centre for Visual Arts

Femmes, déesses, mères...

Maam_midjaw Le site du Musée du Quai Branly regorge d'une multitude d'informations et de propositions, parfois surprenantes.

Ainsi, nous invite-t-il à un parcours à la carte (en ligne) sur le thème Féminité, fertilité, en présentant des oeuvres de plusieurs continents. Kwayep160Vaste sujet !
On y trouve, pêle-mêle, cette peinture sur écorce de Midjau-Midjawu où un esprit Maam s'attaque à une femme enceinte (une figuration aux « rayons X » toujours aussi surprenante), mais aussi la maternité Bamiléké collectée par Henri Labouret ; rare oeuvre africaine dont on connaît le nom de l'artiste : le sculpteur Kwayep. 
Elle fut réalisée
Crochet160en hommage à l'épouse de N'Jiké lors de la naissance de son premier fils. Ou encore ce crochet du Moyen Sepik, représentant un personnage féminin qui paradoxalement ornait la Maison des hommes. Probablement une ancêtre primordiale d'un clan, de haut rang. 
La liste des 21 oeuvres choisies pour illustrer le thème semble se décliner à la Prévert mais permet toutefois d'intéressantes découvertes. 
(Le parcours sur les masques réserve moins de surprises).

Photos : Musée du Quai Branly.

La mort du Capitaine Cook

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La mort du Capitaine Cook en février 1779 est devenue rapidement un épisode légendaire, mettant à mal le mythe du «bon sauvage» qui était alors véhiculé dans l'Europe des Lumières.
Les faits sont connus. Cook débarque à Hawaï en janvier 1779, accueilli comme un «dieu». Il repart en février, mais une avarie oblige le Resolution et le Discovery à revenir. L'accueil n'est plus le même, des tensions surgissent.
Cook sera assassiné le 14 février.
Lono160Les interprétations, quant à elles, ont fait couler beaucoup d'encre... Retenons celle de M. Salhins.
Lorsque Cook débarque, les Pléïades sont bien visibles dans le ciel : c'est l'époque où Lono, le dieu de la fertilité «revient» sur terre. Les prêtres portent une effigie de Lono en procession autour de l'île, comme le représente ce dessin. Les rites du Makahiki se déroulent.
Le roi se met en retrait car il est une «représentation» de Ku, la divinité de la guerre; c'est le temps de Lono et les conflits territoriaux doivent cesser.
La vue des mats et des voiles blanches des navires retentit comme un écho visuel de la manifestation de Lono. Cook n'est pas considéré comme un dieu mais comme une «instanciation» de la divinité.
Ku_bmAussi, lorsqu'il part, le temps de Lono est terminé. Le dieu est mort d'une certaine façon, laissant la place aux lignées des hommes; c'est le sens des sacrifices rendus à Lono lors du Makahiki.
Mais lorsque Cook revient, les tensions croissent. Aussi lorsqu'il réclame la présence du roi pour une chaloupe volée, il met en danger le pouvoir de ce roi puisqu'il manifeste clairement l'opposition Lono-Ku.
Et cela est incompréhensible, impossible dans le monde des hommes.
La mort de Cook résulterait de cette logique.

À lire en ligne, l'article passionnant, interrogeant cette interprétation :
ZIMMERMANN Francis, 1998, « Sahlins, Obeyesekere et la mort du capitaine Cook », L'Homme, 146.

Sources :
SAHLINS Marshall, 1989, Des îles dans l'histoire. Paris : EHESS/Gallimard/Le Seuil (éd. originale : Islands of History, The University of Chicago Press, 1985).

La Mort de Cook, le 14 février 1779, Johann Zoffany, huile sur toile vers 1795, National Maritime Museum, Londres.
Dessin extrait du site Starbulletin.com
Photo 3 : Effigie en plumes, collectée lors du 3ème voyage de Cook, © The British Museum.

Wolfgang Paalen

Sepik_160Le «pedigree» des oeuvres «extra-européennes» possède une valeur intéressante et que je n'avais pas soupçonnée dans un premier temps :
il permet de vous interroger sur l'identité du propriétaire lorsque celle-ci ne vous est guère familière.
Ainsi (et ce que les Surréalistes n'auraient pu imaginer) en est-il de la rencontre fortuite de cette figure de Papouasie-Nouvelle Guinée, originaire de la région du Bas Sépik et du nom de son premier propriétaire que je découvre dans le catalogue dédié aux nouvelles salles océaniennes du Metropolitan Museum: Wolfgang Paalen.
Cette représentation d'être ancestral frappe par le long nez allongé qui se termine en tête de crocodile ou de serpent mais qui avait commencé oiseau, cet aspect anthropo-zoomorphe où l'on ne sait plus où est la frontière entre l'homme et l'animal. Par sa polychromie, elle devenait beauté saisissante, tournoyante, lorsqu'elle était portée sur un bâton, agitée lors des danses pour les cérémonies d'initiation.
Paalen_160Quant à Wolfgang Paalen, j'apprends qu'il fut un peintre autrichien, né au début du XXème siècle. Porté dans un premier temps vers les mouvements d'abstraction, il proposa une technique picturale, le fumage.
Il rejoignit les milieux surréalistes après ses expositions à Paris. Enfin, il se réfugia au Mexique en 1939, créant en 1941 la revue Dyn.
Le choix de Key Lords of the Prismatic Situations, de 1947, ici, n'est pas évidemment pas représentatif de l'ensemble de ses oeuvres fort diverses.
Il me semble simplement un écho lointain, une vague et gratuite réminiscence de la figure du Sépik.

Photo 1 : The Metropolitan Museum of Art Eric Kjellgren.
Photo 2 : University of Kentucky Art Museum.

Des représentations du divin

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Idols. Worshipped by the inhabitants of the South Sea Islands est le titre de cette planche de 1829 décrivant des images divines rapportées des îles de la Société, des îles Cook et des îles Australes.

Bm_aa_160Au British Museum, nous retrouvons l'imposante figure centrale, représentation possible de 'Aa, la principale divinité de Rurutu des îles Australes.
Une trentaine de petits personnages couvrent son corps et son visage à l'emplacement même des yeux, du nez, de la bouche, des oreilles.
On a proposé qu'il pourrait s'agir de Tangaroa, le père des dieux et les figures-divinités sembleraient naître de lui.
En réalité, la sculpture est peut être un reliquaire, un grand pan de bois se retire à l'arrière et découvre une importante cavité.
Tete_aa_160On aurait pu y conserver le crâne d'un personnage important de la société. Mais on aurait pu aussi y insérer d'autres petites figures, chacune à elle seule étant une image de la divinité.
Les questions et interprétations ne manquent pas; rejoignant les réflexions plus générales sur les icônes et leur représentation, sur le rapport entre émotion religieuse et émotion esthétique, sur la partie et le tout.

Photo 1 : Gravure in Ellis, W. Polynesian researches, during a residence of nearly six years in the South Sea Islands, London : Fisher, Son, & Jackson, 1829. (Traduction récente : A la recherche de la Polynésie d'autrefois, Paris : Musée de l'homme, 1972 de "Polynesian researches during a residence of nearly eight years in the Society and Sandwich Islands", A new ed,. London : H.G. Bohn, 1853).
Photos 2 et 3 : The British Museum, © J.-Y. B.

Les dieux bâtons des îles Cook

Staff_god_160La conversion au catholicisme des habitants des îles Cook par les missionnaires, et en particulier dans l'île principale du Sud, Rarotonga, fut rapide et brutale. Ils récoltèrent des figures représentant le divin; des sculptures pouvant atteindre 6 mètres de haut, les brûlèrent ou découpèrent uniquement la partie supérieure de ces «dieux-bâtons» qu'ils expédièrent en Angleterre pour preuve de leur zèle.
Ainsi, dans les collections est-il rare de pouvoir contempler un exemplaire intégralement conservé tel celui-ci, collecté par la London Missionary Society.
En regardant ces objets, une problématique identique à celle posée par les to'o à Tahiti surgit : Quelle est la partie sacrée ? La partie supérieure en bois sculptée en forme de tête aplatie avec, en-dessous, une rangée de figures vues de face et profil ? Les grands morceaux de tapa ? Les plumes présentes à l'intérieur de l'enveloppe avec des pièces de nacre ?
Il semble que là aussi, des cérémonies au cours desquelles des prières étaient psalmodiées et l'âme de bois emmaillotée, conféraient la part de sacré à ces objets. Ils devenaient dès lors une matérialisation du divin.

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Photo 1 : The British Museum © in Anthony JP Meyer, Art Océanien, 1995, Könemann.
Photo 2 : The Museum of the London Missionary Society. Illustrated London News, 25 June 1859 (courtesy LMS/Council for World Mission, London) in JPS 116.

Le Pa’iatua ou l’enveloppement des dieux

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Pour faire suite aux interrogations du précédent billet sur les to'o à Tahiti.
L’analyse radiographique qu’ A. L. Kaeppler a réalisée récemment sur cinq to’o qu’elle découvre vides d’âme en bois, voire même de quelconque ossement, la conduit à conclure quant à l’importance du sennit. Elle va plus loin en affirmant que ce qui rend sacré le to’o, ce sont, non pas les matières que le sennit contiendrait mais des prières devenues «objectifiées ».

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Cela se réalisait à l'occasion de la cérémonie appelée Pa’iatua au cours de laquelle l’armature de bois était nettoyée, enduite d’huile, exposée au soleil (si cette armature était présente). Dans tous les cas, de nouvelles plumes rouges remplaçaient les anciennes, puis une nouvelle enveloppe était appliquée; le tout était accompagné de chants.
Les anciennes plumes rouges imprégnées de mana (de pouvoir sacré) étaient redistribuées aux to’o «mineurs» c'est-à-dire aux «divinités» mineures qui correspondaient à une hiérarchie des chefs, propre à la société de tahitienne.
La présence des plumes rouges, l'action des chants, les changements d'enveloppe; c'est donc cet ensemble qui conférait à l'objet sa dimension divine.

Sources bibliographiques :
Babadzan, Alain. 1993. Les dépouilles des dieux. Essai sur la religion tahitienne à l’époque de la découverte. Paris : Maison des Sciences de l’Homme.
Kaeppler A. L. 2007. « Containers of Divinity ». The Journal of the Polynesian Society, 116 n°2.

Photo 1 : Cambridge University Museum of Archeology & Anthropology, photo de l'auteur.
Photo 2 : Musée du Quai Branly.

Les to'o à Tahiti

Too_hooper_160De fil en aiguilles... Les billets écrits récemment sur les mannequins funéraires du Vanuatu, puis sur les niombo Bwende en République Démocratique du Congo, découlent d'une réflexion qui à la base était centrée non pas sur des enveloppes anthropomorphes reliquaires mais plutôt sur les enveloppes des dieux en Polynésie...
Plus précisément sur les îles de la Société. Ces dernières avaient adopté un système politique hiérarchique dans lequel les Ari’i étaient les chefs principaux, aînés des branches aînées.
Tahiti était divisée en vastes circonscriptions, chacune gouvernée par un chef suprême; les circonscriptions elles-mêmes partagées en districts avec à leur tête un chef.
Intrication du religieux et du politique : les Ari’i étaient en relation avec les dieux par l’intermédiaire d’objets et notamment les to’o.
Ces derniers consistaient (généralement) en une armature de bois recouverte d’un lacis étroit de sennit (tressage fin de cordelettes de fibres de coco), de diverses couches de tapa enroulées avec des plumes rouges.
Univ_glasgow_160 Parfois, des traits humains étaient figurés à la surface de l’enveloppe : bouche, nez, yeux, bras, mains, nombril.
L’objet appartenait à la famille et était conservé dans le marae, gardé dans un coffre sacré.
Le to’o constituait une matérialisation du divin, une «personnification» du Dieu ’Oro, à la fois dieu de la guerre et de la fertilité.
Ces objets sont intéressants à plus d'un titre et questionnent :
De quelle manière, un bâton (quant il existait) enveloppé de la sorte pouvait-il constituer une représentation du divin ?
Qu'est-ce qui pouvait rendre sacré cet objet ?
Quel rôle jouait la cérémonie annuelle appelée Pa’iatua (litt. de «l’enveloppement des dieux» ) au cours de laquelle le to’o de chaque marae était dépouillé de son enveloppe qui était renouvelée ?

Photo 1 : The British Museum, London in Hooper, S., 2007, Pacific Encounters. © courtesy of the Trustees of The British Museum.
Photo 2 : Université de Glasgow, © Johnson.

Pitt Rivers Museum

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Le premier objet de musée du Pitt Rivers Museum est le musée lui-même qui nous transmet une vision didactique de la fin du XIXème siècle encore empreint des théories évolutionistes.
Jyb2Cela tient à la personnalité du Lieutenant-Géneral Augustus Henry Lane Fox (ne s'appelant pas Pitt Rivers à l'époque), intéressé par l'archéologie et l'ethnologie, qui commença une collection vers les années 1850. En fait, il était à la base, passionné par la transmission du savoir du maniement des armes et menait une réflexion sur l'évolution de celles-ci au cours de l'histoire de l'humanité, sur le développement des principes technologiques autour de la notion de projectile.
Peignesjy2Il commença à collectionner des armes à feu mais s'intéressa progressivement à l'évolution des techniques dans tous les domaines et collecta de nombreux objets. En 1880, il hérita d'une immense fortune de son cousin Henry Pitt, Baron Rivers. Sa demande auprès de l'université d'Oxford de créer un musée à partir de sa collection mais exposée selon ses propres vues fut alors acceptée, et les travaux financés. Il changea alors de nom (Pitt Rivers) et en 1884, le Pitt Rivers Museum vit le jour. Il y avait alors 18 000 objets exposés essentiellement selon une thématique centrée sur la technologie.
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Le musée compte maintenant 500 000 objets.
À l'exception de 3 vitrines qui traitent du mode de représentation : la forme humaine dans l'art, la forme géométrique dans l'art, la forme animale dans l'art; les autres vitrines et tiroirs exposent des objets traitant des ornements de bras, des cordelettes, des objets comme monnaie, des figures religieuses, des instruments de musique, du tissage, de la navigation... incroyable inventaire.
Les vitrines offrent au regard, une juxtaposition extraordinaire d'objets, presque une bousculade, tentant de montrer comment des peuples différents avaient traité des questions technologiques les plus diverses.
DeuilleurjyÀ l'étage, on pourra voir des objets de la collection Forster, ramenés lors du 2ème voyage de Cook. Ci-contre le costume de deuilleur de cette collection; impressionnant par son ampleur et la richesse des matériaux utilisés : tissu d'écorce, bois, coquillage, écaille de tortue, guangue de noix de coco, plumes... Les grands coquillages de nacre ornaient le masque et le pectoral; ils constituaient des présents que s'offraient les personnes de haut rang à Tahiti.

Plus parlant que quelques photos, je vous suggère de faire une visite virtuelle du musée, il suffit de cliquer sur les bornes et de promener le curseur ou de zoomer.

Photo 1 : de l'auteur.
Photos 2, 3, 4 et 5 © J.-Y. B.

Fiji - Tonga : De merveilleuses miniatures

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Avant que les baleiniers ne sévissent dans le Pacifique Sud, il était difficile de réaliser des objets en os de baleine ou en ivoire de cachalot puisqu'il fallait attendre qu'un de ces cétacés vienne s'échouer.
Tonga_hook_160Mais lorsqu'un cachalot venait à mourir sur la plage, les artisans des Tonga, soit dans leur archipel, soit plus probablement au service de chefs fijiens, pouvaient exercer toute leur virtuosité. On était alors au XVIIIème siècle. Pour témoignage, ce collier aux huit petits personnages espacés de petits pendentifs,
Tonga_hook_160_2collecté par le premier gouverneur de Fiji (1875-1880), ou encore ces crochets où deux figurines adossées, au modelé puissant, exhibent des visages impassibles. Probablement des représentations de divinités féminines, d'ancêtres vénérées.
Le premier objet fut trouvé dans un petit temple, peut-être un bure kalou...
À admirer de semblables figurines au British Museum ou au Metropolitan, avec quelques explications.

Photos de l'auteur, objets exposés au Cambridge University Museum.

Cambridge University Museum

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Un bref séjour en Angleterre m'a permis de découvrir le Musée d'Archéologie et d'Anthropologie de Cambridge. Ce fut la découverte d'un trésor, émerveillement et curiosité qui allaient se renouveler le lendemain par la visite du Pitt Rivers Museum d'Oxford.

Cambridge2À l'origine, le musée, fondé en 1884, est un musée d'Archéologie mais il va s'enrichir rapidement de nombreuses pièces ethnographiques avec Anatole von Hugel, le premier directeur du musée qui apporta sa propre collection. Puis, ce fut l'expédition du Detroit de Torres en 1898, avec à sa tête, Alfred Haddon qui collecta
Cambridge3de nombreux objets de Papouasie-Nouvelle Guinée et rapporta maintes photographies.
Plus tard, quelques objets des voyages de Cook furent donnés au musée; puis les anthropologues tels Alfred Radcliffe Brown, Bernard Deacon et Gregory Bateson partirent en terrain et collectèrent pour le musée.
Cambridge4De nos jours encore, le musée est actif sur le plan de la collecte et sur le plan de la recherche avec des anthropologues sur le terrain.
L'importance historique du musée tient aussi qu'il fut avec le Pitt Rivers, «à la base» d'un enseignement de l'anthropologie en Grande-Bretagne en un début de XXème siècle encore empreint de visions évolutionniste et diffusionniste.
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Il semble qu'environ 2000 objets soient exposés mais sur une surface relativement réduite, conférant l'impression d'un important volume.
Les collections présentent une pluralité d'objets à l'image de la diversité de ceux qui les ont collectés : objets de curiosité, objets rapportés par les missionnaires, objets commerciaux,
Cambridge5touristiques, anthropologiques...
Beaucoup d'objets océaniens car c'est la grande période de présence britannique dans le Pacifique, mais aussi en provenance de Borneo, Malaisie, Inde, Ouganda, Afrique de l'Ouest, Amazonie, Mexique, Amérique du Nord et le grand Nord canadien... presque une autre visite !

Photos de l'auteur.

Vanuatu - Bibliographie

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Bibliographie très sommaire, mais deux livres passionnants et abordables et... en français (ce qui est rarement le cas pour les arts de l'Océanie) de J. Bonnemaison.

Bonnemaison, Joël. 1986. L’Arbre et la Pirogue. Bondy : Éd. de l’ORSTOM.
Bonnemaison, Joël. Éditeur. 1997. Vanuatu Océanie, art des îles de cendre et de corail. Paris: R.M.N.
Deacon, Arthur Bernard. 1934. Malekula: A Vanishing People in the New Hebrides. Londres : Georges Routledge & sons.

A noter : L'arbre et la pirogue est consultable en ligne.

n.b : Toutes les bibliographies données sur ce blog ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : Chapeau de danse, Malekula, Australian Museum, Sydney, in Meyer, A. J. P. 1995. Art Océanien © Maurice Ortega.

Rambaramp à Malekula

Ramabaramp_160Des pièces là encore surprenantes que constituent ces mannequins funéraires destinés aux hommes les plus hauts gradés du sud de l'île de Malekula.
De la stature d'un homme, portant les vêtements et les insignes du défunt correspondant aux grades obtenus (dents de cochon, parures en écailles de tortues, brassards, masquettes de genoux...), l'effigie était réalisée avec des morceaux de bois et des rouleaux de feuilles.
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Seul le crâne du défunt était intégré au mannequin et les traits du visage étaient reproduits par un surmodelage de pâte végétale peinte. Par la suite, la tête était récupérée lorsque le rambaramp une fois exposé devant la maison du défunt pendant la durée des funérailles, puis rentré dans la maison des hommes, se décomposait.
Chargée de mana, la tête pouvait alors transmettre cette énergie aux vivants; le cycle de la vie et de la mort était bouclé.

Photos 1 et 2 : Musée du Quai Branly.

Masques de Malekula

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Je l'évoquais dernièrement, les objets du Vanuatu sont réellement surprenants dans leurs formes, leurs matériaux.
Dans le Nord de l'archipel, il existait des systèmes de grades où le pouvoir pouvait s'acquérir petit à petit par achat de grades.

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La monnaie la plus prestigieuse pour ces transactions était constituée par les canines recourbées des cochons que l'on avait élevés à grands soins pendant plusieurs années.
Les ornements et parures de valeur comportent donc ces dents de cochons.
Malakula2Selon les îles, le système de grades était à la fois politique et religieux; mais à Malekula, il était fortement religieux.
Les hommes des plus hauts grades pouvaient accéder au rang d'ancêtres avant même leur mort !
Des masques-coiffes constitués de fougère arborescente, de fibres et de pâte végétales, de dents de cochon et de pigments (beaucoup de bleu) ont été ainsi réalisés pour les cérémonies de sociétés de grades spécifiques,
Malakula_b160notamment lors des cycles de rituels Nalawan.
Certaines de ces coiffes étaient conçues comme de véritables sculptures représentant Nevimbumbaau, la femme-ogresse à l'origine de la création de certaines sociétés de grades (paradoxalement interdites aux femmes). Elle semble porter un personnage plus fin, Ambat Malondr (son fils ou son époux ?), qui se place ainsi sur les épaules de l'initié...

Photo 1 : The Metropolitan Museum of Art.
Photos 2, 3 et 4 : Musée du Quai Branly.

Pierre à magie d'Ambrym

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Le sujet du billet de Sur les pas d'une collection m'incite à évoquer le Vanuatu, archipel fascinant à plus d'un titre.
Simplement ici, vous montrer la «pierre mythique» exposée au Pavillon des Sessions du Louvre.
Il s'agit là aussi d'une pierre pour la magie d'acquisition des cochons dans l'île d'Ambrym au Vanuatu. Celle-ci est particulièrement exceptionnelle dans sa facture; liée à un mythe, elle permettrait à celui qui sait s'en servir en récitant la magie de «tout obtenir» !

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Photo 1 : Musée du Quai Branly.
Photo 2 : Femme du chef de Rhanoun portant la dent tournée du cochon, bijou de grande valeur dans l'île d'Ambrym © Rudolf Festetics de Tolna, Museum d'Ethnographie de Budapest.

Inaliénabilité

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Dans un précédent billet, j'évoquais la valeur prise par les choses qui circulaient entre les personnes, véhicules des relations sociales.
Il existe cependant des choses qui ne circulent pas (ou qui ne doivent circuler ou si elles circulent, doivent revenir à leur propriétaire) et qui ont une valeur tout aussi importante, des «possessions inaliénables» en quelque sorte.
Maori_chiefSujet d'actualité, s'il en est, en ce qui concerne les oeuvres extra-européennes dans les musées occidentaux mais aussi sujet qui touche aux restes humains encore présents dans nos collections. Enjeux de respect (la restitution du corps de Saartjie Baartman ne date que de 2002!) mais aussi d'une identité revendiquée.
Maori_chief2_160Ainsi en est-il de la tête Maori (dont un dessin est reproduit en début de ce billet) et dont on a beaucoup parlé au sujet de sa récenterestitution par le Musée de Rouen.
Plus qu'un simple tatouage, il s'agissait d'un véritable remodelage des visages des chefs Maori. Lors de la colonisation de la Nouvelle-Zélande, au XVIIIème siècle, les Occidentaux furent fascinés par ces pratiques et achetèrent des têtes Maori momifiées. Il semble que dès le milieu du XVIIIème siècle, ce commerce fut interdit.
Il reste néanmoins plusieurs d'exemplaires de par le monde à devoir attendre une sépulture en Nouvelle-Zélande.

Photo 1 : Site Rouen Blog.
Photo 2 : Gravure d'un ancien chef Maori. New Zealand Tourist Department n°188.
Photo 3 : Tomika Te Mutu, 19è, chef Maori. Photo Agence John Hillelson.

Donner, recevoir, rendre

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À Paris, en ces temps de fêtes, les magasins sont noirs de monde; chacun à la recherche du cadeau qui fera plaisir à l'autre, mais aussi, il faut bien l'avouer, à nous-même. Le choix n'est pas simple; il y a la question financière bien sûr et consciemment ou non, on réfléchit si cela est bien ou pas assez ou trop, selon la personne, sa proximité... Et puis il y a ceux qui n'ont rien, il est question de charité, d'aumône, de dons faits aux «pauvres»; interrogations bien présentes au coeur de notre société, de nous-mêmes...
Anneau_korrigane_160Lire ou relire l'Essai sur le don de Marcel Mauss, un texte de 1924-1925, ce n'est nullement se plonger dans un ouvrage suranné aux questions dépassées. Mauss fait le constat que le cadeau que nous faisons n'est pas désintéressé puisqu'il crée une obligation. Le don et le contre-don vont être les pivots de sa réflexion.
Examinons cet anneau de nacre. En Papouasie-Nouvelle Guinée, il prend des valeurs multiples. Celles-ci sont activées selon le contexte des échanges.
Petrequin_200
L'anneau de nacre en vente pour les «touristes» a bien une valeur monétaire, à l'instar de nos cadeaux, auxquels nous ajoutons, il est vrai, ce que nous appelons une valeur sentimentale.
Mais un anneau de ce type servira aussi de compensation lors d'un mariage, entrera dans un «contrat». Il servira de compensation dans une dispute et l'objet rétablira l'équilibre. Il servira encore de compensation lors de funérailles, marqueur de relations entre les clans. L'anneau est en quelques sorte en «relation sympathique» avec son propriétaire.
La manière dont les objets circulent en Océanie va permettre à ceux-ci d'acquérir une valeur à l'aune des relations qui se construisent entre les personnes.
TridacneLa valeur de l'objet est donc toujours contextuelle et le prix ne peut se mesurer avec nos catégories de monnaie. Lorsque l'anneau devient compensation, ce n'est pas d'argent dont il s'agit mais compensation d'un manque, de la perte d'un être; une fille qui va se marier, un aïeul qui vient de décéder...
Les humains n'ont pas de prix me direz-vous; incompréhensible à nos yeux d'acheter sa femme avec des coquillages, aisé d'imaginer les abjectes dérives d'un corps devenu objet... mais là encore, individu, personne, objets sont liés. Penser que s'il y a eu compensation, échanges d'anneaux, les relations sociales ne sont jamais coupées, jamais fermées; les choses et les humains ne sont pas si éloignés que cela peut nous sembler.
Difficile de penser ainsi, mais n'avons-nous pas à y apprendre ?
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«Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?»
écrivait le poète.
Ce n'est pas tout à fait de cela dont il s'agit, mais peut-être approche-t-on le concept de hau ce «quelque chose qui circule» et qui va nous obliger à accepter le cadeau et à rendre ?
Peut-être faut-il un long détour vers l'Océanie pour comprendre la valeur des choses, mais aussi la nature et la valeur de l'art ?

Essai sur le don. Forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques. de Marcel Mauss est téléchargeable sur internet à partir d'un site extraordinaire : Les classiques des sciences sociales : Une bibliothèque numérique, entièrement réalisée par des bénévoles, fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay, sociologue. université du Québec à Chicoutimi.

Photo 1 : Issue du site Anthrophoto.
Photo 2 : Musée du Quai Branly.
Photo 3 :© Pierre et Anne-Marie Pétrequin (cf. exposition Objets de pouvoir en Nouvelle-Guinée).
Photo 4 : Musée des Confluences - exposition virtuelle.
Photo 5 : Archives Museum der kulturen Bâle, 1956 © Alfred Buhler in Ombres de Nouvelles-Guinée.

Festetics de Tolna

Festetics_160L'aristocrate et ses cannibales, tel est le titre, qui se veut accrocheur, d'une exposition consacrée au voyage en Océanie du comte Festetics de Tolna de 1893 à 1896.
Au Musée du Quai Branly du 23 octobre 2007 au 13 janvier 2008.
Il a bien raison d'être accrocheur, ce titre, car l'exposition est fascinante à l'image de la personnalité de Rodolphe Festetics. L'histoire commence peut-être à Paris, à l'Exposition universelle de 1889 qui alimente la curiosité du jeune comte hongrois, puis se poursuit par le mariage avec une jeune milliardaire américaine, Eila, avec laquelle il sillonnera les mers de sud jusqu'en 1899.
Vanuatu_160Octobre 1893, la goélette le Tolna lève l'ancre de San Francisco pour Hawaï. Rodolphe Festetics de Tolna «est venu pour voir»; il n'aura de cesse de photographier, d'essayer de comprendre les peuples qu'il rencontre et de collecter des objets.
L'exposition au Musée du Quai Branly, quant à elle, se déroule comme un jeu de pistes. Du reste un petit livret «Ton carnet de voyage» a été réalisé à l'attention des enfants. Cela n'en rend pas moins l'exposition «sérieuse» pour les grandes personnes qui n'auront pas de mal à imaginer cet immense périple et au-delà des anecdotes plus ou moins graves qui ponctuent le voyage, des bribes de ce que pouvaient être ces îles du Pacifique à la fin du XIXème siècle.
Salomon_160Passé les îles de la Société, les Festetics rencontrent Stevenson à Samoa, puis abordent les Fidji. Après une escale à Sydney, la goélette remonte l'arc mélanésien : le Vanuatu, les îles Salomon où Rodolphe Festetics prendra part à une chasse aux têtes, toujours «pour voir». Des journaux de l'époque relatent les exploits de Festetics de Tolna et iront jusqu'à le surnommer «le comte cannibale»... voilà de quoi faire les gros titres !
Amiraute_160L 'archipel Bismarck sera le lieu de collecte de nombreux objets. Le Tolna arrive à Singapour au printemps 1899 mais Eila décide de rentrer en France et demande aussitôt le divorce. Rodolphe, quant à lui, poursuit sa route pour Aden afin de regagner l'Europe, mais le bateau s'échoue sur un récif de corail au nord des Maldives. Après bien des mésaventures, Festetics de Tolna rejoint Budapest, ses 56 caisses d'objets sauvées du naufrage l'attendent. Il fait don de plus d'un millier d'objets et de centaines de photos au Musée de Budapest. Qu'advient-il alors du reste de sa collection ?
Amiraute_objets_300
Sur fond de première guerre mondiale, les biens du comte sont saisis, le docteur Chauvet rachète la collection sous «caisses fermées» semble-t-il, sans inventaire; Festetics vit alors à Antibes...
Les objets seront dispersés, vendus, échangés. Festetics, lui, est expulsé vers les Etats-Unis dès 1914.
C'est donc dans ce contexte tumultueux qu'on portera peut-être plus d'attention encore aux objets exposés parmi les photographies, les livres et les coupures de presse.

Photos 1, 2 et 5 : Tirées du catalogue de l'exposition : Antoni J. & Boulay R., 2007, L'Aristocrate et ses Cannibales - Paris, Ed. Actes Sud. Photographies de Festetics de Tolna © Musée d'ethnographie de Budapest
Photo 1 : Rodolphe Festetics de Tolna.
Photo 2 : Tambour de guerre et de rassemblement, île d'Ambrym, Vanuatu.
Photo 3 : Guerriers de Rubiana (îles Salomon) © Musée du Quai Branly.
Photo 4 : Homme des îles de l'Amirauté © Musée du Quai Branly.
Photo 5 : Objets des îles de l'Amirauté.

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