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  • Alain Lecomte
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CC

Chinguetti

Chinguetti
En écho au billet de Sur les pas d'une collection. C'était Chinguetti, il y a 6 ans pratiquement jour pour jour.
Mauritanie_160Le premier voyage se fit en famille; notre guide expliquait chaque soir à notre plus jeune enfant comment aider au bivouac, respecter les animaux et la vie du moindre insecte dont on voyait les traces sur le sable.
Depuis; plusieurs voyages guidèrent nos pas dans le désert mauritanien avec toujours beaucoup de joies, de rencontres.
Je me souviens de cette sérénité.

Photos de l'auteur.

Muere lentamente

Paques800

..."Muere lentamente
quien se transforma en esclavo del hábito,
repitiendo todos los días los mismos trayectos,
quien no cambia de marca..."

Pablo Neruda

Joyeuse année à tous et particulièrement à la nouvelle partie chilienne de notre famille.

Photo de l'auteur

Mirage

Pict0383_200
«Cela existe-t-il vraiment les jardins fermés, avec des murs tout autour, où il faut lever les yeux pour voir le ciel ?» me dit mon ami.

«Oui, c'est là que je vis», lui répondis-je.

Je songeais alors au livre de Le Clezio, que j'avais entre les mains. Je relus pour moi-même :

«...Ils n'avaient rien d'autre que ce que voyaient leurs yeux, que ce que touchaient leurs pieds nus. Devant eux, la terre très plate s'étendait comme la mer, scintillante de sel. Elle ondoyait, elle créait des cités blanches aux murs magnifiques, aux coupoles qui éclataient comme des bulles. Le soleil brûlait leurs visages et leurs mains, la lumière creusait son vertige, quand les ombres des hommes sont pareilles à des puits sans fond. ...
Il n'y avait pas de fin à la liberté, elle était vaste comme l'étendue de la terre, belle et cruelle comme la lumière, douce comme les yeux de l'eau. Chaque jour, à la première aube, les hommes libres retounaient vers leur demeure, vers le sud, là où personne d'autre ne savait vivre.... Tournés vers le désert, ils faisaient leur prière sans paroles. Ils s'en allaient, comme dans un rêve, ils disparaissaient.»

in Désert, Le Clézio.

Existez-vous vraiment hommes libres ?

Photo : Floriane P.

L'erg d'Ubari - Libye

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La zone des lacs d'Ubari ressemble à un désert de carte postale.
Ubari1_160Quelques gouttes d'eau salée parsemées sur une petite étendue, entourées de végétation luxuriante, dominées par les grandes dunes.
Voilà une palette séduisante composée de bleu, vert et ocre; de quoi faire se rencontrer un monde de touaregs et de 4*4, chacun conduisant son lot de touristes.
Ubari0_160Il va falloir s'éloigner de la piste un peu trop présente, des «boutiques Croix d'Agadez» ou «Location de ski» !... pour goutter à nouveau la sérénité du désert et la magie des bivouacs.
On peut alors se laisser aller à rêver des Garamantes, ce mystérieux peuple guerrier qu'évoque l'antique littérature latine et grecque
Ubari2_160et dont la capitale Germa est toute proche.
On peut essayer d'imaginer comment des gens ont pu vivre dans cette région inhospitalière : les lacs de Gabraoun, Mandara, Trouna gardent la trace de villages abandonnés.
Cette population, les Daouada, si pauvre, était appelée «les mangeurs de vers». Hormis le produit du palmier, la récolte du natron, ils ne trouvaient comme subsistance que des petits animaux rougeâtres qui peuplaient ces étangs.
Et puis, on peut simplement se laisser aller pour devenir «poreux à tous les souffles du Monde»...

Photos de l'auteur.

Sahara

Sahara_2001_175J'aime le métro : son odeur mêlée d'humain et de citadin, la bigarrure de sa foule, les pas pressés que j'enchaîne dans ces couloirs balisés; lucide pourtant de l'aliénation à la rame que je ne manquerai pour rien au monde.
Et pourtant me voilà, comme chaque année, sur le départ ; vers cet océan de dunes où je remets mes pas, sans le savoir, dans ceux qui m'ont précédée, dupe d'une feinte liberté laissée aux caprices des vents et à la dilatation du temps qui se joue bien de moi.
Ceux qui connaissent ces paysages savent bien que chacun est différent. Qu'il y a les dunes qui chantent, les dunes rouges comme le sang au coucher du soleil, la marche lourde des journées sous la chaleur, écrasées; le sable qui se lève, vous étouffe, vous fouette quand le vent forcit ; le bonheur de croire à la douceur de la halte et de la vivre, les lèvres rivées à la tasse de thé chaud qui désaltère.
Sahara_2005_300
On peut se croire un géant, contemplant le chemin infini qui se déroule derrière soi, incrédule de l'avoir parcouru, mais aussi bien humble devant la voie béante qui s'annonce.
C'est un peu cela la vie, aussi.

Photos de l'auteur.

Carte du Monde - 1489

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Une carte du Monde d'Henricus Martellus dans Insularium Illustratum (1489)
On pourra apprécier celle-ci en grand format... et noter, entre autres, la méconnaissance de l'Afrique australe.
En effet, les Portugais ne doublèrent qu'en 1488 le Cap de Bonne Espérance avec Barthélémy Diaz et n'explorèrent la côte orientale de l'Afrique qu'en 1497 avec Vasco de Gama.

Actuellement, une exposition : Encompassing the Globe : Portugal and the World in the 16th and 17th Centuries au Smithsonian jusqu'au 16 septembre 2007.

Photo extraite du site de l'exposition © The British Library Board.

Les yeux de la terre

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Ne demande pas ton chemin à celui qui sait
Tu pourrais ne pas te perdre...

Proverbe africain !


Le prochain billet, on "retourne" en Afrique...

Photo de l'auteur, janvier 2007.

Les statues dansent debout

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Figées sur leur plateforme, ces représentations de chefs veillaient sur le village tout en lui imposant leur autorité passée ou encore bien réelle dans une société féodale où le seigneur était aussi un roi divin.
Rano_raraku1
Mais toutes les statues ne se redressaient pas… Des flancs du volcan dont elles étaient issues, certaines y sont restées à jamais, comme surgissant de la montagne qui les avait accouchées.
Rano_raraku_loti_300Émouvantes à Rano-Raraku. Elles donnent à voir leur tête de pierre immobile, visage silencieux et fermé; leur corps brisé, trop lourd pour entreprendre la longue marche.
Les plus « chanceuses » se devaient de parvenir, droites et altières sur leur site dédié, préservant ainsi la dignité du chef défunt, dépositaire d’un mana, l'énergie vitale, capital pour la communauté toute entière.

Dessin de Pierre Loti, 1872.
Photos de l'auteur, janvier 2007.

Je vous écris de Rapa Nui

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Bien loin de l’Afrique, à 4000 kilomètres de tout continent, ce n’est pas un caillou balayé par les vents que je découvre, mais un jardin suspendu au-dessus de l’eau, aux mille senteurs des fleurs polynésiennes, aux forêts d’eucalyptus mais aussi à l’âpreté de la roche volcanique ponctuée d’étendues d’herbes vert tendre où galopent de farouches chevaux.
Peuplée de « réels » habitants, bien dynamiques, fiers de leur île ; Rapa Nui n’a rien de fantomatique… si ce n’est aujourd’hui, perdus dans un crachin de ces premiers jours d’été, les fameux moaïs…
Tongariki_250

« Et pourquoi sommes-nous venus sur l’île ?
Ce n’est ni le sourire des hommes fleuris,
Ni les hanches crépitantes de Ataraoa la belle,
Ni les enfants à cheval à l’œil vif,
Que nous emmènerons au retour :
Mais un vide océanique, une pauvre question
Aux mille réponses des lèvres dédaigneuses… »

Pablo Neruda
in « La rosa Separada » (La rose déchirée).

Photos de l'auteur - Ile de Pâques, janvier 2007.

Noël 2006

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«Le soleil épingle nos ombres sur le sable et son bouclier dévore le ciel entier. Afin d'économiser leurs mouvements, nos chameaux avancent lentement. Les lèvres entrouvertes, je déglutis l'air à travers l'épaisseur de mon voile. Je dois m'habituer à cette chaleur qui dessèche ma bouche et scarifie ma peau. Je dois à tout prix oublier les outres suspendues à la selle de mon chameau, oublier mes paupières enflammées, la peau de mes cuisses irritée. Je dois gommer de mon esprit toute passion. Seules doivent me guider les oreilles laineuses de mon chameau.
J'ai soif, encore soif, toujours soif...»
Mano Dayak

in Je suis né avec du sable dans les yeux.

Joyeux Noël pour tous.


Photo de l'auteur - Ténéré, 2004

Aventure du bout du Monde

Globe_trotterÀ la rencontre des peuples du monde,
tel sera le thème du Festival d'ABM les 22, 23 et 24 septembre à l'Opéra de Massy.
Coup de coeur pour ce festival : Tous les ans de grande qualité et peut-être pas assez connu.
ABM est une association très dynamique où il se passe toujours quelque chose : soirée initiation langue, réunion préparation voyage, soirée recherche coéquipiers, réunion tour du monde, projection sur un pays, initiation retouches photos, atelier d'écriture, week-ends rando... et un site internet avec des tonnes de renseignements pour voyager.
Vietnam_04C'est dans le 14ème à Paris, mais il y a des antennes dans de nombreuses villes. L'association comporte peu de permanents et fonctionne avec de nombreux bénévoles.
Pour ma part, j'interviens un peu au niveau de la revue Globe-trotters, et pour une fois sur mon blog, je fais un peu de pub !!!

Couverture du Globe-trotters : Photo ©Patrick de Wilde.
Photo 2 : Photo de l'auteur.

Messageries Maritimes

Messageries_marit_1J'arrête le blog quelques jours, à nouveau...
Comme pour beaucoup de personnes, les départs sont un mélange doux et amer de joie et de mélancolie.
Je ne peux m'empêcher de songer à mon enfance, rêvant, immobile et figée devant cette affiche ou plongée dans ces timbres du bout du monde.
Nouvelle_caledonie_1
Aujourd'hui, viennent à moi les paroles de Stéphane Breton et que je fais volontiers miennes.
Petit goût d'amertume au fond de la gorge.
«Qu'on ne me parle pas du pays chéri de l'enfance. Qu'on ne me parle pas de ces appartements sinistres, de ces couloirs qui n'en finissaient pas, de ces lieux où nous avons toujours été tenus enfermés, de ces salles de classe puant la viande mal réveillée...
Qu'on ne me dise pas qu'il y a des paysages charmants dans lesquels nous aurions joué...
Polynesie Qu'on ne me dise pas que nous avons été heureux, alors qu'il ne cessait de pleuvoir, que j'en ai la peinture grise qui coule encore dans les veines, et que nous n'avons fait que traîner les pieds, tous en rang, du début à la fin.
Qu'on ne me dise pas que nous sommes bien chez nous, que nous y resterons".
Ces lignes sont extraites du livre de Stéphane Breton : Les fleuves immobiles.
(Son carnet de voyage en Nouvelle-Guinée).

Amers

06_algerie1Ayant bu des mers entières nous restons tout étonnés
Que nos lèvres soient encore aussi sèches que des plages
Et partout cherchons la mer pour les y tremper sans voir
Que nos lèvres sont des plages et que nous sommes la mer.
Attar - Poète persan - XIIe siècle.

Photo de l'auteur

Petit Prince

Algerie1_2006En reprenant mes dernières notes, en allant lire avec toujours bonheur et légèreté les billets de Double je; je m'aperçois, fascinée par ces dernières effigies Songye, que l'univers que je décris semble sombre alors qu'il ne l'est pas...
Ce sont bien les statues qui sont terrifiantes !
Alors un petit bout de note en forme de Sahara.
Jeune garçon en haut d'une dune de la Tadrart à la frontière Algérie-Lybie; et une grande bouffée d'air et de grands espaces !
Photo de l'auteur

Une larme au Sahara

02_vachequipleure_1Au jour...où se courbent les hommes vigoureux;
où les femmes cessent de moudre,
parce que le jour baisse aux fenêtres,
et que la porte est fermée sur la rue;
quand tombe la voix de la meule,
quand s'arrête la voix de l'oiseau
et quand se taisent les chansons,
lorsqu'on redoute la montée
et qu'on a des frayeurs en chemin.
Et l'amandier est en fleurs,
et la sauterelle est repue,
et le câprier donne son fruit..
Et les pleureurs tournent déjà dans la rue;
avant que le fil d'argent lâche,
que la lampe d'or se brise,
que la jarre se casse à la fontaine,
que la poulie se rompe au puits;
et que la poussière retourne à la terre comme elle en vint...
Extrait de L'Ecclésiaste

Fenêtre sur le désert : Tin Merzouga
Après demain, je serai près de «La vache qui pleure» dans le Sud Algérien.
J'étais près de cette gravure rupestre, il y a quatre ans lorsque mon père est mort.
Je ne devais pas y retourner;
mais le sort en a décidé autrement.
Je repars donc avec beaucoup de joie mêlée d'angoisse.
Depuis dix ans maintenant, j'arpente le Sahara en pointillés...une semaine, rarement deux...
Contrairement à ce que certains croient, c'est facile.
Tadrart1_02Il y a les déserts qui vous ravissent et vous exilent du monde pour un temps.
Des déserts pour Petit Prince.
Des cathédrales de pierre envahies par le sable.
Ruines pourpres inondées de lumière.

Marit0_03Il en est d'autres, moins spectaculaires, avec des longues étendues caillouteuses, des steppes avec quelques rares herbes. C'est là que vivent des nomades.
Ils vous rappellent à la réalité, vous font improviser «french doctor». L'Afrique est bien là, la misère d'une vie dénudée mais, vous semble-t-il, libre dans ces grands espaces avec son seul petit troupeau de chèvres.
On est loin des villages d'Afrique noire, mordant la poussière, et surtout des bidonvilles de Mombasa ou de Dakar. Inutile d'en dire plus.
Je vais délaisser un temps internet mais je prépare pour le billet de demain un tour du monde en 90 étapes...Pour vous donner idée de revenir 90 fois sur mon blog!!

Photos de l'auteur

Tassilihoggar2000
Que me prépares-tu Chamelier?
Le premier thé, amer comme la vie?
Le deuxième thé, suave comme la mort?
Le troisième thé, doux comme l'amour?
Ou si; pour une fois seulement,
tu pouvais laisser à l'alchimie
le pouvoir de composer les adjectifs fruités
de ces lendemains encor à venir.


Photo de l'auteur

Digression : À l’autre bout du monde, au pays Toraja

Toraja1Parce que j'ai écrit plusieurs notes sur les Bijogo puis les Diola, peuples de rizières, dont les masques les plus impressionnants sont ceux de bovidés; parce que je n'ai eu de cesse de chercher des images de ces masques, parce que j'ai imaginé les grandes fêtes du Bukut …Je ne peux m’empêcher de songer aux 10 jours que j’ai vécus l’été dernier en pays Toraja dans l’île de Sulawesi (jadis nommée Célèbes).
Nous sommes partis à pied de villages en villages.
Toraja2_1Ce peuple est célèbre pour les funérailles toujours grandioses qu’il organise, les sacrifices de buffles qui s’en suivent et les grandes cérémonies qui réunissent des centaines (voire des milliers) de convives.
Combien ces hommes des rizières sont proches des buffles, à tel point que l’âme du défunt doit gagner l’au-delà sur le dos de plusieurs buffles ! Plus le nombre de buffles sera important, meilleure sera sa « chance » de rejoindre ses ancêtres. Le buffle est véritablement le "passeur d'âme".
Ceci est un raccourci rapide des croyances Toraja.
Toraja3_1Vivre en harmonie avec le monde animal, vivre en harmonie avec la terre et le riz sont
les maîtres mots des Toraja...
Il n’y a pas de masque en pays Toraja ; mais les têtes de buffles sont omniprésentes…Elles ornent les maisons, les greniers, les cornes sont partout des éléments décoratifs, soulignant par leur nombre la puissance la famille.
Mais ce que j'ai ressenti de plus fort (et c’est probablement le cas dans toutes les sociétés traditionnelles comme celles que j'ai évoquées en Afrique), c’est le déchirement de certains (les jeunes... ce qu'on a bien voulu nous raconter) entre le poids de la tradition et la réalité économique.
Papyong_2005Les Toraja sont pauvres pour la plupart. Quelques nobles détiennent la majorité des terres.
Mais tous s’endettent sur des générations pour honorer ce culte au défunt. Le cercle est sans fin : Il faut s’endetter pour l’achat de buffles afin d’honorer son propre défunt mais il est du devoir (pour l’honneur et sous peine d’être exclu de la communauté) de rendre au moins un présent identique à celui des familles qui auront offert des buffles lors de funérailles…
Toraja4Le sentiment d'appartenance à la communauté Toraja semble toujours très fortement ancré dans les coeurs. Qu'en sera-t-il de l'avenir?

Photos de l'auteur

La légende du fleuve Niger

Fleuve_nigerIl y a très longtemps vivait au royaume des Bambara une vieille femme qui possédait un taureau très gras.
Elle le chérissait et ne voulait pas s’en séparer.
Mais la famine vint, et le chef du village demanda au roi : “Majesté, il y a une vieille dans le village qui possède un taureau énorme qui pourrait nourrir tout le village mais elle ne veut pas le céder”.
Le roi autorise le rapt du bovidé.
Les villageois s’en emparent et tentent de l’égorger, mais aucun couteau ne pénètre le cuir de la bête. Le roi doit à nouveau intervenir, convoquer la vieille, qui après négociations consent à tuer son taureau, mais exige que la graisse de l’animal lui soit remise dans une jarre qu’elle entrepose dans sa cuisine.
Or, à la nuit tombée, la graisse fond, coule à l’extérieur du vase et se transforme en une belle jeune fille.
Celle-ci se met alors à balayer, nettoyer la cour de la modeste demeure, mais, dès les premières lueurs de l’aube, elle réintègre la jarre, s’y liquéfie et s’y fige.
La vieille femme au matin s’étonne...étonnement renouvelé chaque jour quand le phénomène
se répète.
Une nuit, simulant le sommeil, elle reste observer par le trou de la serrure et surgit lorsque la graisse reprend forme humaine.
De cette rencontre naît une amitié.
La vieille obstrue les fenêtres de la cuisine : "Tu pourras y vivre, et tu n’auras plus à réintégrer cette jarre chaque matin par crainte de la lumière du jour”.
Mais la rumeur se répand dans le village.
Rapidement la beauté de la jeune femme se sait et fait parler.
Un noble parvient à l'apercevoir et se précipite chez le roi.
“Sire, il y a chez la vieille au taureau une jeune femme d’une beauté admirable.
Je souhaite l’épouser, mais la vieille refuse de me donner sa main”.
Le roi se rend alors chez la vieille femme et tombe aussitôt amoureux de la gracieuse jeune fille.
Il décide immédiatement de faire de la belle sa troisième épouse.
MaisonancestraleCelle-ci accepte à condition de ne jamais voir la lumière du jour...le roi ne pose pas de question.
Des mois heureux s’ensuivent où le roi la chérit.
Mais un jour, il doit partir en voyage.
Les deux premières épouses, jalouses, en profitent pour ouvrir les volets des pièces dans lesquelles la jeune femme passe ses journées.
Aussitôt, elle se met à fondre, glisse sur le sol, passe sous la porte et s’écoule vers la vallée.
Elle deviendra le fleuve Niger.
À son retour, le roi fou de douleur et toujours éperdument amoureux se transforme en hippopotame et se jette dans le fleuve.
Les épouses, ayant ordre de suivre pour l'éternité, se transforment l’une en caïman et l’autre en poisson.
Depuis ce jour, le Niger, sous le regard des crocodiles, caresse les hippopotames tandis que les poissons les évitent prudemment.
Ces lignes sont la transcription d'une longue histoire racontée par un jeune Malien au bord du Fleuve, à Mopti.

Photos de l'auteur

Intermède

Masque_picasso

Le blog s'arrête quelques jours...
Je vous propose un intermède musical à la page du site
Détours des Mondes.

03_amatlich
A ce jeu d'awélé,
simplement improvisé dans le sable,
nous avons tant ri, l'espace d'un regard.
Je t'ai quittée dans cette oasis;
perplexe, imaginant peut-être
un monde où les bergères pouvaient devenir princesses.
Garde bien tes rêves, petite fille.


Photo de l'auteur

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