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Arts du Zimbabwe et d'Afrique du Sud - Bibliographie

Part_archiv_dap_dub_280

Zimbabwe. Témoins de pierre. Passé et Présent, Africa Museum, Tervuren, 1997.
Garlake P.,1973, Great Zimbabwe, Thames and Huston, Londres.
Garlake P., 1982, Great Zimbabwe descripted and explained, Zimbabwe Publishing House, Harare.

Catalogues d'exposition (ess. Afrique du Sud)
African forms - Marc Ginzberg, Milan, Ed. Skira, 2000.
Art and Ambiguity : Perspectives on the Brenthurst Collection of Southern African art - Johannesburg, Ed. Johannesburg Art Gallery, 1991.
Chasseurs et guerriers - Paris, Ed. Dapper, 1998.
Formes et figures : L'art africain dans la collection Horstmann. Textes par Ezio Bassani, Michael Bockemühl, Patrick McNaughton - Milan, Ed. Skira, 2002.
Ubuntu, Arts et culture d'Afrique du Sud - Paris, RMN, 2002.

Arts de l'Afrique du Sud-Est de la collection Conru. Textes Sandra Klopper et Karel Nel, Milan, Ed. 5 Continents, 2002.
Courtney-Clarke M., 2002, Ndebele : l'art d'une tribu d'Afrique du Sud - Paris, Ed. Arthaud.
Magubane P. & Klopper S., 2001, 4 ouvrages : Arts&Crafts - Ceremonies - Dress and Adornment - Homesteads - Srtuik Publishers.
Zaloumis A. & Difford I., 2000, Zulu Tribal Art - Cape Town, Ed. AmaZulu.

Ego Renaud, 2000, San, Art rupestre d'Afrique australe - Paris, Ed. Adam Biro.
Le Quellec J.-L., 2004, Arts rupestres et mythologies en Afrique. Paris, Ed. Flammarion.
Sellier J., 2003, Atlas des peuples d'Afrique - Paris, Ed. La Découverte.

n.b : Toutes les bibliographies données ne sont pas exhaustives, elles consistent simplement dans le compte-rendu de mes sources «imprimées», des ouvrages, utilisés pour écrire les billets du blog. Elles vont donc évoluer avec le temps et je l'espère, avec vos suggestions.

Photo : Collection particulière, © Archives Musée Dapper et Hugues Dubois.

Tsonga, Shangaan, Hlengwe...

Couple_mankindParler des arts Tsonga est un exercice difficile car, outre une répartition géographique des peuples au-delà des frontières des états : Zimbabwe, Mozambique et Afrique du Sud; le peuple de langue tsonga recouvre des identités différentes. Il est chargé d'une histoire lourde de nombreuses
Recipient_remedesmigrations, d’échanges, de commerce.
Pour certains, les Tsonga se confondent avec les Shangaan et lorsqu'on désigne les Tsonga à la frontière Mozambique - Zimbabwe, l'on parle plutôt du peuple Hlengwe.
Pour compliquer encore «l'affaire», il faut rappeler qu'il existe un groupe important de langues
Induku_160bantoues parlées dans la partie orientale de l'Afrique australe : le nguni.
Le nguni du Nord regroupe plusieurs langues dont celles parlées par les Zulu, Swasi et Ndebele; le nguni du Sud regroupe principalement les langues parlées par les Xhosa.
Cuiller_160Par extension, le terme Nguni est devenu un terme générique qui englobe pécisément les peuples appartenant à ce groupe linguistique.
Enfin, chez les Shangaan, le nguni devint la langue des hommes et le tsonga resta celle des femmes.
Pour l'historien d'art, c'est donc un véritable casse-tête !
Si telle pièce Tsonga est difficilement attribuable à un pays précis (Zimbabwe, Mozambique, Afrique du Sud), il est aussi difficile de bien distinguer les apports proprement Tsonga sur des objets qui peuvent être tout aussi bien attribués à des peuples voisins.
Tsonga_branly_160D'où, on le remarquera dans de nombreuses collections, des objets à double appellation Tsonga/Venda; Tsonga/Nguni du Nord.... afin de tenir compte de cette complexité et des spécificités régionales lorsque celles-ci ont pu être identifiées.
Les différents exemples exposés ici sont un témoignage de la diversité des objets Tsonga dans leur fonction et leur forme...

Photo 1 : Couple de statuettes Tsonga utilisées dans des sociétés d'initiation - Museum of Mankind, Londres.
Photo 2 : Récipient à remèdes Tsonga - Johannesburg, University of the Witwatersrand Art Galleries.
Photo 3 : Canne Induku Tsonga/Nguni du Nord - Johannesburg Art Gallery © Wayne Oosthuizen.
Photo 4 : Cuiller Tsonga - Zug, Coll. W. & U. Horstmann.
Photo 5 : Appui-tête Tsonga (provenance de Zambie) - Musée du Quai Branly

Arts Venda

Plateau_venda
Le peuple de langue Venda occupe un territoire qui s'étend au Nord de l'Afrique du Sud et dans la partie Sud et Sud-est du Zimbabwe.
Les nombreux vestiges de grandes constructions en pierre dans cette région attesteraient de l'existence d'une société hiérarchisée ayant possédé d'importantes quantités d'or et des richesses provenant d'un commerce avec la côte orientale de l'Afrique.
Parmi l'apparat des rois Venda, les plateaux divinatoires et les tambours sacrés.
Ces plateaux de divination, Ndilo, étaient tous composés en leur centre par un petit monticule chargé de substances magiques surmonté d'un cauri. Le fond était orné de différents motifs dont celui du crocodile qui représentait le roi au centre de son étang; et bien d'autres encore, chargés de symboles. Au bord et au revers du plateau, des motifs en forme de serpent : animal qui pourrait symboliser la frontière entre le monde extérieur et celui des ancêtres. De par le pouvoir des devins, les rois Venda pouvaient acquérir le même statut que les Ancêtres qui vivaient au fond des lacs.
En effet, pour les Venda, toute étendue d'eau serait associée aux origines du monde et la symbolique du lac se retrouve sur de nombreux objets de cour. De nos jours, le lac Fundudzi, le plus grand lac naturel du pays Venda, est toujours vénéré.
Tambour_venda
Tout comme les plateaux divinatoires, les tambours sacrés faisaient partie des régalia.
Les motifs sur les tambours seraient des références au serpent-python.
Si les premiers n'ont plus été réalisés depuis les années 30, les seconds ont été fabriqués plus longtemps et utilisés lors de rites d'initiation.
De nos jours, l'initiation n'est plus pratiquée pour les garçons mais se perpétue pour les jeunes filles. Garantes de la tradition, elles y recevraient un enseignement sur les valeurs Venda.

Photo 1 : Le Cap, South African Museum © Herschel Mair.
Photo 2 : Johannesburg, Museum Africa.

Les Ndebele du Zimbabwe

MzilikaziL'histoire des Ndebele commence à proprement parler, avec la rebellion de Mzilikazi Khumalo, l'un des généraux du grand roi Zulu Shaka, en 1821. Avec son peuple, il fuit le royaume Zulu, assujettissant plusieurs populations sur son passage, tels des groupes Sotho, Tswana et recrute des guerriers.
Vers les années 1836, il entre en conflit avec les Boers qui ont entrepris
Matebele le Grand Trek. Les Ndebele s'établissent définitivement dans le sud-ouest du Zimbabwe (le Matabeleland) en 1840, autour de Bulawayo. Mzilikazi instaure un régime militaire fort inspiré du modèle Zulu. Après une période de calme relatif, en 1890, la «Pioneer Column», mise en oeuvre par Cécil Rhodes, entame la colonisation du royaume Matabele. En 1893, les troupes Ndebele sont vaincues et le royaume n'existe plus.
Pot_horstmann Les arts des Ndebele du Zimbabwe sont proches de ceux de leurs voisins, concernant notamment les ustensiles domestiques.
Il semblerait que de telles oeuvres ne soient plus réalisées de nos jours.
Si l'on parle beaucoup des arts Ndebele, l'on fait souvent référence aux Ndebele d'Afrique du Sud, (et non pas aux Ndebele (Matabele) du Zimbabwe). Ceux-ci sont notamment célèbres pour leurs peintures murales dans un contexte d'apartheid. Bien qu'ils ne soient pas apparentés ni par leur origine, leur langue, leur culture; ces populations descendent probablement d'un même peuple qui vécut dans les régions Kwazulu - Natal... à suivre en Afrique du Sud...

Pour en savoir plus sur l'histoire : Bulawayo1872.com

Dessin : Le roi Mzilikazi (1790 - 1868), site commons.wikimedia.
Gravure : Guerrier Matabele, Eugène Casalis in Les Bassoutos, 1933, Archives Musée Dapper.
Photo : Collection Horstmann.

Appui-tête Shona

Shona_branly
Les appui-tête Shona semblent être en usage depuis fort longtemps; probablement depuis l'époque de Mapungubwe (XIIème siècle). Quelques sites archéologiques du Zimbabwe ont apporté la preuve que certains devaient être recouverts d'or et plusieurs sources Shona indiqueraient que les hommes importants étaient enterrés avec leur appui-tête. (in Témoins de pierre. Passé et Présent, Africa Museum, Tervuren, 1997).
DetroitStylistiquement, les appuie-tête Shona sont particulièrement remarquables grâce à leurs motifs de cercles concentriques et leur tablette légèrement incurvée. Au-delà de l'aspect fonctionnel qui consiste à protéger la coiffure en position allongée, l'appui-tête permet de communiquer avec les ancêtres pendant le sommeil.
Il continuerait de nos jours à être utilisé par les médiums.

Photo 1 : Musée du Quai Branly.
Photo 2 :The Detroit Institute of Arts.

Arts Shona

Tabatiere_lecap_280
Les Shona regroupent 9 millions d'individus, essentiellement des agriculteurs, répartis pour une bonne partie au Zimbabwe, et une petite partie à l'ouest du Mozambique. Longtemps regroupés en chefferies indépendantes, se différenciant par de nombreux sous-groupes linguistiques au début du XXème siècle, les Shona revendiquent de nos jours une même identité ethnique et linguistique.
Couteau_viennePas de masques ni de statuaires dans les arts traditionnels Shona; c'est du côté de la culture matérielle que l'on trouvera de très beaux objets.
Les tabatières d'abord, car le tabac a une grande importance au sein de la culture Shona. Dès la fin du XVIIème siècle le tabac à priser est adopté par les hommes et les femmes Shona, jouant un rôle dans la relation communautaire mais aussi dans la relation aux ancêtres car le tabac constitue une offrande. Les tabatières pouvaient également faire office de présent qu'un jeune homme se devait d'offrir au père de la jeune fille qu'il souhaitait épouser.
Couteau_mankind_160Les couteaux, symboles de prestige, se transmettaient de génération en génération comme celui présenté ci-dessus avec son fourreau et une attache permettant de le fixer au niveau du bras ou, celui-là, un Bakhatwa, couteau de prestige dont le fourreau est travaillé dans le bois et l'ivoire ornés de fils de laiton. Chez le peuple Ndau, qui est la fraction Shona du Mozambique, les fourreaux qu'ils réalisent sont ornés de perles et appartiennent souvent à des devins.
Shona_gourde_160Ces derniers tiennent un rôle encore important au sein des peuples du Zimbabwe et l'on rencontre parmi les objets qui leur sont propres, de petites plaquettes gravées de symboles, des plateaux de divination.
Mais les oeuvres Shona probablement les plus célèbres pour les collectionneurs occidentaux demeurent les appuie-tête.


Photo 1 : Tabatière - Collection privée, Le Cap, permission de M. Stevenson in Zimbabwe. Témoins de pierre. Passé et Présent, Africa Museum, Tervuren, 1997.
Photo 2 : Museum für Völkerkunde - Vienne.
Photo 3 : Museum of Mankind, Londres.
Photo 4 : Collection Horstmann © Zagourski, archives Pierre Loos, Bruxelles.

Arts Tonga

Pipe_valentine_johanLes Tonga se répartissent entre Zambie et Zimbabwe, dans la vallée du Zambèze. La construction du barrage de Kariba dans les années 1950 et l'inondation de la vallée ont obligé de nombreux Tonga à migrer. Dans le passé, à l'époque de Grand Zimbabwe (1200-1500), on sait qu'ils contrôlaient un vaste territoire et pratiquaient un commerce florissant grâce à l'or présent dans cette région. Mais dès le XVIIème siècle, les Tonga subirent des assauts des Shona; puis eurent à montrer forte résistance contre les Ndebele au XIXème siècle, les Lozi et un groupe Sotho. Enfin, ils se heurtèrent aux ambitions expansionnistes des Anglais qui créèrent des réserves en territoire Tonga afin d'y recruter leur main-d'oeuvre.
Tonga_tambourVivant dans une région reculée, ce peuple a survécu malgré des conditions difficiles, tiraillé aux frontières de ces pays du coeur de l'Afrique.
Parmi les objets réalisés par les Tonga, on trouve de belles pipes à eau avec des décors de perle (ornées parfois de fils métalliques de couleur cf. photo1).
Parure_tongaD'autres objets encore : tabourets, tambours, lamellophones mais aussi petites poupées de fertilité au décor de graines et de perles; nous allons les rencontrer tout au long de ce voyage dans l'Afrique australe. Le perlage était très utilisé sur les pièces de vêtements avec un acheminement des perles via le port de Sofala (Beira) ou Le Cap. Aujourd'hui, il semblerait que cet art féminin du perlage soit tombé en désuétude chez les Tonga faute d'approvisionnement. (probablement de perles de verre en provenance de l'Océan Indien car certaines sources attestent encore de l'existence de ces vêtements Tonga tissés de perles) !

Photos 1 et 3 : Collection M. Valentine, Johannesburg © H. Coetzee.
Photo 2 : Collection Horstmann, Zug. © J.-M. Vandyck.

Grand Zimbabwe

Zimbabwe_stamp Grand Zimbabwe est situé à une trentaine de kilomètres au Sud-est de Masvingo. Il s’étend sur plus de 7 Km² à la limite Sud du plateau du Zimbabwe, dans la région située entre les fleuves Zambèze et Limpopo. Il est l’exemple, le plus étendu et le plus emblématique des architectures de pierre disséminées sur le plateau du Zimbabwe et dans d’autres pays : le Mozambique, le Botswana et l’Afrique du Sud. Gd_zimbabweGrand Zimbabwe fut «fréquenté» depuis des millénaires mais ce n'est que vers les X-XIème siècles que de nouvelles populations, éleveurs de bovins et exploitant l'or et le cuivre sur une vaste échelle, s'y installèrent de manière pérenne. Cette période marque le début des contacts avec les établissements arabes de la côte de l'océan Indien. Cette phase, qui s'étend jusqu'à la fin du XVème siècle, est la principale période d'occupation de Grand Zimbabwe. Tour_conique_w_j_deweyVers la fin du XIIème siècle, les premières constructions en pierres de granit apparaissent. Au XIIIème siècle, l’état de Mapungubwe, situé dans l’actuelle Afrique du Sud s’effondre, et on assiste à un déplacement du pouvoir politique et économique vers le site du Grand Zimbabwe. Les premiers voyageurs portugais font mention de l’importance de ce royaume qui entretenait des relations commerciales avec les populations arabes de la côte de l’océan indien. Par la suite ce royaume fut confondu avec celui de Monomotapa fondé au milieu du XVème siècle qui lui succéda. Mais Grand Zimbabwe resta pour les Mwene Mutapa du royaume de Monomotapa, puis pour leurs successeurs Rozwi, à la fin du XVIème siècle, un important centre religieux. Vers 1830, le royaume Rozwi fut envahit et détruit par les Nguni venus d’Afrique du Sud. Seules subsistent les constructions en pierre. ReconstitÀ l’arrivée des Européens au XIXème siècle, la région fut occupée par les Karanga; le site lui-même fut redécouvert en 1868 par un chasseur, Adam Renders et exploré en 1871 par le géologue Carl Mauch. Malheureusement, en 1891, J. Théodore Bent, nommé par Cecil John Rhodes, puis Richard Hall menèrent des fouilles «désordonnées» et contribuèrent au pillage du site. Oiseau_berlinCe qui est peut être le plus connu aujourd'hui de Grand Zimbabwe, ce sont ses oiseaux de pierre: 8 oiseaux en stéatite gris vert ont été retrouvés et ils demeurent une énigme. Sont-ce les représentations de l'aigle batteleur qui, dans la religion Shona, est un messager, un médiateur entre les esprits et les hommes ? Les célèbres oiseaux sont devenus des emblèmes nationaux comme on peut le voir sur le drapeau du Zimbabwe ou sur des timbres (cf. début du billet). Dessins 1 et 3 : Proviennent du site sur lequel on trouvera de nombreuses informations complémentaires sur Grand Zimbabwe. (Le dessin 3 ne reflète qu'une hypothèse).
Photo 2 : Tour conique de Grand Zimbabwe, © W. J. Dewey.
Photo 4 : Museum für Völkerkunde - Berlin.

Les arts du Zimbabwe

Zimbabwe
Quittant à pésent la Zambie à la hauteur du lac Kariba, le Zimbabwe s'offre à nos découvertes. L'ancienne Rhodésie du sud est un pays riche de cultures diverses : Les Shona en constituent la population principale (80%) et les Tonga, Venda, Ndebele (plus présents en Afrique du Sud) et Tsonga (très présents au Mozambique) représentent les 20% restant.
Gambarimwe_186Du fleuve Zambèze jusqu'au massif du Brandberg en Namibie et jusqu'à Cape Town en Afrique du Sud, les peintures rupestres sont une tradition artistique et le Zimbabwe ne déroge pas à la règle.
Ci-dessus une «scène de campement» de la grotte de Gambarimwe.
Les sites en pierre tel Grand Zimbabwe, la capitale d’un état Shona prospère entre 1200 et 1450, offrent également de nombreux témoignages archéologiques.
Tabatiere_vienneEnfin, les différents peuples du Zimbabwe ont réalisé des oeuvres diverses liées à la culture matérielle : en bois (appuie-nuque, sièges), en perles (poupées, ceintures), des calebasses, des récipients et des objets liés à la consommation tabac. Toute une gamme d'objets «domestiques» témoignent ainsi du savoir-faire des artistes zimbabwéens.

Photo 3 : Tabatière Shona. Museum für Völkerkunde - Vienne © S. Glawischnig.

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